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Prix du Lait
Les laiteries doivent passer au rattrapage

A revoir. A l’examen du prix du lait au premier semestre, les laiteries doivent mieux faire et se mettre dans les clous d’ici la fin de l’année, réclame la FRSEA.

© AD

Mauvaise note pour les laiteries, avec des prix du lait payés aux producteurs au premier semestre, largement en dessous de la réalité du marché. La section lait de la FRSEA de Basse-Normandie a alerté la presse sur ce point, jeudi 12 juin.  Rencontre avec Jean Turmel, président de la section lait de la FRSEA de Basse-Normandie.

Où en sont les laiteries, quant au prix du lait appliqué depuis les six premiers mois de l’année ?
Il manque en moyenne 19 €/1 000 l à la paye du lait sur les douze derniers mois glissants, par rapport à l’Allemagne. C’est un manque à gagner de 450 millions d’euros en France, et de certainement plus de 45 millions d’euros en Basse-Normandie. Pourtant, les perspectives de marché sont bonnes. Nous avons tiré les leçons de 2013. Cette fois, nous ne voulons pas nous entendre dire qu’on fera les comptes en fin d’année et c’est dès à présent que nous alertons les laiteries, pour qu’elles rattrapent leur retard dans les six mois qui viennent. Nos attentes sont situées à un prix du lait entre 370 et 380 €/1 000 l en moyenne pour l’année 2014. 

Les prix du lait sont malgré tout rémunérateurs. Quels sont les enjeux ? 
Les éleveurs viennent de passer des moments très difficiles. Ils viennent tout juste de redresser la barre et  de reconstituer leurs trésoreries. Ils ont plus que jamais besoin de ce signal positif du marché pour consolider leurs entreprises et reprendre confiance pour envisager l’avenir, surtout à ce moment crucial de la veille de l’arrêt des quotas laitiers. Il n’est pas normal que les autres agriculteurs européens puissent profiter de bons prix pour préparer l’avenir, tandis que les éleveurs français gardent tout juste de quoi maintenir le cap. C’est la robustesse de notre production pour les années qui viennent qui se joue.

Oui, mais le marché intérieur ne suit pas les cours mondiaux...
Actuellement, nous sommes, devant la Pologne, le pays le plus mal placé en Europe en matière de prix du lait payé au producteur. L’écart de prix que nous constatons nous interroge aussi sur le manque d’appel d’air à l’exportation au sein de l’Union européenne. Nous sommes actuellement très compétitifs pour gagner des parts de marché en Europe et logiquement les cours devraient s’équilibrer, dans un contexte de libre et de saine concurrence. Une fois de plus, nous constatons que la libre concurrence, nous en retirons tous les inconvénients et aucun avantage.

N’êtes vous pas pénalisés     par le secteur de l’ultra-frais ?
Le marché des produits frais et surtout de l’ultra-frais, sont aujourd’hui matures et se portent mal. Mais nous ne sommes pas d’accord pour que les gains des laiteries réalisés à l’exportation servent à financer une guerre des prix mortifère sur notre marché intérieur des produits frais et de l’ultra-frais. Nous avons développé des filières industrielles d’excellence dans ce secteur, ce n’est pas pour tout saborder aujourd’hui face à la grande distribution. 

Que comptez-vous faire ?
Nous allons maintenir le cap de nos revendications, quitte à ce que nous soyons amenés à réclamer de nouvelles hausses à la grande distribution. Côté industriels, le comportement de Sodiaal pose un gros problème, avec un écart négatif aux prix de marché, de 50 €/1 000 l. La FNPL (fédération nationale des producteurs laitiers) sera très attentive au comportement de cet industriel dans les mois qui viennent.

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