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Culture
Maïs : prendre en compte le risque taupins

Les attaques de ce ravageur ne sont pas évidentes à prévoir. Elles sont souvent modérées et passent parfois inaperçues mais peuvent être localement dévastatrices. Voici quelques éléments pour décider ou non d’une protection spécifique.

Evaluer le risque : les enquêtes pluri-annuelles conduites dans la région pour bien caractériser les facteurs de risque d’attaque du ravageur amènent au constat suivant : la présence de prairie dans la rotation est le principal facteur de risque, loin devant tous les autres, le risque augmentant avec l’âge de la prairie. Attention, le risque est important dès l’année du retournement de la prairie : ce sont les deux années qui suivent le retournement de la prairie qui sont les plus exposées au ravageur.Viennent ensuite des facteurs de risques moins prépondérants mais qui peuvent expliquer des attaques en rotation céréalière, sans historique de prairie :

- les sols à forte teneur en matière organique (> 4 %) ;

- les terres légères, soufflées et aérées, favorisant le déplacement des taupins. Les sols argileux, en revanche, sont en tendance moins attaqués.

L’évaluation de ces facteurs de risques et leur hiérarchisation est une aide à la décision pour raisonner la protection mais ce n’est malheureusement pas une science exacte. Le climat de l’année est également un élément déterminant : le risque étant plus élevé lorsque l’activité des larves de taupins coïncide avec la période de sensibilité de la culture (de la levée au stade 8 feuilles). Aussi, les maïs ayant une croissance lente (peu “poussants”) en début de cycle sont-ils plus particulièrement exposés.


Quatre solutions disponibles pour les semis de 2012

- FORCE 1.5 G : téfluthrine en microgranulés à appliquer obligatoirement avec le diffuseur spécifique “Syngenta”, autorisé 1 an sur 3 - dose recommandée : 10 à 12 kg/ha.

- BELEM 0,8 MG : cyperméthrine en microgranulés à appliquer obligatoirement avec le diffuseur spécifique “queue de carpe DXP” - dose recommandée : 12 kg/ha.

- CRUISER 350 : thiaméthoxam en traitement de semences.

- CHEYENNE : clothianidine en microgranulés, à appliquer en localisation dans la raie de semis, sans diffuseur, positionné à la même profondeur et le plus proche possible de la semence. La dose homologuée est de 7,14 kg/ha. En situation d’attaques faibles à moyennes, les spécialités Cruiser 350, Cheyenne et Force 1,5G apportent un niveau de protection équivalent, la spécialité Belem 0.8 MG est un peu en retrait. En situation d’attaques plus élevées, la spécialité Cruiser 350 apporte la meilleure protection. L’efficacité du produit Cheyenne est intermédiaire entre le traitement de semences Cruiser et le micro-granulé Force 1.5 G.La spécialité Cheyenne vient d’être homologuée sur l’ensemble des maïs (grains, fourrage, semences et maïs doux) et sorgho avec les restrictions d’usage suivantes :

- SPe1 : pour protéger les eaux souterraines, ne pas appliquer ce produit ou tout autre produit contenant de la clothianidine ou à base de thiaméthoxam sur une même parcelle plus d’une fois tous les trois ans.Cette mention n’est pas rétroactive. Il est donc possible d’utiliser le produit Cheyenne en 2012 sur une parcelle cultivée en maïs en 2011 et protégée par le traitement de semences Cruiser. En revanche, il faudra ensuite attendre 3 ans (2015) pour pouvoir utiliser à nouveau un produit insecticide contenant la clothianidine ou le thiaméthoxam, et ceci quelle que soit la culture.

- SPe2 : pour protéger les eaux souterraines, ne pas appliquer ce produit ou tout autre produit contenant de la clothianidine sur les sols superficiels (profondeur de 50 cm) à faible réserve utile (RU < 120 mm), sur les sols limoneux (limon > 70 %) et à teneur en carbone organique < 1,5 %.

- SPe8 : dangereux pour les abeilles. Ne pas introduire de cultures intermédiaires pouvant devenir attractives pour les abeilles après récolte de la culture. Ne pas introduire de plantes pouvant devenir attractives pour les abeilles en cas d’interruption prématurée de la culture.

Avec les micro-granulés, soigner les conditions d’application

La préparation du sol et l’état hydrique du lit de semence détermine la qualité d’application des micro-granulés dans la raie de semis donc l’efficacité de la protection contre les taupins. Dans un sol sec et motteux (ou en présence de cailloux, résidus…), les micro-granulés ont tendance à être positionnés en fond de raie de semis ce qui a pour conséquence d’abaisser leur efficacité dans le cas d’attaques tardives (au collet de la plante), comme cela a été le cas en 2010 et dans une moindre mesure en 2011. En forte pression de taupins, le moindre défaut d’application des micro-granulés peut donc vite devenir pénalisant.


Reconnaître les attaques de taupins

Les attaques se répartissent plutôt en foyers sur la parcelle mais peuvent s’étendre plus largement si les attaques persistent. Sur maïs, on observe un dessèchement du cornet des feuilles les plus jeunes ; souvent la feuille centrale, tandis que la 1re et la 2e feuilles restent intactes. On peut assister à des disparitions de plantes dès 2-3 feuilles, mais plus fréquemment à partir de 4 feuilles et jusqu’à 8-10 feuilles. Une perforation (un trou circulaire), de 1 à 2 mm de diamètre au niveau du collet est caractéristique. Pour confirmer le diagnostic : on peut trouver dans les premiers centimètres du sol, au niveau des racines, les vers “fils de fer” de couleur jaune paille. Les larves les plus visibles font de 15 à 25 mm. Néanmoins, si l’on arrive un peu tard sur la parcelle pour constater les dégâts, les insectes peuvent être descendus en profondeur et donc difficiles à trouver.

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