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Maïs
Un demi-siècle les sépare... et 114,5 ha de maïs !

Gilbert a vu l'arrivée du maïs en Normandie au début des années 70. Aujourd'hui, le maïs est le quotidien de son petit-fils Tom qui travaille sur l'exploitation agricole familiale à Chaulieu, entre Vire et Mortain.

Gilbert Landelle et son petit-fils Tom Danguy. L'exploitation a bien grandi à mesure que le monde a changé...
Gilbert Landelle et son petit-fils Tom Danguy. L'exploitation a bien grandi à mesure que le monde a changé...
© EF

"Quand on a commencé le maïs, on a semé un demi-hectare. C'était en 1970". Gilbert Landelle, 78 ans, se souvient bien de l'arrivée du maïs à Chaulieu, près de Sourdeval. Tandis qu'il raconte, son petit-fils Tom Danguy se tient à ses côtés : 53 ans et 114,5 ha les séparent tous les deux ! À 25 ans, celui-ci travaille à son tour sur l'exploitation familiale dont le maïs s'étend désormais sur pas moins de... 115 ha.

"Tout est parti de la JAC, la jeunesse agricole chrétienne"

Dans la jeunesse de Gilbert, le maïs était inconnu sous le soleil du bocage. Comment le maïs est-il arrivé en Normandie ? Selon ses souvenirs, tout est parti d'une discussion "entre nous, à la Jeunesse agricole chrétienne. On parlait, on cherchait des idées pour augmenter notre revenu. C'était l'objectif". 

Car, à l'époque, la ferme familiale reprise par Gilbert n'avait que 5 vaches sur 16 hectares de pâture. "Nos vaches produisaient 2 000 litres de lait par an." Alors lui et ses copains de la JAC ont vite découvert les merveilles du maïs permettant de nourrir leurs bêtes durant l'hiver et donc d'augmenter la production. "Au début, on a tout de même été regardé de travers, on a été critiqué, on disait que nous allions abîmer nos vaches".

"C'était une ensileuse à un seul rang"

Autre conquête homérique : les premières récoltes dont le récit fait mesurer le bond technologique vertigineux accompli en 50 ans. "Nous disposions d'une ensileuse à un seul rang, signale Gilbert, portée sur le côté du tracteur. Avant d'entrer sur la parcelle, il fallait donc dégager le tour des champs sur 3 ou 4 rangs afin que le tracteur puisse y pénétrer sans écraser la récolte. On les coupait à la main".

Lire aussi : Au cœur des ensilages de maïs, la saison est chamboulée avec des pertes d'environ 30 %

Ensuite, Gilbert n'a plus jamais arrêté le maïs. L'exploitation a été transmise à son gendre, le père de Tom. Aujourd'hui, ses 200 hectares supportent la production de 200 vaches en intensif. Tom, lui, n'a évidemment connu que le maïs et loue ses vertus : "C'est une plante incroyable. Il n'y a pas eu une goutte d'eau de l'été et nous aurons quand même quelque chose à la fin ; c'est une sécurité."

"La sécheresse de 1976 était bien pire que celle de 2026"

Son grand-père a lui aussi eu droit à sa sécheresse, en 1976. "Elle était bien pire qu'en 2026 : pas de pluie de début mars au 17 septembre 1976". Le souvenir de la date est tout aussi précis que celui de la taille du maïs : "il faisait un mètre !" Pour s'en sortir, Gilbert était parvenu à acheter quatre camions d'ensilage dans l'Eure.

Certes, cette année, l'exploitation familiale s'attend à 20 % de rendement en moins mais, l'an dernier, les rendements étaient supérieurs de 20 %. "Bon an, mal an, ça s'équilibre", affirme Tom reconnaissant tout de même que ça ne doit pas se reproduire trop souvent. Par précaution, il réfléchit à s'adapter à cet aléa climatique qui deviendrait trop fréquent. "On pourrait réduire un peu la part de maïs dans la ration et augmenter la part de légumineuses. Les prairies de trèfles ne s'en sortent pas si mal sous le coup de chaud".

Lire aussi : (EN IMAGES). Fête de l’ensilage (à l’ancienne) : Chaulieu cultive la réussite

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