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FDSEA/JA de l'Orne
Bientôt une commission d’enquête sécheresse sur le terrain

Bertrand Maréchaux, Préfet de l’Orne, a répondu favorablement à la demande FDSEA/JA/Chambre d’Agriculture de mise en place d’une commission d’enquête sécheresse.

Rentrée aoûtienne pour le Préfet de l’Orne. C’est en effet le 5 août dernier que Bertrand Maréchaux a reçu une délégation FDSEA/JA (conduite par Manuella Belliard et Olivier Borel, respectivement présidente et président du syndicalisme jeune et aîné) et Chambre d’Agriculture. Un tour d’horizon agricole conjoncturel autour du lait , de la viande bovine et du porc dont la directive “Bien-être”constitue un couperet (2/3 des producteurs ornais sont confrontés à cette problèmatique).  Mais aussi un coup d’œil du côté du ciel. La sécheresse est bien là et le représentant de l’Etat a accédé à la demande FDSEA/JA/Chambre d’Agriculture de mise en place d’une commission d’enquête.

Viande Bovine
2009, un revenu toujours bas. Le revenu des producteurs de viande bovine n’a pas évolué en 2009, il reste au niveau de celui de 2008 soit 10 600 €/actif/an. En fin d’année, les charges ont diminué notamment sur l’alimentation, mais elles restent 20 % plus élevées qu’en 2006. Sans compter les nouvelles charges comme le coût de la vaccination FCO la redevance pollution.
2010, la situation des éleveurs ne s’améliore pas. Les cours sont inférieurs à ceux de l’année 2009 et la consommation est en repli de 2 %. De plus, les consommateurs se tournent de plus en plus vers des produits transformés peu valorisants. La situation des éleveurs de viande bovine ne s’améliore pas en 2010 avec la sécheresse qui sévit, les éleveurs vont devoir acheter de l’aliment (plus cher) ou vendre des animaux faute de quoi les nourrir. Ce qui ne va pas améliorer les cotations.
Relance négociation UE-MERCOSUR. La FDSEA et les JA souhaitent que les pouvoirs publics mettent tout en œuvre pour contrer cette relance de la négociation, après le gel des discussions qui durait depuis 2004. Le maintien d'une régulation des importations était un point vital pour l'élevage bovins-viande. Les éleveurs ne pourraient comprendre et accepter une ouverture aux pays du MERCOSUR.
Un projet de contractualisation avec l’appui des pouvoirs publics. La Loi de Modernisation de l’Agriculture votée en juillet appelle à la mise en place de contrat dans les filières. La FNB a proposé un projet de contractualisation fondé sur les coûts de production réels dans un schéma qui participe à stabiliser le marché. Ce projet de contractualisation a pour but de sécuriser la marge des éleveurs grâce à une “caisse de sécurisation” avec l’appui financier des pouvoirs publics.

Porc
2009, une année blanche. Le cours du porc pour l'année 2009 a été en moyenne de 1,146 €/kg, (- 0,12 €/kg par rapport à 2008). Cette diminution du prix du porc a été compensée par une baisse du prix de l'aliment. L’année 2009 pourrait donc être considérée comme une année blanche pour les éleveurs, le prix de vente étant à peu près égal au prix de revient. Mais cette moyenne signifie qu'en réalité la moitié des éleveurs ont à nouveau perdu de l'argent en 2009, sans parler du renflouement des pertes de 2007 et 2008.
2010, toujours le même constat. Le cours du porc du mois de juin a été particulièrement linéaire, les producteurs n’ont pas bénéficié des hausses habituelles estivales. En juillet, sous la pression de quelques entreprises, la marché au cadran n’a pas cessé de baisser. Ces baisses inutiles et injustifiées ont bénéficié uniquement à la grande distribution, elles contribuent à fragiliser un secteur de production qui ne peut, en conséquence, investir pour l’avenir.
Distorsions Concurrences. Les distorsions de concurrence, que la FDSEA et les JA dénonçaient déjà l'année dernière, sont toujours présentes. Comme par exemple, le seuil d'autorisation “installation classée” qui est de 450 porcs en France, alors que la directiven européenne dite IPPC de 1996 (Integrated Pollution Prevention and Control) fixe ce seuil à 2 000 porcs. Cette distorsion entraîne des surcoûts et des complications administratives lors de la réalisation des études d'impacts réalisées en cas de création ou d'agrandissement d'élevage. La nouvelle Loi de Modernisation de l’Agriculture est une première avancée en réduisant le délai d’instruction des dossiers et des recours mais la FDSEA et les JA regrettent que le seuil d’autorisation n’ait pas été ajusté au niveau du seuil de la directive européenne. Sans compter sur la distorsion de concurrence pour la main-d’œuvre avec l’Allemagne qui a la possibilité d'employer de la main-d'œuvre d'origine étrangère (pays de l'Est de l'Europe) à très bas coût.

Maïs
En terre légère les maïs sont en souffrance. Le remplissage du grain va être très mauvais. Les premières feuilles du bas jaunissent. Mais au moins, pour toutes ces parcelles, il y aura un volume à récolter. Les semis du 20 avril à fin avril, en situation de terre profonde, finissent leur phase végétative. Ils ont une taille proche de la normale et vont émettre leur panicule. Ils sont encore bien verts, surtout s’ils ont reçu une ondée orageuse. Pour l’instant, ces maïs vont passer le cap de la floraison sans trop de problèmes. Par contre, dans ces dates de semis mais sans pluviométrie ( 30% à 40% de la surface), les plantes sont en situation de stress énorme. On observe des floraisons alors que l’on n’a pas encore atteint la somme de température requise ! Le maïs a stoppé sa croissance végétative pour passer à la phase de reproduction. Dans ces cas, la végétation a du mal à atteindre 1,70 m pour les plus hauts. Sans un retour de la pluie immédiat, les chutes de rendement seront sévères. La dernière grande série de maïs semés de début mai au 15 mai en terre profonde ou avec pluviométrie est en phase végétative. Ils sont encore verts, mais la floraison va se faire au mieux dans 10 jours. La situation risque d’être compliquée sans le retour de l’eau. Plus graves sont les cultures de cette période en sol plus léger ou sans pluviométrie car les plantes sont vrillées du matin au soir, la hauteur est d’environ un mètre de haut. Il risque de fleurir à cette hauteur s’il y a floraison ! En moyenne, les pertes de rendement peuvent être estimées de 30 à 40 % pour les meilleurs semis et de 50 à 70 % pour les terres plus superficielles ou pour les semis tardifs.

Prairies paillasson
L’observatoire départemental de la pousse de l’herbe fait l’objet de mesures hebdomadaires sur 6 sites et ce depuis 8 ans. En 2010, avec 4,8 t MS/ha sur la saison mars – juin en moyenne, la production d’herbe a atteint le plus bas niveau observé sur les 8 dernières années. C’est le cumul d’un printemps froid, d’un début d’été chaud et de précipitations rares qui ont pénalisé la pousse. Les zones de production précoce ont souffert d'un démarrage difficile. Puis, début juin, la hausse des températures a permis de relancer un peu la croissance mais seulement sur les parcelles disposant de bonnes réserves en eau. Début juillet, la croissance a été stoppée par les fortes chaleurs. La situation constatée par l’Observatoire reflète celle de l’ensemble du département. Les baisses de rendements sont comprises entre 30 % et 70 % selon les types de sol. En ces mois de juillet/août, les prairies sont transformées en paillasson, la deuxième coupe est proche de zéro. La distribution anticipée de fourrages s'impose pour faire face au déficit herbager.

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