Aller au contenu principal

Patrice Lepainteur, président de la FDSEA du Calvados
CIPAN : des avancées significatives

Le 31 mai dernier, FDSEA et JA manifestaient devant les grilles de la Préfecture pour dénoncer les spécificités du Calvados quant à la mise en place des couverts végétaux. Trois mois après, la politique CIPAN a été revue et corrigée avec des avancées significatives: dates d’implantation et de destruction modifiées, possibilité d’utiliser des semences fermières, exonération pour le lin et la pomme de terre... 
Le 31 mai dernier, FDSEA et JA manifestaient devant les grilles de la Préfecture pour dénoncer les spécificités du Calvados quant à la mise en place des couverts végétaux. Trois mois après, la politique CIPAN a été revue et corrigée avec des avancées significatives: dates d’implantation et de destruction modifiées, possibilité d’utiliser des semences fermières, exonération pour le lin et la pomme de terre... 
© DR

Le 31 mai dernier, FDSEA et JA manifestaient devant la préfecture notamment pour exprimer leur désaccord sur les conditions d’implantation des CIPAN. Où en est-on aujourd’hui ?
Nous avions demandé aux pouvoirs publics un peu plus de cohérence sur le dossier “couverts végétaux”. La pression exercée par la FDSEA et les JA au printemps dernier porte aujourd’hui ses fruits. L’acquis le plus important concerne la date de destruction des CIPAN avancée du 15 décembre au 15 novembre. On remet ainsi du bon sens dans le calendrier agronomique avec des conditions d’implantation des cultures de printemps moins pénalisantes. 

Quelles surfaces sont concernées par ce dispositif CIPAN ?
100 % des surfaces en ZPPN et 80 % en zone vulnérable pour cette campagne. Cependant, la commission “Environnement” de la FDSEA a obtenu d’autres aménagements. Pour les surfaces en lin et pomme de terre, et à condition d’apporter la preuve que le reliquat d’azote dans les 30 premiers centimètres est inférieur à 30 U, l’implantation du couvert végétal n’est plus obligatoire. Cela concerne plus de 8 500 ha. Sur ces deux cultures et afin de laisser le temps aux agriculteurs d’effectuer leurs analyses de reliquats, la date d’implantation a été repousée du 10 au 25 septembre. 

Il y a quelques mois, le Président de la République avait demandé que l’impact économique de toute nouvelle mesure environnementale soit considéré. Cette volonté s’est-elle traduite sur le dossier CIPAN ?
La mise en place d’un couvert végétal représente un coût non négligeable pour chacun d’entre nous d’autant plus que les trésoreries sont tendues. Mais sur ce point aussi, nous avons été entendus par le Préfet. Nous avons obtenu le droit d’utiliser des semences fermières. Taper dans le tas de blé plutôt que d’acheter des semences va se traduire par des économies substantielles. A chacun de calculer, sur son exploitation, ce que le combat syndical va lui éviter de débourser. 

Vous évoquiez les problèmes de trésorerie, sur le dossier “lait”,
ça va un peu mieux ?

Après notre combat très contesté de l’an dernier, je me réjouis des dernières avancées. Il y a quelques années, on se battait pour quelques centimes. En 2010, on s’est battu pour 20 e. Notre mobilisation syndicale, du national au local, a fait reculer les industriels qui ne voulaient rien lâcher. On pourra toujours dire que “ce n’est pas assez !” mais que chacun prenne conscience que les industriels laitiers n’avaient aucunement l’intention d’en arriver là où nous les avons poussés. FNSEA et FDSEA, avec les JA, ont assumé et continueront à assumer leurs responsabilités. 

A contrario, du côté du porc et de la viande bovine, les producteurs touchent le fond ?
Nous devons axer notre énergie de combat sur ces deux filières. La concurrence, avec l’importation de viandes étrangères aux conditions de productions sans communes mesures avec ce qu’on nous impose en France, est meurtrière. On se fabrique un peu plus chaque jour le droit de devenir chômeur. Qualité, traçabilité, respect de l’environnement, maintien du tissu rural (...), il faut convaincre le consommateur, notamment par le biais d’opérations de stickages dans la grande distribution, de privilégier la viande française. En rémunérant le travail des producteurs à sa juste valeur, c’est aussi assurer la pérennité des outils de transformation et les emplois qui vont avec. Nous attendons, sur ce dossier, les réponses du Ministre de l’Agriculture.

Reste les céréales : un bon cru ?
La moisson a été marquée par des rendements très hétérogènes en petites terres comme en terres profondes. Le bon côtoie le médiocre, voire le très mauvais.
Alors bien sûr, il y a l’envolée du prix de blé mais ce phénomène profite aux spéculateurs. Les céréaliers, qui pour partie avaient engagé leur récolte avant la hausse, ne sont absolument pas responsables d’une situation qui pénalise les éleveurs. Et puis ce n’est qu’à la fin de la campagne, quand on aura établi un prix moyen pondéré, que l’on pourra faire les comptes. Il faudra aussi mesurer les évolutions de charges. Il me semble que le prix des engrais suit plus le cours du blé quand il est à la hausse que ceux du pétrole quand il affiche une baisse.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Au-delà des annonces affichées au sein du pôle innovation, formation, emploi, les jeunes, les demandeurs d'emploi, ou en quête d'une reconversion, pourront rencontrer des responsables de ressources humaines qui recherchent de nouveaux collaborateurs.
Les nouveautés de la foire de Lessay
La foire de Lessay se déroulera bien en présence d'animaux. Un soulagement pour tous éleveurs, exposants et organisateurs qui ont…
Saganne de l'EARL Allix (Carantilly), s'est imposée dans le final du concours départemental à Lessay, le 12 septembre.
[EN IMAGES] Concours Normandes : Saganna dans les pas d'Hamada
Une nouvelle fois, l'EARL Allix de Carantilly inscrit son nom dans le palmarès du concours départemental de Lessay, le 12…
Les Normandes prennent le frais au peitt matin du premier jour de la foire de Lessay, vendredi 11 septembre 2026.
La foire de Lessay s'ouvre avec des questions politiques
La foire de Lessay a été inaugurée vendredi 11 septembre 2026. La matinée a été l'occasion pour la profession agricole de faire…
Les places à gagner au stade d'Ornano sont pour le match Caen-Bastia, jeudi 27 août à 20h45.
Gagnez vos places pour le prochain match du SM Caen à domicile
Avec l'Agriculteur Normand et Nii imprimerie, partenaire du stade Malherbe Caen, participez au tirage au sort pour assister à un…
Romain Marguerite, Guillaume Prioult, Pascal Desvages, Alain Marie et Guillaume Buquet ont inauguré le bâtiment en septembre.
[EN IMAGES] La Coopérative de Creully inaugure un nouveau bâtiment pour la filière pommes de terre
La Coopérative de Creully a inauguré, mardi 8 septembre 2026, son nouveau bâtiment, exclusivement dédié à la filière pommes…
Dix éleveurs de Limousines ont concouru à Lessay le 12 septembre. Et c'est Vedette de chez Romain Lalouelle qui s'impose. Un nom qui lui va bien.
Limousine : le juge mise sur une jeune femelle
Le samedi matin à la foire de Lessay, les Limousines s'installent sur le ring. Ce fut encore le cas le 12 septembre. Le juge…
Publicité