Aller au contenu principal

Étiquetage : visite surprise à Carrefour

S’assurer de la bonne indication de la provenance pour que le consommateur sache ce qu’il mange. Alerter au besoin des lacunes ou souligner les points forts au directeur du centre commercial. C’était le but de la FRSEA et de la FNP lors du contrôle de l’étiquetage de la viande porcine au centre commercial Carrefour de Saint-Lô vendredi 16 février

© SL

Contrôle surprise. Le 16 février, la FRSEA de Normandie accueillait Mickaël Guilloux, le secrétaire général de la FNP (fédération nationale porcine), éleveur en Mayenne (fédération nationale de la viande porcine), pour procéder à un contrôle d’étiquetage au magasin Carrefour de Saint-Lô. Le régional, Yvan Fourré, président de la section porc de la Fédération régionale du syndicat des exploitants agricoles et les deux visiteurs vérifiaient ainsi la bonne mise en place de l’étiquetage des produits contenant au minimum 8 % de viande. La consigne est claire. Tous doivent afficher l’origine de la viande. C’est le décret de l’expérimentation de l’étiquetage des produits mis en place en avril 2017. Mais dans la pratique, tout n’est pas si simple.
Dans le carrefour de Saint-Lô, cependant, du côté de la boucherie traditionnelle, la bonne mise en valeur de la viande dans des barquettes noires est appréciée par le trio de contrôleurs. Alain Prevel, le boucher, l’assure : « je soutiens le combat des agriculteurs. J’essaie de faire au maximum de la viande locale ou au moins française ». Il transforme même les abats pour redonner le goût de déguster ces mets aux consommateurs. « Présenter la viande avec des légumes est plus appétissant ! Il est plaisant d’apprécier le vrai savoir-faire du boucher pour valoriser nos produits ! », félicite Mickaël Guilloux. À l’heure où la consommation de viande baisse, il faut user de méthodes pour mettre les consommateurs en appétit. « Les clients attendent aussi de savoir comment consommer le produit, avec des idées de recettes par exemple », souligne encore le secrétaire général.
Autre bon point, selon Mickaël Guilloux, « il n’y a pas de tête de gondole marquée porc français avec des produits pêle-mêle dessous ». Le logo « Porc français » est également bien présent sur les emballages. La note est bonne ! « Ce supermarché est un bon élève, mais je vous assure que ce n’est pas partout pareil ! Sur les 10 supermarchés visités, nous avons eu des mauvaises surprises… », explique le secrétaire général de la FNP au directeur du centre commercial, Dany Poelaert. Les revendications semblent entendues.

Produits transformés : toujours à la limite
Du côté des produits transformés, ce n’est pas si facile de trouver l’origine de la viande. Pour preuve, cette barquette de jambon étiquetée « fabriqué en France », mais d’origine espagnole. « C’est le cas typique de tromperie du consommateur ! », s’insurge Mickaël Guilloux. Il y a aussi ces deux paquets de jambon identiques, mais l’un venu de l’Union européenne et l’autre de France. « Quand on voit que même les femmes d’agriculteurs se laissent berner… », affirme Yvan Fourré.
Selon Mickaël Guilloux, « dans 30 à 40 % des cas, l’origine de la viande mentionnée n’est pas claire. Sur des emballages, il faut par exemple comprendre le code 1 ou 2 pour savoir le lieu de production… »
Les producteurs sont lucides. Il n’est pas question de mettre que du porc français dans les rayons. « Nous savons qu’il n’y a pas, par exemple, assez de jambon français au vu de la consommation française. Mais nous voulons que le consommateur sache ce qu’il achète », martèle encore Caroline Tailleur, directrice de la FNP. Et l’acharnement finit par payer. À force de contrôles inopinés et d’alerte sur les réseaux sociaux, les industriels commencent à réagir. Le code 1 ou 2 sur les paquets de jambon s’est par exemple transformé en indication claire : « Fabriqué en Espagne ». Mais la FNP ne compte pas laisser redescendre la pression. La fédération veut que cette expérimentation devienne pérenne. « Il faudra voir le coût d’étiquetage, ce sera le principal frein », estime la directrice nationale. « Mais informer le consommateur est primordial ! »

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Saganne de l'EARL Allix (Carantilly), s'est imposée dans le final du concours départemental à Lessay, le 12 septembre.
[EN IMAGES] Concours Normandes : Saganna dans les pas d'Hamada
Une nouvelle fois, l'EARL Allix de Carantilly inscrit son nom dans le palmarès du concours départemental de Lessay, le 12…
Les Normandes prennent le frais au peitt matin du premier jour de la foire de Lessay, vendredi 11 septembre 2026.
La foire de Lessay s'ouvre avec des questions politiques
La foire de Lessay a été inaugurée vendredi 11 septembre 2026. La matinée a été l'occasion pour la profession agricole de faire…
Les places à gagner au stade d'Ornano sont pour le match Caen-Bastia, jeudi 27 août à 20h45.
Gagnez vos places pour le prochain match du SM Caen à domicile
Avec l'Agriculteur Normand et Nii imprimerie, partenaire du stade Malherbe Caen, participez au tirage au sort pour assister à un…
Romain Marguerite, Guillaume Prioult, Pascal Desvages, Alain Marie et Guillaume Buquet ont inauguré le bâtiment en septembre.
[EN IMAGES] La Coopérative de Creully inaugure un nouveau bâtiment pour la filière pommes de terre
La Coopérative de Creully a inauguré, mardi 8 septembre 2026, son nouveau bâtiment, exclusivement dédié à la filière pommes…
Dix éleveurs de Limousines ont concouru à Lessay le 12 septembre. Et c'est Vedette de chez Romain Lalouelle qui s'impose. Un nom qui lui va bien.
Limousine : le juge mise sur une jeune femelle
Le samedi matin à la foire de Lessay, les Limousines s'installent sur le ring. Ce fut encore le cas le 12 septembre. Le juge…
Des incertitudes demeurent sur le niveau final de la récolte qui ne pourra être plus précisément évalué que dans quelques semaines : les pluies seront déterminantes pour les fruits encore dans les arbres
Pommes à cidre : une récolte en baisse 30 %
Au delà des pertes de récolte de l'année, la filière cidricole souligne également la nécessité de prendre en compte les dommages…
Publicité