Aller au contenu principal

Henri Pomikal (président de la coopérative Linière du Nord de Caen) : ­­­maitriser l'avenir du lin

« La fibre de lin a vraiment de l'avenir, que ce soit dans le textile, dans les composites ou dans les nouvelles applications ». Pour Henri Pomikal qui présidait vendredi dernier la 54e assemblée générale de la coopérative Linière du Nord de Caen (sa 14e à titre personnel), les voyants sont au vert. En quatre ans, la sole a doublé passant de 1 500 à 3 000 ha, un outil de teillage flambant neuf est sorti de terre en un temps record et est fonctionnel à 99 %. Pas question pour autant de trop tirer sur la ficelle (de lin). Les surfaces doivent être maitrisées et le marché régulé, par exemple via le stockage en ferme. Questions-réponses.

« Il faut adapter les surfaces en fonction du marché et du potentiel de son matériel de récolte. Il faut continuer à investir surtout dans les retourneuses, les souleveuses et round-ballers à l'image de la Cuma d'Aunouilly qui, en 3 ans, s'est équipée d'une arracheuse double, de deux retourneuses double, de deux souleveuses et de quatre round-ballers. » DR
« Il faut adapter les surfaces en fonction du marché et du potentiel de son matériel de récolte. Il faut continuer à investir surtout dans les retourneuses, les souleveuses et round-ballers à l'image de la Cuma d'Aunouilly qui, en 3 ans, s'est équipée d'une arracheuse double, de deux retourneuses double, de deux souleveuses et de quatre round-ballers. » DR
© TG

>> Au printemps dernier, vous inauguriez votre nouvelle chaine de teillage. L'outil est aujourd'hui maitrisé ?
On peut prétendre que le pari de transférer entièrement l'outil et de le renouveler à 80 % a été le bon choix. La nouvelle chaine constitue un succès. Les cadences sont bonnes, les taux d'arrêt quasi inexistants, l'ambiance et les conditions de travail excellentes...

>> Quel impact sur le coût de teillage ?
Le surcoût que nous avions provisionné à hauteur de 1,5 centime est totalement gommé par l'augmentation des cadences et celle des volumes transformés, à savoir + 15 millions de kg malgré le mois perdu de mise en route.

>> Avec quelles conséquences pour le liniculteur ?
Nous allons reverser à nos adhérents, dans les prochains jours, 40 % des sommes prélevées en 2014 (ndrl : 250 EUR/ha) qui nous avaient permis de construire notre plan de financement.

>> Malgré cet investissement, vous externalisez une partie de votre teillage.
C'est contradictoire ?
Effectivement, nous allons teiller à l'extérieur aux environs de 300 ha dont 200 ha à Cagny (14) mais c'est un peu la rançon de la gloire.
Entre 2013 et 2017, nous avons doublé la sole passant de 1 500 ha à 3 000 ha. Parallèlement, transformer 3000 ha à 5 t, ce n'est pas la même chose que transformer 3 000 ha à 6,5 voire 7 t. Nous gérons l'abondance de matière et avons préféré «externaliser un peu» plutôt que de demander à nos coopérateurs de lever le pied. Nous n'avons pas voulu casser la dynamique.

>> Vous fonctionnez sur 2 lignes en 2 postes, vous pourriez faire le choix du 3 postes ?
Ce n'est pas exclut, à moyen terme, mais nous devons d'abord optimiser le fonctionnement du nouvel outil. Parallèlement, nous devons  régler le problème des nuisances sonores. Pour cela et enfermer le bruit côté ouest, nous projetons la construction d'un hangar qui relirait le hangar de teillage à celui de stockage des chariots qui viendrait recouvrir entièrement la cour.

>> Le dossier d'un rapprochement avec la coopérative de Cagny est ouvert depuis 2 ans. Où en êtes-vous ?
On se donne le temps de la réflexion aidé en cela par Compétences Coopératives. Rien ni personne ne nous y contraint. Mais si l'un comme l'autre avons des situations saines; il ne faut pas nécessairement attendre que les choses se dégradent pour avancer. Nous évoluons dans un environnement qui se complexifie un peu plus chaque jour et il est clair que le regroupement de nos deux entités nous donnerait plus de moyens humains et financiers.

>> Et dans cette hypothèse, cela signifierait un outil unique ?
Entre Cagny et Villon-les-Buissons, il y a Caen impossible à traverser avec nos linières. En toute hypothèse, nous devrons donc conserver nos deux outils de proximité.

>> Un mot sur le marché ?
La consommation mondiale reste soutenue et les Chinois craignent manquer de matière. Tout cela a un effet positif sur le prix variant de 0,10 à 0,20 sur certains classements.

>> Alors, liniculteurs, à vos semoirs ?
Je ne pense pas qu'il faille pour autant augmenter les surfaces. Un : ce n'est pas possible techniquement à cause du manque de disponibilité de semences.
Deux : un aléa géopolitique à l'autre bout du monde peut inverser très rapidement le marché. Nous jouons donc la prudence en préconisant la reconduction du tonnage réalisé sur les trois dernières années.
Trois: si le marché a besoin de régulation, nous disposons d'un levier qui est le stockage en ferme dont les modalités restent à affiner. La culture du lin n'est pas réglementée (quota ou pénalités), à nous donc de prendre collectivement et individuellement les bonnes décisions afin de pérenniser sa culture et sa rentabilité.

>> Quid des récoltes 2016 et 2017 ?
Concernant la récolte 2016 facile à teiller, la qualité de la filasse nous a fait perdre 0,50 EUR/kg pour aboutir à une recette de 2 655 EUR dans la moyenne des 7 dernières années mais avec un delta important (de 1 000 à 5 000 EUR). Pour 2017, on observe pour l'instant des lins de bonne qualité mais moins lourds et surtout très difficiles à teiller pour certains lots. Les cadences sont à la baisse. A contrario, les lins d'hiver sont faciles à teiller.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Au-delà des annonces affichées au sein du pôle innovation, formation, emploi, les jeunes, les demandeurs d'emploi, ou en quête d'une reconversion, pourront rencontrer des responsables de ressources humaines qui recherchent de nouveaux collaborateurs.
Les nouveautés de la foire de Lessay
La foire de Lessay se déroulera bien en présence d'animaux. Un soulagement pour tous éleveurs, exposants et organisateurs qui ont…
Saganne de l'EARL Allix (Carantilly), s'est imposée dans le final du concours départemental à Lessay, le 12 septembre.
[EN IMAGES] Concours Normandes : Saganna dans les pas d'Hamada
Une nouvelle fois, l'EARL Allix de Carantilly inscrit son nom dans le palmarès du concours départemental de Lessay, le 12…
Les Normandes prennent le frais au peitt matin du premier jour de la foire de Lessay, vendredi 11 septembre 2026.
La foire de Lessay s'ouvre avec des questions politiques
La foire de Lessay a été inaugurée vendredi 11 septembre 2026. La matinée a été l'occasion pour la profession agricole de faire…
Les places à gagner au stade d'Ornano sont pour le match Caen-Bastia, jeudi 27 août à 20h45.
Gagnez vos places pour le prochain match du SM Caen à domicile
Avec l'Agriculteur Normand et Nii imprimerie, partenaire du stade Malherbe Caen, participez au tirage au sort pour assister à un…
Romain Marguerite, Guillaume Prioult, Pascal Desvages, Alain Marie et Guillaume Buquet ont inauguré le bâtiment en septembre.
[EN IMAGES] La Coopérative de Creully inaugure un nouveau bâtiment pour la filière pommes de terre
La Coopérative de Creully a inauguré, mardi 8 septembre 2026, son nouveau bâtiment, exclusivement dédié à la filière pommes…
Dix éleveurs de Limousines ont concouru à Lessay le 12 septembre. Et c'est Vedette de chez Romain Lalouelle qui s'impose. Un nom qui lui va bien.
Limousine : le juge mise sur une jeune femelle
Le samedi matin à la foire de Lessay, les Limousines s'installent sur le ring. Ce fut encore le cas le 12 septembre. Le juge…
Publicité