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Cidriculture
“Tirer la plus-value au maximum”

Face à un marché espagnol porteur, la coop de la Graverie et l’ACBN étudient la carte du partenariat.

Déchargement des pommes à La Graverie, les 2/3 sont déjà envoyées sur l’Espagne.
Déchargement des pommes à La Graverie, les 2/3 sont déjà envoyées sur l’Espagne.
© E.C.

D’un côté l’association des cidriculteurs du bocage Normand (ACBN), l’une des plus dynamiques du secteur (Manche), de l’autre, la coopérative de la Graverie, située à proximité de Vire dans le Calvados. Elles envisagent de mettre leurs oeufs dans le même panier pour tirer au maximum les prix à la production. Explications conjointes de François Serrant et Claude Rouyer, respectivement président de l’ACBN et de la Graverie. Grosse consommation espagnole La consommation de cidre en France est, au mieux, en stagnation (-1,7 % en volume, + 2,3% en prix). Mais en Europe, l’Espagne, plus précisément les zones des Asturies et du Pays Basque sont de gros consommateurs et réclament de la pomme française. La semaine dernière, sur l’exploitation de Patrick Jouault, à Parigny, non loin de Saint-Hilaire du Harcouët (Manche), les représentants des deux structures normandes ont expliqué leur projet d'alliance. “En avril dernier, nous avons eu, en présence de Thierry Chasles, président de la section FDSEA fruits à cidre manchoise, une réunion sur les opportunités d’exportation vers l’Espagne” explique François Serrant. “Un constat, le marché est porteur, ils demandent des fruits de qualité, en quantité, soit 40 à 50 000 tonnes au niveau français. Il faut aussi savoir que dans les régions des Asturies et du Pays Basque, la consommation est d’environ 8/9 litres de cidre par personne/an”. Claude Rouyer, lui, connaît bien le marché espagnol. “A la coop de La Graverie, nous collectons au total 1000/1500 tonnes de pommes, selon les années. 60% partent, depuis une trentaine d’années, vers l’Espagne, le reste vers la Bretagne”.

Commercialisation et appui technique

Concrètement, l’ACBN rejoindrait la coop de La Graverie pour tout ce qui est commercialisation (y compris les achats de bouteilles, cartons, etc..) mais resterait bien présente en tant qu’entité de terrain pour le conseil technique de toute la partie “arbo” et l’appui aux producteurs/transformateurs. Par ailleurs, cette nouvelle entité de la coop de La Graverie pourrait bénéficier des producteurs n’ayant pas re-signé chez des industriels qui n'hésiteraient pas à les rejoindre. “L’Espagne est vraiment un marché appelé à se développer. Nous envisageons d’ores et déjà de signer des contrats sur plusieurs années en apports de pommes”. Et François Serrant de souligner, “nous ne déclarons la guerre à personne bien évidemment. Mais notre démarche vise à garder un regard sur nos fruits et la plus-value des producteurs”. Toujours dans le but de développer la cidriculture, parfois menacée par le changement de zone AOC des variétés, ou encore la flambée des céréales, les responsables ACBN et Graverie souhaitent la création d’un CCN oenologique, à l’instar de ce qui existe en “arbo”.

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