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Parole d'installée
Lorsque l’on vient du milieu agricole, on a du mal à s’en défaire

Séverine Deschacht s’est installée en 2004 avec, en autres, un atelier de pommes de terre en vente directe. Une production qui demande un grand investissement...

Le projet de Séverine Deschacht consistait à reprendre une cinquantaine d’hectares comprenant 4 ha de pommes de terre, écoulés en vente directe.
Le projet de Séverine Deschacht consistait à reprendre une cinquantaine d’hectares comprenant 4 ha de pommes de terre, écoulés en vente directe.
© L. Brémont

Concilier vie de famille et vie professionnelle, ce n’est pas toujours évident, surtout pour une femme. C’est pourtant ce que fait tout naturellement Séverine Deschacht, installée depuis 2004 à Neuville, à quelques kilomètres de Louviers. Elle exploite, avec son mari Joël, 170 ha (dont 20 en surfaces herbagères). Ensemble ils assurent la production de 247 000 litres de lait et la vente de 200 tonnes de pommes de terre en vente directe. Et ils élèvent ensemble leurs enfants. 

“Je suis issue du milieu agricole. Mais, étudiante, je me suis orientée vers un  autre secteur d’activité. J’ai d’ailleurs un BTS assistante de gestion” explique la jeune femme de 30 ans.  

“J’ai rencontré mon mari, déjà agriculteur à l’époque, et je suis devenue conjointe collaboratrice. Je n’ai jamais travaillé comme salariée. Et c’est tant mieux car, à la réflexion, je crois que j’aurais été très malheureuse dans un bureau ! Lorsque l’on vient du milieu agricole on a du mal à s’en défaire” poursuit Séverine avec amusement.

 

Reprendre une formation...

Travailler sur l’exploitation de son mari est donc apparu comme une évidence pour Séverine Deschacht. C’est tout aussi naturellement qu’elle a souhaité devenir exploitante. Et Séverine d’expliquer : “C’était une reconnaissance de mon implication sur la ferme.” 

“Mais pour m’installer avec les aides jeunes agriculteurs, j’ai du reprendre une formation pour adulte. C’était en 2003”, raconte Séverine. Son choix s’est porté sur un CCtar (certificat de capacité technique agricole et rurale) dispensé à Coquereaumont, en Seine-Maritime.

“Ensuite, j’ai réalisé le stage 6 mois et le Spi, le stage préparatoire à l’installation” se souvient la jeune agricultrice. Tout s’enchaîne et finalement Séverine s’installe en 2004 avec son mari.

“Sur l’exploitation de Joël, il n’y avait pas de pommes de terre. Mon projet a consisté à reprendre une cinquantaine d’hectares qui comprenait 4 ha de pommes de terre, écoulés en vente directe.”

Cette nouvelle production a nécessité la construction d’un bâtiment et l’achat d’une arracheuse. “Les cédants ramassaient les pommes de terre à la main. En terme de main d’oeuvre, ce n’était pas envisageable pour nous !”

 

Etre disponible !

Dans la pratique, Séverine et Joël se partagent les différentes activités de l’exploitation. Tous deux s’occupent de la traite et du tri des pommes de terre. 

A Joël, les travaux des champs et à Séverine, le suivi administratif de l’exploitation et la partie vente directe. Chacun a un emploi du temps bien chargé !

“Il faut être très disponible pour la vente directe, surtout avec les particuliers. Les clients peuvent venir tous les jours de la semaine, mais pas après 17 h. Traite oblige ! Nous travaillons avec une dizaine de restaurants et traiteurs. Pour le reste, ce sont des particuliers. Si je ne suis pas là, il n’est pas rare que les clients aillent chez un autre agriculteur. Mais en général, ils m’appellent avant de passer car ils savent que j’ai d’autres activités et des enfants, confie Séverine.

J’assure également une livraison à domicile sur Louviers, une fois par mois. Je livre principalement des personnes âgées et des nourrices.

J’aime la vente directe, car elle me permet d’être en contact avec beaucoup de monde.”

Agricultrice et maman

Lorsque l’on demande à Séverine s’il n’est pas difficile de concilier vie de famille et vie professionnelle... Cette jeune maman qui a une fille de 3 ans et un petit garçon d’un mois et demi sourit...  

“L’arrivée de nos deux enfants n’a pas changé notre façon de travailler. Je m’implique tout autant qu’au début. C’est vrai que pour l’instant, je ne trais plus que le soir. Mon père vient donner un coup de main. Mais dans quelques mois, j’aurais repris le rythme !”

“Ce qui a été vraiment bien, c’est de bénéficier d’un congés maternité.” Comme il est de règle dans le département, Séverine a fait appel à SOS Remplacement. “Cela a été un peu difficile de trouver la personne qui nous convenait. Mais le service de remplacement est vraiment efficace. J’en suis très contente. D’ailleurs, je dois faire la demande de congés paternité pour Joël auprès de la MSA. Il aura droit à 11 jours de remplacement. Ce serait dommage de ne pas en bénéficier...” remarque Séverine.

Côté main d’oeuvre, il n’y a rien de trop. La traite du troupeau de Prim’Holstein prend 1 h 30, en comptant le lavage de la salle de traite. C’est la production de pommes de terre qui est la plus gourmande en temps. Le couple d’agriculteurs aimerait donc pouvoir embaucher un salarié à l’avenir.  

En attendant, cela n’a pas empêché la famille Deschacht de prendre, pour la première fois, une semaine de vacances cette année. “Et nous aimerions recommencer. Peut être pas tous les ans, mais tous les deux ans. Pourquoi pas ?” s’interroge Séverine. 

Une belle façon de montrer qu’il est toujours possible de trouver du temps, même lorsque le planning est serré.

Retrouvez d'autres photos

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du mois de septembre

dans l'édition papier de l'Eure agricole

du 25/09/08

page 8, 17, 18 et 19

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