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Zoom sur
Des céréales bio normandes

Stéphane Fassier cultive des céréales bio dans l’Orne, à La Perrière depuis 10 ans. Une particularité marquée : il vend toutes ses céréales en “circuit court” à des éleveurs du voisinage.

Sur 83 ha, 51 sont consacrés aux cultures. Les 32 autres sont en prairies permanentes et valorisés par un troupeau allaitant. Stéphane ne cache pas son attirance pour les cultures plus que pour l’élevage. Sa décision de passage en bio a été motivée par des maux de tête après l’application d’un herbicide sur maïs (avec peu de protection). Il a craint pour sa santé.La rencontre a eu lieu lors d’une journée de formation des con-seillers cultures des Chambres d'agriculture de Normandie sur la thématique des cultures bio.


Vente directe des récoltes

Stéphane commercialise toute ses récoltes auprès des éleveurs bio de sa région. Il stocke l’intégralité de ses récoltes, sur une plate-forme de 1 000 m². Une bonne ventilation, par des tuyaux posés au sol, permet de gérer les impuretés vertes qui se glissent dans la récolte. Ensuite en septembre et octobre, les grains sont triés.Pour le blé, pas d’exigence de la part des clients : l’agriculteur sème un mélange de variétés, espérant des complémentarités ou des compensations entre celles-ci.Le trèfle violet est vendu à un éleveur qui vient enlever la récolte au champ. Stéphane dispose d’un volume suffisant de fourrages pour ses animaux : son système est peu chargé, à moins d’1 UGB/ha, les prairies permanentes produisent assez pour pouvoir vendre ses récoltes de trèfle

Le trèfle violet dans la rotation des cultures

L’intérêt du trèfle chez Stéphane, c’est d’enrichir le sol en azote par la fixation symbiotique, et de permettre la levée et l’élimination d’adventices annuelles lors des fauches successives. La culture de blé suivante est ainsi “propre” et promet un bon rendement. La culture suivante d’une association triticale + pois fourrager bénéficiera encore de la minéralisation de la matière organique résiduelle provenant du trèfle.La fertilisation ne repose pas que sur le trèfle. Stéphane achète du fumier de bovin bio à des voisins : 2 € par tonne (c’est inférieur à certaines méthodes d’estimation), auxquels il faut ajouter le transport.Ce trèfle est semé en mars sous couvert d’orge, à la dose de 20 kg/ha. A la récolte de l’orge, il se développe vite, et les premières récoltes arrivent dès août. La 2e année, il produira 3 coupes (ensilage ou foin), et sera détruit en septembre avec un outil à disques, suivis de passages d’outils à dents.


Un parc matériel réduit

Pour le désherbage, Stéphane possède une houe rotative et une herse étrille. Il utilise aussi la bineuse de la CUMA.Houe et herse sont utilisées sur la plupart des cultures car ce sont des outils polyvalents. La houe permet de désherber sur des sols humides et battants de manière plus efficace que la herse étrille. Mais dans tous les cas, il faut des conditions “séchantes” après les passages pour que les plantules arrachées périclitent. Ces plantules doivent aussi être très jeunes (stade “fil blanc”) pour être déracinées et rendre ce désherbage efficace. C’est finalement leur stade qui détermine le passage de l’outil.Plus tard dans la saison, la herse étrille a été passée dans le blé au stade épiaison. Le gaillet a été anéanti de manière efficace.Stéphane fait des émules : son voisin, qui n’est pas en bio, le sollicite pour désherber ses pois avec la houe rotative et la herse étrille.

Un regard apaisé sur les adventices

De sa parcelle de féverole d’hiver dépassent de nombreux épis de folle-avoine. Pour autant, Stéphane n’est pas affolé par cette adventice. L’écimeuse (un lamier à passer au-dessus de la culture) est évoquée pour couper les inflorescences immatures de folle-avoine, mais cette solution semble inefficace à ses yeux en raison de la capacité de l’adventice à émettre de nouvelles tiges. Il compte réaliser plusieurs faux-semis accompagnés d’un roulage après la récolte de la féverole, de manière à favoriser la levée de la folle-avoine en interculture. A noter que la période préférentielle de levée de cette adventice est en automne. C’est donc à cette époque qu’il faut réaliser les faux-semis. Cette espèce est faiblement persistante dans le sol, au bout de 3 ans sans nouvelle contamination, le stock de graines tend vers zéro. Ainsi, une rotation avec des prairies de fauche peut permettre de venir à bout de la folle-avoine.

Assolement 2011 selon l’ordre dans la rotation, rendements moyens et prix de vente de 2010

6,5 ha trèfle violet

9 ha blé meunier 30 q/ha 400 €/t

8,5 ha mélange céréales-protéagineux 35 q/ha 340 €/t

12 ha féverole 35 q/ha 350 €/t

8,5 ha triticale 30 q/ha 330 €/t

6,5 ha orge de printemps avec trèfle violet sous couvert 30 q/ha 350 €/t

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