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Eleveurs et céréaliers
Tous à Paris le 23 juin

“L’élevage grande cause nationale”. Le 23 juin, le monde rural a rendez-vous à Paris. Qu’en pensent les producteurs de céréales ? La réponse de Jean-Pierre Prévost, président de la section grandes cultures à la FRSEA de Basse-Normandie.

© JR

La FNSEA et les JA ont lancé un appel à la mobilisation en faveur de l’élevage. Vous-sentez-vous concernés ?
Bien sûr. D’abord, pour un certain nombre d’entre nous, nous sommes nous-mêmes éleveurs. En Basse-Normandie, beaucoup d’éleveurs cultivent des céréales et beaucoup de céréaliers gèrent un élevage. Nous nous sentons donc concernés par le problème qui est posé. De plus, chacun doit se souvenir que l’élevage offre un débouché considérable aux céréales que nous produisons, c’est notre premier client, en quelque sorte. La prospérité de l’élevage est une bonne chose pour les producteurs de grains. Mais ce n’est pas le cas actuellement.

Comment vivez-vous cet écart de revenus entre les filières d’élevage et les grandes cultures ?
Il faut être prudent en la matière. Un retournement de conjoncture est possible. C’est arrivé en 2008 alors que nous avions connu une forte hausse des prix en 2007. Les cours des matières premières sont devenus volatils. D’autres facteurs que les fondamentaux du marché les influencent, comme l’attitude des fonds de pension…bref, cet équilibre est bien fragile. Pour répondre à la question, tout ce que nous souhaitons, c’est de meilleurs revenus pour nos collègues éleveurs. Certains essaient de nous dresser les uns contre les autres, c’est un piège dans lequel il ne faut surtout pas tomber.

Qu’attendez-vous de la manifestation du 23 juin ?
J’espère que les élus, les pouvoirs publics et l’opinion publique prendront conscience de l’enjeu. Le monde rural dépend du dynamisme de l’élevage et de l’agriculture toute entière. Quelle famille en milieu rural n’a pas un de ses membres salarié d’une industrie agro-alimentaire ou salarié d’un fournisseur de l’agriculture ? Donc, du dynamisme de notre secteur économique dépend l’attractivité de nos territoires : qui peut avoir envie de vivre dans une région où il n’y a pas de travail ? Le monde rural n’est pas qu’un lieu de détente et les gens qui le peuplent ont besoin d’une activité économique pour y vivre. C’est le message que j’espère contribuer à faire passer.

Et concrètement pour votre secteur d’activité ?
Nous présentons aussi des revendications plus techniques, comme l’allègement des charges et des contraintes qui pèsent sur les exploitations. Que l’on soit éleveur ou producteur de céréales, on est concerné par ce thème. On voit bien que les contraintes de la directive nitrate n’épargnent pas les céréaliers, par exemple. Il ne s’agit pas de faire n’importe quoi mais d’adapter notre réglementation à la réalité des exploitations agricoles.

Donc vous serez à Paris le 23 juin ?
Bien sûr et j’invite tous les agriculteurs de la région, éleveurs et céréaliers à s’y joindre. J’invite aussi les élus locaux, les salariés des entreprises qui travaillent avec nous. C’est notre avenir à tous qui est en jeu.

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