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Sicamon
Et si l’absence de quorum était une seconde chance

L’assemblée générale extraordinaire des marchés organisés de Normandie n’a pas permis de statuer, par absence de quorum, sur l’avenir de cette organisation.

Plus de 350 éleveurs étaient présents pour cette assemblée extraordinaire.
Plus de 350 éleveurs étaient présents pour cette assemblée extraordinaire.
© FC

La salle des fêtes de Saint Pierre sur Dives, ce jeudi, affichait complet. Plus de 350 éleveurs normands avaient fait le déplacement pour participer à l’assemblée générale extraordinaire qui n’avait qu’un seul sujet essentiel à son ordre du jour  : la poursuite - ou pas - de l’acti-vité de la Sicamon. 
La tension était perceptible dans la salle au fur et à mesure que celle-ci se remplissait. Normal au regard de l’enjeu de cet après-midi de décembre.  Jean-Michel Bréard, le président des marchés organisés, l’a bien compris. Le responsable s’est voulu direct et souple à la fois dans la conduite de cette réunion. “Je souhaite que les débats se déroulent en toute sérénité et sans réglement de compte” prévient-il. Il sera écouté.

Une perte de 3000 € par mois
Le commissaire aux comptes est le premier à intervenir pour présenter la situation de la Sicamon. D’abord, il explique la procédure d’alerte qu’il a pris face à la dégradation des comptes de l’organisation en octobre 2007. “Avec 37 % du capital restant, j’avais l’obligation d’engager cette procédure...” Concrètement, l’activité actuelle des différents sites ne suffit pas à couvrir les frais de la Sicamon et, d’année en année, les exercices se sont creusés, à quelques embellies près. La perte est, en moyenne, de      3 000 € par mois pour les marchés organisés. Une somme qui n’est pas énorme au regard de l’importance des outils, de leur organisation et du service qu’il rend aux éleveurs. Seulement,  ce déficit chronique “creuse” dangereusement les bases de la structure et les mois se sont succédé sans que la tendance ne s’inverse. Les alertes lancées à plusieurs reprises par Jean Michel Bréard (à l’exemple de cette lettre ouverte aux élus et aux éleveurs) n’a pas suffi à la prise de conscience collective tant attendue...
Et d’effectuer d’ailleurs un bref rappel des faits... “Après la procédure d’alerte, j’ai bien évidemment mobilisé le conseil d’administration, j’ai rencontré tous les éleveurs qui le voulaient, j’étais présent sur tous les marchés pour mobiliser, parler, engager...” Le président souligne aussi les mesures prises pour “réduire la voilure” et, notamment, l’organisation des marchés tous les quinze jours... “Tout cela pour maintenir l’outil. Seulement,
à la fin septembre, nous étions à - 25 000 €. Et là, il ne faut pas insister de trop car le conseil d’administration et moi-même avons des comptes à rendre aux sociétaires, c’est à dire à vous tous qui êtes dans cette salle.
..” Dépassant ce seul constat, Jean Michel Bréard fait clairement sentir  que la Sicamon peut encore vivre. Et de regretter dans la foulée “de ne pas avoir fait assez d’intox l’an passé autour de notre situation. Car, à la suite, il y a eu une réaction positive mais trop tardive...”
Pour le président de la Sicamon, le salut ne peut venir que dans la mobilisation de tous les éleveurs.     “Et je ne peux entendre les voix qui s’élèvent pour avancer l’idée de supprimer l’un des trois marchés. La Sicamon est une organisation unique et solidaire qui a traversé trop d’épreuves pour aujourd’hui jouer la carte de l’implosion. Si nous devons nous en sortir, nous le ferons tous ensemble...” Et il faut reconnaître que les marges de manoeuvre existent bien. D’ailleurs, c’est l’ancien président, Dominique Lust, qui est venu conforter cet opinion. “Il faut regarder les choses en face : au début, la Sicamon souffrait d’un trop fort endettement. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas puisque deux des trois sites sont payés. Et, quand nous faisions nos prévisions financières, il nous fallait alors pas moins de 150 bovins en moyenne sur nos marchés. Aujourd’hui, il  faut 80 bovins. Et nous n’en sommes pas loin puisque la moyenne actuelle est autour des 62 bovins...”
L’occasion pour Jean Michel Bréard d’avancer, une nouvelle fois, un argument qu’il a défendu à maintes reprises : “Il suffit que les éleveurs qui se trouvent à 10 ou 15 km à la ronde du marché ramènent seulement 10% de leur production à la commercialisation pour maintenir le marché.”
Un message que personne ne remet en cause dans la salle.                  Les 350 éleveurs l’entendent. Tout comme ils ont entendu l’un des leurs - Eric Quénardel éleveur de moutons dans l’Orne -  s’élevait contre le danger d’une fermeture... “Nous avons la chance d’avoir une structure à notre dimension, à savoir à taille humaine, qui répond à nos exigences et nous écoute. Nous devons tout faire pour la garder...”
A cet instant, un papier est glissé à la main du président pour lui signaler l’absence de quorum. Aucun vote ne peut être engagé. “L’activité continue...” souffle Jean-Michel Bréard.

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