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Contrat de solutions : trop peu de gens connaissent « ce très bon outil »

Connaissez-vous le contrat de solutions ? Peut-être en avez-vous déjà entendu parler, mais à quoi sert-il ? Où le trouver ? À qui s’adresse-t-il ? Héloïse Allais, installée en polyculture élevage, n’était pas en mesure de répondre à ces questions il y a deux mois, quand des journalistes sont venus l’interroger sur le sujet. Depuis, elle sait de quoi elle parle.

© JP

Un jour, des journalistes m’ont appelée pour faire un reportage sur le contrat de solutions. Je ne savais pas ce que c’était. » Mercredi 19 février, Héloïse Allais se rappelle ce jour de janvier où elle n’a pas su répondre aux questions. Le 4 février, son reportage ainsi que ceux de quatorze autres agriculteurs de « toute la France » sont diffusés lors d’une réunion à Paris, en présence des ministres de l’Agriculture et de l’Environnement. Et le constat est là : « sur les 15 agriculteurs, personne ne connaissait ».

36 fiches
Il y a deux ans environ, en 2017, le contrat de solutions est lancé. Il s’agit « d’un projet d’accompagnement des agriculteurs dans les prises de risque pour ne pas rater la transition écologique du gouvernement », décrit Héloïse Allais, qui s’est renseignée sur le sujet. L’idée : produire des fiches-conseils de solutions concrètes à la suppression de produits phytosanitaires. Le projet regroupe 40 partenaires : les syndicats, les coopératives, l’Inrae, les assurances, les banques, etc., soit « l’ensemble de la profession agricole ». Seulement, il y a deux ans, les fiches n’étaient pas rédigées. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Lorsqu’on tape contrat de solutions sur internet, on trouve 36 fiches-conseils, écrites sous un format simple : contexte, description de la solution, filières concernées, type d’action visée, déploiement actuel, niveau de réduction d’utilisation et/ou d’impact potentiel, freins à lever et conditions de réussite, surcoût et/ou gain de la solution, impact santé organisation du travail pénibilité, déploiement envisagé dans le temps, engagement des acteurs pour le déploiement. Pour les deux ans du contrat de solutions, à Paris, 80 fiches ont été présentées.

« On n’a pas attendu l’État »
Les solutions sont présentées par culture et par pathologie de la culture. « Le monde agricole est à l’origine des solutions trouvées », salue l’éleveuse. Qui relève aussi que « sur les 15 personnes interrogées, nous étions tous sur la même longueur d’onde : les agriculteurs connaissent les problématiques de réduction d’utilisation des produits phytos et sont aptes à trouver des solutions. Nous avons une même envie et une même vision d’une agriculture exportatrice et locale, qui répond aux demandes sociales et sociétales. Depuis une dizaine d’années, les exploitants ont changé leurs pratiques : TCS, agriculture de conservation, nous n’avons pas attendu l’État ». Une prise de conscience entérinée par la profession, mais pas par le gouvernement ni les citoyens. « Le contrat de solutions nous donne de la crédibilité parce que les fiches sont cadrées, légitimées et validées par les scientifiques. Elles permettent aux agriculteurs d’être maîtres des changements de pratiques et non de subir des décisions descendantes du gouvernement, d’obligation de résultat sans moyen en face. »

Enjeu diffusion
S’il n’a pas réponse à tout, le contrat de solutions « est un outil global pour les agriculteurs. Il faut bien comprendre qu’un essai sur une culture demande une année. Alors, si on veut une moyenne de quatre résultats, il faut patienter quatre ans ». Si « l’idée est très bonne », Héloïse Allais soulève le problème de sa diffusion dans les fermes et regrette que le document n’a pas été envoyé par mail aux agriculteurs. « Les techniciens cultures et ceux qui nous conseillent devraient nous mettre au courant des produits qui sont amenés à être supprimés et leurs alternatives. Si le gouvernement signe le contrat de solutions, les agriculteurs sauront, pour la première fois, où aller et comment y aller. »

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