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Céréales
Quelques attaques de zabre signalées dans l’Orne

Quelques attaques de zabres ont été signalées dans l’Orne. Elles sont peu fréquentes, souvent assez localisées dans une parcelle, mais les dégâts peuvent être très importants (destruction de la culture sur une part significative de la surface). Sous réserve de connaître les symptômes typiques avant de réaliser l’observation, le diagnostic est assez fiable.

Les adultes se reproduisent et pondent durant l’été. La larve de ce coléoptère qui ne supporte pas la lumière, sort de terre la nuit pour dévorer les feuilles des plantes jusqu’à les détruire. Sa pullulation est favorisée par la succession blé-blé. Le ray-grass est également très sensible et des attaques graves peuvent être observées dans des parcelles en cours de levée. Les autres céréales et graminées fourragères peuvent également favoriser les attaques. Seules deux espèces semblent résistantes : l’avoine (y compris les folles avoines) et les fétuques.
La présence de repousses estivales ou de résidus abondants favorise les attaques. A ce titre, l’absence de labour peut être un facteur favorisant.
Dans notre région les attaques sont peu fréquentes et interviennent après des étés et des débuts d’automne secs, comme c’est le cas de l’année 2009.

Les premiers symptômes sont visibles dès l’automne
• Parcelle (photo 1) : l’attaque la plus caractéristique est localisée en bord de parcelle. On peut aussi observer des foyers.
• Les attaques progressent plus vite dans le sens du semis que d’un rang à l’autre.
• Plante : les larves entraînent souvent les feuilles des plantules dans leurs galeries pour les mâchonner (photo 2). Les feuilles sont mastiquées hormis les nervures. Les “restes” de plantule sont recroquevillés ou bouchonnés sur le sol. Dans les cas les plus graves, la plantule disparaît.
• Ravageur : au pied de la plante, on voit le trou du terrier avec un peu de terre rejetée autour. Il ressemble à celui d’un ver de terre, mais son diamètre est plus petit, 3-4 mm contre 5-6 mm pour celui d’un ver. En creusant au pied d’une plante jusqu’à 10-15 cm de profondeur, on peut trouver une ou plusieurs larves.
Taille : en automne, présence de larves moyennes, le plus souvent inférieures à 1.5 cm. Au printemps, la taille peut atteindre 3.5 cm (photo 3).

Un traitement en végétation à base de deltaméthrine est possible (Décis expert à 0.075 l/ha, Décis Protech à 0.5 l/ha), mais son efficacité est aléatoire et limitée (environ 30 %). Il faut que les larves viennent ingérer les feuilles pour être détruites. Il est donc préférable de traiter le soir de préférence, durant une période plutôt sèche et par temps doux. Les nouvelles feuilles sorties après le traitement ne sont pas protégées, il est donc nécessaire de renouveler l’intervention.
Il est conseillé de traiter le plus tôt possible avant l’hiver. Les attaques de zabres étant parfois localisées en bordure de champ, le traitement de toute la parcelle est rarement nécessaire.
Attention, les parcelles ayant déjà subi des attaques sont plus exposées. Il est donc préférable de prévoir la lutte culturale pour limiter les risques. Quelques précautions doivent être prises sur une parcelle attaquée :
- le labour, pour éliminer les résidus et les repousses ;
- déchaumer rapidement après moisson (les jeunes larves se nourrissent des repousses) ;
- éviter les andains de paille maintenant un micro climat humide.
L’Austral Plus possède une bonne efficacité (proche de 80 %) compte tenu de sa persistance mais il n’est utilisable que sur la campagne en cours compte tenu de son retrait programmé. A l’heure actuelle aucun autre traitement de semences n’est homologué sur cette cible.

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