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Analyse
La performance et l’efficacité du travail deviennent une priorité

Quand on veut produire plus...

En 8 ans les livraisons de lait des exploitations laitières normandes ont augmenté de 50 %. Dans un contexte de fin des quotas, on peut être tenté de vouloir produire plus de lait. Existe-il un seuil à ne pas dépasser pour garder une qualité de travail ? Faut-il continuer à croître pour être plus efficace ? Les différentes pistes mises en œuvre par les éleveurs laitiers sont régulièrement analysées par les réseaux d’élevage et les accompagnateurs des Chambres d’agriculture pour vous aider dans votre réflexion sur l’efficacité de votre travail.


Contexte

Le nombre d’élevages laitiers diminue de 4 % en Normandie (figure 1) en 8 ans. Cette baisse est compensée par des livraisons qui augmentent pour chaque exploitation. La livraison moyenne en 2012 est de 357 000 l de lait (+ 132 000 l en 8 ans). Un éleveur (1 UTA) livre donc en moyenne 62 000 l de plus qu’en 2004 (figure 2).

Produire plus de lait : est-ce un réel avantage en terme économique ?

La tentation est de répondre par l’affirmative car devenir plus grand est un avantage économique dans de nombreux domaines d’activités. Sur les 400 fermes laitières suivies par les réseaux d’élevage, on constate entre 2007 et 2010 que les exploitations qui avaient fait le choix de produire plus (exploitations en croissance) n’ont pas forcement dégagé de revenu supplémentaire (figure 3). Les exploitations réactives, qui ont adapté leur livraison à la demande, dégagent plus de revenu. En effet la capacité à ajuster le système d’exploitation à la volatilité des prix permet aux exploitants de sécuriser leur revenu. Ce regard sur les revenus dégagés fait aussi ressortir une très grande disparité de revenu au sein de chaque groupe.

Produire plus de lait : l’efficacité du travail sera-t-elle meilleure ?

L’efficacité du travail peut être approchée en évaluant le temps d’astreinte passé par an et par vache laitière (TA/VL). Ce TA/VL varie de 20 heures à plus de 80 heures ! Les niveaux de travail d’astreinte sont en partie liés à la taille des cheptels. Plus le troupeau est important plus le temps passé par animal diminue, c’est ce qu’on appelle “les économies d’échelle”. Toutefois à même taille de troupeau, certains éleveurs arrivent à passer moins de temps, tout en obtenant une bonne efficacité économique. “Nous constatons des écarts à cheptel équivalent du simple au triple” soulignent les accompagnateurs des Chambres d’agriculture.


Produire plus de lait : les conditions de travail seront-elles améliorées ?

Augmenter la taille du troupeau diminue le temps passé par vache laitière, mais ne diminue pas la charge totale de travail. Comment faire face à cette charge de travail supplémentaire ? Les éleveurs ainsi que les futures générations demandent de meilleures conditions de travail. Cela peut prendre plusieurs formes, avoir plus de souplesse dans l’organisation de la journée, prendre des week-ends ou des vacances, réduire la pénibilité du travail… Une enquête réalisée auprès de 144 éleveurs montre que 72 % estiment avoir des journées trop chargées, 81 % souhaitent plus de temps libre dans la semaine et 92 % souhaitent prendre quelques jours de vacances par an. La recherche de meilleures conditions de travail doit être réfléchie avec tous les associés pour valider les choix de simplification, d’embauche, d’association, de mutualisation, de délégation ou d’investissement.  Ainsi par exemple, il sera plus facile d’assumer la décision de suréquipement pour pouvoir travailler seul le week-end.Les conditions de travail et la qualité de vie sont très certainement meilleures dans des structures plus importantes avec plusieurs unités de travail. Cependant dans une grande ferme laitière avec plusieurs associés et (ou) salariés, le management des hommes ne devient-il pas un facteur essentiel de cohésion, d’efficacité et de réussite ? En Europe, les petites structures ont une main d’œuvre essentiellement familiale mais pour les exploitations de grande taille (plus de 90 VL), la main d’œuvre salariée devient incontournable, et représente jusqu’à 75 % de la main d’œuvre dans les troupeaux de plus de 140 VL (figure 4). Envisager d’avoir recours à d’avantage de main d’œuvre n’est pas forcement la solution plus facile à mettre en œuvre. Devenir employeur c’est un peu apprendre un nouveau métier.

Aborder ces thématiques en groupe

Sur le revenu ou l’efficacité du travail, on constate de grandes disparités entre élevages. Comment se situer ? Comment faire le point ? Il est parfois difficile de mener ces réflexions seul “suis-je performant”, “suis-je efficace”, “est-ce que je peux faire mieux ?”. Dans un contexte où les enjeux sont nombreux et l’environnement évolutif, il devient nécessaire de se remettre en question, et pourquoi pas échanger à plusieurs ! Les échanges en groupe permettent aux participants de progresser et d’analyser les points d’amélioration possibles. “Il y a toujours une solution testée par un éleveur qui va intéresser les autres” expliquent les accompagnateurs Chambre d’agriculture.En 2013, plusieurs groupes de vulgarisation ont fait le point sur leur temps d’astreinte et leur efficacité du travail. En 2014 les accompagnateurs “Repensez votre organisation” des Cham-bres d’agriculture souhaitent ouvrir ces échanges à davantage d’éleveurs. Ils vous proposent d’aborder ces questions lors des rendez-vous suivants :- L’efficacité du travail en question : “Comment allier vie personnelle et rentabilité de votre exploitation laitière ?” 1er rendez-vous d’informations organisé par la Chambre d’agriculture le 21 janvier 2014, 10 h 30-14 h, à Avranches.Inscription : Sylvie Leroy au 02 33 79 41 70. 12,10 € pour le repas.
- Formation : un salarié motivé, une entreprise compétitiveCalvados : mardi 11 février et mardi 25 février à Caen.Contact Fabrice Renard au 02 31 70 25 38).Orne : jeudi 30 janvier et jeudi 13 février à Sées.Contact Marie-Laurent Dubreuil  au 02 33 31 48 12).

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