Aller au contenu principal

Ensilage de maïs contre foin séché en grange
La Blanche Maison rend un verdict nuancé

Techniquement, les deux systèmes “pâturage + ensilage de maïs” et “pâturage + foin séché en grange” franchissent la ligne d’arrivée au coude à coude. Economiquement, le second est plombé par l’investissement dans le séchoir. Environnementalement : quasi égalité si l’on occulte la consommation d’électricité nécessaire au bon fonctionnement de ce même séchoir mais une moindre consommation de produits phytosanitaires en système herbe. 

Bernard Houssin (directeur de la ferme expérimentale) : “en conclusion, je dirais qu’il n'y a pas de système laitier parfait. Ils doivent être tous améliorés pour répondre aux exigences environnementales de plus en plus fortes tout en assurant aux éleveurs un revenu satisfaisant et de bonnes conditions de travail”.
Bernard Houssin (directeur de la ferme expérimentale) : “en conclusion, je dirais qu’il n'y a pas de système laitier parfait. Ils doivent être tous améliorés pour répondre aux exigences environnementales de plus en plus fortes tout en assurant aux éleveurs un revenu satisfaisant et de bonnes conditions de travail”.
© TG
Mission accomplie. Après 4 années d’expérimentation à La Blanche Maison (50), l’évaluation des performances technico-économiques et des impacts environnementaux de deux systèmes laitiers “pâturage et ensilage de maïs” (EM) et “pâturage et foin séché en grange” (FV) a rendu son verdict. Sur le plan technique, les deux systèmes se valent même si la productivité des animaux en système FV décroche quelque peu. Une meilleure maîtrise du taux de légumineuses dans les prairies multi-espèces pourrait gommer ce léger handicap. 
Sur le plan environnemental, EM et FV ont des impacts proches et similaires à ceux des exploitations des réseaux d’élevage. Bémol cependant avec la consommation d’électricité nécessaire au fonctionnement du séchoir à foin. De même, le système EM utilise plus de produits phytosanitaires que le système FV.
Sur le plan économique enfin, la marge nette d’exploitation supplémentaire du FV ne permet pas de couvrir les charges liées à l’investissement du séchoir.
Ainsi migrer d'un système EM vers un système FV suppose une plus value des produits d'exploitation, par exemple via un lait AOC ou en AB (Agriculture Biologique).
Dernier élément à considérer, plus de surfaces en herbe, c’est moins de surfaces en céréales. Pas très grave quand les cours sont au plus bas. Dommage quand ils surfent sur le haut de la vague. Décryptage sous forme de quiz avec Bernard Houssin, directeur de la ferme expérimentale de La Blanche Maison. 

Les vaches nourries au foin séché produisent autant de lait que celles nourries au maïs.
Faux. Les vaches EM ont de meilleures performances zootechniques que les FV en raison d’une valeur énergétique des maïs supérieure à celle des foins. En lait annualisé, les vaches EM ont produit 6 389 kg/vl/an soit 460 kg de plus que les vaches FV. Dans le détail, cette différence atteint 2,3 kg/jour en lait brut d’hiver et 1,4 kg/jour en lait brut au pâturage.

Les vaches nourries au foin séché affichent de meilleurs taux que celles nourries au maïs.
Vrai et faux. Vrai pour le taux protéique qui atteint 34,6 en FV contre 34,3 en EM. Avantage à l’EM concernant le taux butyreux : 42,9 contre 41,8 (+1,1).

Les vaches nourries au maïs consomment plus que celle au foin ventilé.
Faux. Les ingestions sont identiques pour les deux lots sur les deux périodes alimentaires d’hiver et de printemps : ingestion totale de 19,6 kg de MS/VL dont 3,7 kg de MS de concentrés.

Un hectare de maïs produit plus de MS qu’un ha d’herbe.
Vrai. Le différentiel de rendement enregistré sur les quatre années d’expérimentation entre les surfaces en maïs et celles en prairies multi espèces destinées au foin séché en grange est d’environ 2,5 t de MS/ha. 

Les vaches nourries au foin séché affichent une meilleure fertilité et un meilleur niveau sanitaire que celles nourries au maïs.
Faux. L’expérimentation n’a pas montré d’écart significatif au niveau de l’état sanitaire des troupeaux. Quant aux résultats de fertilité, ils sont variables d’un système à l’autre et d’une année sur l’autre mais l’analyse des facteurs de risque de l’infécondité n’a pas permis de dégager les caractéristiques qui différencient les vaches infécondes des vaches fécondes.

En système FV, les produits “lait” et “viande” sont plus importants.
Vrai en raison d’un taux protéique supérieur et d’un taux butyreux plus faible qui permet d’avoir une référence laitière supérieure. Le produit “viande” est également plus élevé en raison d’un nombre de vaches et d’un taux de réforme supérieur. Par contre, il nécessite plus de concentré et de frais d’élevage.

Je vais dégager un meilleur revenu en système FV qu’en EM.
Vrai et faux. Au niveau économique, plusieurs simulations ont été faites. Si on retient celle où la surface fourragère n’est pas limitante avec une référence laitière de 355 000 litres et un différentiel de rendement de 2,5 t/MS/ha entre le maïs et les prairies multi espèces, la marge nette avant investissement du séchoir et de ses équipements est favorable au système FV. Si on intègre à ce résultat l’amortissement du séchoir et les charges financières liées à son financement, la marge nette devient négative de 20 000 e.

Au niveau des émissions de GES, la vache FV est environnementalement moins impactante.
Faux. D'après nos calculs, une vache FV ingère plus d'azote et en exporte moins dans le lait et la viande. En conséquence, l'excrétion d'azote dans le milieu est légèrement plus élevée avec une vache FV.

Le système EM est beaucoup plus gourmand en énergie non renouvelable que le système FV.
Faux. C’est le contraire. Le système FV consomme 36 % d'énergie non renouvelable de plus que le système EM à cause de l'électricité nécessaire pour les ventilateurs du séchoir à foin. Avec le système EM, il faut 750 MJ d'électricité pour produire 1000 litres de lait contre 1480 MJ avec le système FV.

Le système EM est beaucoup plus gourmand en produits phytosanitaires.
Vrai. L'IFT (Indice de Fréquence de Traitement) du système EM est nettement supérieur à celui du système FV (0,82 IFT vs 0,35). La différence provient de la fréquence de traitement nettement plus élevée sur les surfaces en maïs (2,68 IFT) que sur les surfaces en prairies destinées au foin séché en grange (0,.52 IFT).
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Saganne de l'EARL Allix (Carantilly), s'est imposée dans le final du concours départemental à Lessay, le 12 septembre.
[EN IMAGES] Concours Normandes : Saganna dans les pas d'Hamada
Une nouvelle fois, l'EARL Allix de Carantilly inscrit son nom dans le palmarès du concours départemental de Lessay, le 12…
Les Normandes prennent le frais au peitt matin du premier jour de la foire de Lessay, vendredi 11 septembre 2026.
La foire de Lessay s'ouvre avec des questions politiques
La foire de Lessay a été inaugurée vendredi 11 septembre 2026. La matinée a été l'occasion pour la profession agricole de faire…
Les places à gagner au stade d'Ornano sont pour le match Caen-Bastia, jeudi 27 août à 20h45.
Gagnez vos places pour le prochain match du SM Caen à domicile
Avec l'Agriculteur Normand et Nii imprimerie, partenaire du stade Malherbe Caen, participez au tirage au sort pour assister à un…
Romain Marguerite, Guillaume Prioult, Pascal Desvages, Alain Marie et Guillaume Buquet ont inauguré le bâtiment en septembre.
[EN IMAGES] La Coopérative de Creully inaugure un nouveau bâtiment pour la filière pommes de terre
La Coopérative de Creully a inauguré, mardi 8 septembre 2026, son nouveau bâtiment, exclusivement dédié à la filière pommes…
Dix éleveurs de Limousines ont concouru à Lessay le 12 septembre. Et c'est Vedette de chez Romain Lalouelle qui s'impose. Un nom qui lui va bien.
Limousine : le juge mise sur une jeune femelle
Le samedi matin à la foire de Lessay, les Limousines s'installent sur le ring. Ce fut encore le cas le 12 septembre. Le juge…
Des incertitudes demeurent sur le niveau final de la récolte qui ne pourra être plus précisément évalué que dans quelques semaines : les pluies seront déterminantes pour les fruits encore dans les arbres
Pommes à cidre : une récolte en baisse 30 %
Au delà des pertes de récolte de l'année, la filière cidricole souligne également la nécessité de prendre en compte les dommages…
Publicité