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Elevage
Renforcement de la lutte contre la BVD

Santé des bovins.

© GDS 50

Dans un contexte de renforcement de la lutte contre la BVD en Europe (Suisse, Allemagne, Irlande, Autriche, Norvège, Suède, Danemark…) ainsi que dans certaines régions de France (Bretagne, 17 départements de l’Est…), et en l’absence de cadre règlementaire, le GDS de la Manche, après concertation régionale, a décidé d’inciter un maximum d’éleveurs à mettre en place des outils de lutte contre la BVD.Depuis 20 ans, le GDS de la Manche propose un plan de lutte BVD contractuel aux éleveurs adhérents ayant mis en évidence une circulation du virus BVD en lien avec des problèmes sanitaires. Ce plan de lutte repose sur le dépistage et la réforme accélérée des bovins IPI (cf. “IPI et virémiques transitoires”) et la mise en place d’une vaccination des reproductrices non protégées (afin de limiter les risques de recontamination du cheptel lors de contact de voisinage). Il permet d’assainir rapidement (en moins d’un an) les cheptels infectés. Mais la limite de ce plan est que le détenteur d’un cheptel assaini doit poursuivre préventivement la vaccination aussi longtemps qu’il reste voisin d’éleveurs détenant un cheptel contaminé, et/ou qu’il introduit régulièrement des animaux (cf. “Comment limiter le risque d’introduire la BVD lors d’achat de bovin”).La possibilité de tester les veaux par bouton auriculaire (cf. “Le bouton auriculaire BVD”), mais aussi la généralisation progressive des suivis sérologiques (sérologie de mélange) sur les bovins viandes, en ciblant dans une première phase les cheptels détenant au moins 10 femelles âgées de plus de 24 mois permettront d’étendre la lutte contre la BVD à un maximum d’élevages volontaires. C’est une étape importante dans un projet d’éradication de cette maladie, dont le coût des pertes (toutes pertes confondues, liées à la circulation du virus dans un élevage) a été estimé entre 10 et 20 euros/1 000 litres de lait produit en élevage laitier infecté (soit 5 000 à 10 000 euros pour un cheptel produisant annuellement 500 000 litres de lait).

IPI et virémiques transitoires

La BVD (Diarrhée Virale Bovine) est une maladie due à un virus, affectant essentiellement les bovins. Inoffensif pour l’Homme, ce virus, peu résistant dans l’environnement, peut entraîner dans les élevages de lourdes pertes économiques.La transmission de ce virus de bovin à bovin se fait :- par contact direct (mufle à mufle) ou sur de courtes distances (par des gouttelettes de mucus nasal) sous un même toit, mais aussi à travers une clôture ;- par voie transplacentaire (de la mère à son fœtus) pendant la gestation d’une mère non protégée.Cliniquement, la BVD peut prendre plusieurs formes : la contamination d’une femelle gestante non protégée peut entraîner une interruption de gestation (retour en chaleur décalé, avortement), la naissance d’un veau mort-né ou malformé, ou la naissance d’un veau infecté à vie (Infecté Permanent Immunotolérant/IPI). Les bovins IPI sont contagieux toute leur vie, et sont susceptibles d’exprimer, le plus souvent dans leur jeune âge, parfois beaucoup plus tard (près de 25 des IPI dépistés dans les plans de lutte ont plus de 18 mois), une diarrhée ulcéreuse, avec dépérissement, toujours fatale (maladie des muqueuses). Au contact d’un veau IPI, les autres veaux du lot vont se contaminer, et héberger le virus pendant quelques semaines (virémie transitoire). Ces veaux virémiques transitoires peuvent présenter de la diarrhée. Le virus peut également être un cofacteur aggravant des maladies néonatales (diarrhées, toux).

Comment limiter le risque d’introduire la BVD lors d’achat de bovins

Un bovin contrôlé favorablement (BVD) lors d’une transaction (vironégatif) est un bovin que l’on peut garantir, à vie, comme n’étant pas IPI. Mais rien ne garanti qu’il ne peut pas devenir virémique transitoire en l’absence de protection vaccinale correctement entretenue. En cas de transaction de ce bovin, avec un transport non sécurisé (contact possible avec d’autres bovins dans un camion, allotement, marché…), il peut devenir virémique transitoire et contaminer le cheptel acquéreur.Le contrôle virologique BVD lors de transaction n’a pas vocation à dépister les virémiques transitoires mais à dépister les IPI. Le conseil pour les éleveurs devant acheter un bovin en limitant le risque BVD est d’acheter un bovin ayant été contrôlé vironégatif, idéalement avant la vente, ou dans les premiers jours de sa vie par un contrôle BVD par bouton auriculaire, puis d’assurer un transport direct (sans aucun mélange avec d’autres bovins pendant la transaction entre le vendeur et l’acheteur). En cas d’achats répétés de bovins sans transport sécurisé, il est fortement conseillé de vacciner le troupeau reproducteur.Lors d’achat d’amouillantes (testées vironégatives avant vente, par boucle auriculaire à la naissance), pensez à contrôler le veau à naître (idéalement par boucle auriculaire : voir ci-dessous).

Le bouton auriculaire BVD

Une des avancées importantes en matière de lutte contre la BVD est l’utilisation du bouton auriculaire réalisant le prélèvement de cartilage lors de la pose à l’oreille, et permettant le dépistage précoce du virus BVD chez le veau nouveau-né. Ce dispositif constitue l’outil incontournable des programmes d’éradication de la BVD dans plusieurs pays européens. Une étude nationale conduite par GDS France, avec Allflex (société fournissant les boucles d’identification) et plusieurs GDS (dont la Manche) avait permis de valider ce dispositif, notamment en terme de faisabilité. A l’avenir, ce bouton auriculaire sera remplacé par la boucle de prélèvement (ou ULTRA TST), en cours d’officialisation. Vous serez informés de la mise en place du bouton auriculaire par un coupon joint lors de l’édition des ASDA (cartes vertes) des veaux sur la Manche.
Le GDS de la Manche l’intègrera dans son plan de lutte contractuel, mais incite également les éleveurs non éligibles au plan de lutte BVD, et désireux de tester leurs veaux, à utiliser ce dispositif. Des aides aux analyses seront possibles pour ceux souhaitant contrôler la totalité des veaux. N’hésitez pas à contacter le GDS (02 33 06 48 00) pour connaître les modalités de mise en place de ce dispositif.

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