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Lait
Système U prêt à accepter une hausse

La situation difficile des producteurs de lait commence à être prise en compte par les grandes surfaces de distribution. Souvent accusées d’exercer une pression injustifiée sur les fournisseurs industriels et surtout les éleveurs, certaines enseignes s’assouplissent, comme Système U.

© LEA
Système U est favorable à une augmentation du prix du lait payé au producteur, a annoncé en substance le 28 février le patron de l’enseigne, Serge Papin, qui s’est dit prêt à payer plus cher le lait si cela permet de revaloriser la recette des éleveurs. “On souhaite que le prix du lait payé aux producteurs augmente de 2 ou 3 centimes”, a déclaré Serge Papin en expliquant qu’il demandait pour cela “des contrats tripartites entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs. Il faudrait, qu’avec l’ensemble des distributeurs, nous nous mettions d’accord, pour passer ce type de contrats”, a-t-il insisté. Système U se dit d’ailleurs prêt à étendre ce type de contractualisation à tous les secteurs de l’élevage.

Réunions de concertation dans toutes les régions
“Nous prenons acte de cette orientation qui va dans le bon sens, a déclaré le 28 février le vice-président de la FNSEA, Joël Limouzin à la suite de l’annonce de Système U. Serge Papin est dans la droite ligne de ce qu’il annonçait depuis quelques semaines”. Reste aux autres enseignes à prendre le pas, selon lui. Ce qui est loin d’être gagné. “Nous avons eu des discussions très musclées durant la semaine. Si on s’est bien entendu avec Auchan, Leclerc reste déterminé à toujours aller sur les prix les plus bas et Carrefour veut continuer son travail fort de reprendre les parts de marché sur Leclerc”. Joël Limouzin attend des signes forts de ces enseignes mais aussi “des actes” des entreprises de transformation. “Il y a urgence. Nous déplorons ce vrai manque de transparence”, a-t-il indiqué. La FNSEA propose l’organisation prochaine de tables rondes sous la responsabilité des préfets, dans chaque région de France. “Et nous mettrons la pression pour que toutes les entreprises de transformation, de toutes les productions animales ainsi que les distributeurs, soient présents”, a souligné le vice-président. Des courriers ont déjà été envoyés à plusieurs préfets.
De son côté, la FNPL (Fédération Nationale des Producteurs de Lait) n’entend pas relâcher la pression après le Salon de l’agriculture. Pendant celui-ci, “la FNPL a multiplié les rencontres et a proposé des solutions pour venir en aide aux producteurs de lait”, affirme un communiqué diffusé le 1er mars.

La FNPL ne veut pas relâcher la pression
Après avoir attiré l’attention sur les problèmes de ses adhérents, la FNPL entend mettre en avant des leviers d’action : durcir la LME pour “permettre à l’amont de répercuter la hausse des charges sur l’aval de la filière”, alléger les réglementations européennes comme la directive nitrate, mettre en place une nouvelle PAC “qui donne du souffle à l’élevage”, réagir rapidement pour des mesures de trésorerie pour les producteurs de lait, afin d’éviter qu’ils soient de plus en plus tentés de s’orienter vers une production céréalière plus rentable.
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