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GESTION
L’assurance “récolte” prend racine

L’assurance “récolte”gagne du terrain. Leader sur ce créneau, Groupama Centre Manche estime à 45 % le taux de couverture des surfaces assurables sur son territoire.

Bertrand Jacqueline : “assurer un ha de blé coûte moins d’un e/t. Faut-il prendre le risque rendement ?”
Bertrand Jacqueline : “assurer un ha de blé coûte moins d’un e/t. Faut-il prendre le risque rendement ?”
© DR
Grêle, gel, tempête, vent de sable, poids de la neige, inondation, excès d’eau, pluie violente, excès d’hygrométrie, manque de rayonnement, sécheresse, coup de soleil, coup de chaleur, coup de froid, tourbillon de chaleur. Les aléas climatiques menacent en toutes saisons les cultures. Et comme gérer, c’est prévoir, les agriculteurs sont de plus en plus nombreux à opter pour une assurance “récolte”. Un point sur l’année 2011 et les évolutions 2012 avec Bertrand Jacqueline, en charge de l'animation du marché agricole à Groupama Centre Manche. 

L’assurance “récolte” qui s’appelle “Climats” chez Groupama a-t-elle trouvé son public ?
Nous comptabilisons sur l’aire Groupama Centre Manche, qui réunit 8 départements, 10 300 sociétaires souscripteurs. Cela représente plus de 800 000 hectares sur le territoire concerné, soit 45 % de la superficie assurable. L'Eure et Loir arrive en tête suivi de l'Eure, du Calvados, de la Sarthe, de l'Orne, de la Seine Maritime, de la Mayenne et enfin de la Manche.
En nombre, nous progressons de 2 % sachant que les souscriptions ont été arrêtées le 21 avril 2011. 

Pourquoi justement cette date butoir du 21 avril ?
Le code des assurances nous interdit de couvrir un risque certain et avéré. En avril dernier, c’était le cas avec la sécheresse. Comme tous les assureurs, nous nous sommes donc conformés à la législation. Si la mesure a été largement médiatisée, nos sociétaires l’ont bien compris.

Ce risque sécheresse s’est-il avéré dans les faits ?
Plus de la moitié de nos sociétaires (5 400 environ) ont déclaré un sinistre climatique. Entendons-nous bien cependant. Tout aléa doit être déclaré dans les 5 jours. Ce qui signifie qu’au bout du compte, 1/3 des déclarations sera classé sans suite du fait de dommages inférieurs à la franchise. 1/3 ouvrira droit à indemnités moyennes et le dernier tiers à des indemnisations importantes.
Ce qu’il faut retenir c’est, qu’en céréales, les craintes printanières se sont estompées sauf en quelques points précis. Par contre en lin, c’est une nouvelle année catastrophique. On ne peut pas encore donner de chiffres précis car il faut attendre la fin de la campagne de teillage pour faire les comptes. 

Avec quelles conséquences ?
A Groupama, il faudra certainement s’attendre, sur cette culture, à une augmentation des cotisations en 2012. Chez nos concurrents, certains assureurs vont même jusqu'à refuser d'assurer le lin. 

A propos de 2012, quelles sont les dates clés à respecter ?
Pour une nouvelle souscription (cas des exploitants agricoles non encore assurés “Climats”), la date limite est fixée au 31 décembre 2011 avec la transmission d'un assolement provisoire(cultures, surfaces, prix , franchise). En ce qui concerne les exploitants agricoles déjà assurés “Climats”, le contrat se renouvelle pour 2012 par tacite reconduction. Ainsi les cultures assurées en 2011 le sont systématiquement pour la prochaine campagne.
En revanche, il faut là aussi déclarer toutes nouvelles cultures avant le 31 décembre 2011.
Dans les deux cas, par la suite, nous avons jusqu'au 15 mai 2012 pour ajuster les surfaces afin d'être en conformité avec la déclaration PAC.
Des nouveautés en 2012 ?
Notre assurance “Climats” couvre désormais 15 aléas climatiques au lieu de 13 auparavant. Nous y avons ajouté le manque de rayonnement et le coup de froid. 
Par ailleurs, chacun a la possibilité de s’assurer sur sur une base moyenne des rendements historiques des 5 dernières années avec un complément éventuel de 20% s'il le souhaite. Il ne s’agit pas pour nous d’assurer la spéculation mais de gommer les effets d’un accident ponctuel de rendement. 

Pourra-t-on, dans un proche avenir, assurer ses prairies ?
En partenariat avec l’Institut de l’Elevage et les Chambres d’Agriculture, nous avons mené des tests dans la Manche et dans l’Orne à travers des contrats à blanc. La problématique est de déconnecter l’aléa de l’expertise terrain. Dans le cas contraire, nous devrions visiter chaque parcelle tous les 15 jours. Mais grâce aux images satellite, nous pouvons mesurer un indice de végétation de la prairie sur 24 000 zones fourragères réparties sur tout l’hexagone. Des zones qui couvrent parfois moins d’un hectare. Les premiers enseignements sont intéressants mais il nous faut désormais modéliser un système en couplant ces résultats d’indice de végétation avec les niveaux de précipitation. Après, restera à trouver un réassureur qui n’existe pas aujourd’hui.

On a souvent évoqué aussi l’assurance revenu. Où en sommes-nous ?
Groupama Centre Manche est une des deux Caisses Régionales qui teste le prélancement de l'assurance chiffre d'affaires en blé et colza sur 300 exploitations. En plus de la garantie rendement, il s’agit de garantir les aléas de baisse des cours sur les marchés à terme. Une suite logique à l’assurance “Climats”.
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