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Tracteurs et matériels remorqués : le casse-tête du freinage

La réglementation sur le freinage s’harmonise au niveau européen. Le traditionnel frein de remorque à une seule conduite hydraulique, et conçu pour rouler à 25 km/h, va progressivement être remplacé par un circuit double ligne. La plupart de tracteurs vendus neufs depuis le 1er janvier 2018 sont concernés et les matériels de catégorie R (Remorques, tonnes à lisier, épandeurs…) le seront dès 2022.

Les constructeurs ont le choix entre deux technologies « double lignes » : l’hydraulique ou le pneumatique, mais ces technologies ne sont pas compatibles entre elles. C’est aux utilisateurs de choisir dans leur démarche d’investissement, pour pouvoir utiliser à moyen terme les matériels de l’exploitation, des voisins, de la CUMA…

Les échéances
Pour les tracteurs vendus neufs, la période transitoire d’installation d’un circuit « simple ligne » en complément d’un circuit « double ligne » est fixée au 31/12/2024 : au-delà, ce montage sera interdit. Pour les véhicules de catégorie R, la transition est plus courte puisque le « double ligne » sera obligatoire au 01/01/2022. Pour les machines et instruments agricoles remorqués (Catégorie S : pulvérisateur, presse…), les constructeurs ont le choix entre le montage « double ligne » et la conservation de la simple ligne », mais avec une vitesse limitée à 25 km/h (Réglementation française actuelle).
La nouvelle règlementation sur le freinage s’applique aux véhicules neufs. Elle n’a pas d’effet rétroactif sur les engins en service.

Double ligne hydraulique ou pneumatique ?
Les constructeurs ont le libre choix entre la technologie hydraulique et pneumatique, pourvu que la performance de leurs freins réponde au cahier des charges de la réglementation : puissance, progressivité, temps de réponse, freinage automatique en cas de rupture d’attelage, adaptation à la charge, … Le nouveau dispositif de freinage est équipé de deux circuits : l’un dédié à l’alimentation du frein de service et l’autre servant à déclencher le frein de secours. Deux flexibles relient le tracteur à l’outil attelé. Si le véhicule remorqué est équipé d’un freinage ABS, il faut prévoir l’option de la prise électrique de pilotage sur le tracteur.
Le freinage hydraulique « double » ligne est surtout proposé sur les gammes de tracteur de « petite et moyenne » puissance. Moins encombrant (pas d’accumulateur) et moins cher (environ 1500 €), il permet aussi de freiner les véhicules remorqués «  simple ligne » présents dans les exploitations. Le freinage pneumatique est éprouvé puisque c’est la norme pour le transport « poids lourds »,  avec des vitesses et des charges plus élevées : il apporte confort et sécurité. Il est utilisé sur le matériel agricole dans plusieurs pays européens et donc présent au catalogue de nombreux tractoristes et constructeurs. Cet équipement est cependant plus onéreux (environ 4000 €) car il nécessite un compresseur, une soupape de régulation, un dispositif anti givrage et un accumulateur.
Le compresseur peut éventuellement être valorisé pour d’autres applications (télégonflage, outils pneumatiques...). Le freinage pneumatique est privilégié pour les tracteurs amenés à travailler avec des véhicules remorqués de grande capacité homologués « 40 km/h » (PTAC 38 ou 40 t, 3 essieux…). Le choix du freinage pneumatique est également un pari sur l’avenir si la vitesse autorisée devait évoluer au-delà de 40 km/h.

Quid des matériels remorqués !
Les tractoristes offrent toutes les possibilités, mais c’est du côté des matériels attelés que les choix stratégiques des constructeurs ne sont pas clairement définis.En 2022, les véhicules remorqués (tableau 2) des catégories « S >25 km/h » et tous les « R » neufs devront être équipés en double ligne. L’homologation « 40  km/h » existe avec le freinage pneumatique, mais sera-t-elle possible en version hydraulique ?
Les constructeurs d’essieux travaillent pour trouver des solutions pour faire homologuer du freinage en double ligne hydraulique.
Actuellement, cela semble techniquement envisageable pour les tonnages en simple ou double essieu, mais plus compliqué en triple essieu du fait de la difficulté à respecter le temps de réponse et la progressivité du circuit de freinage.Pour les outils semi-portés ou traînés (S) circulant peu sur la route, les constructeurs seront tentés de conserver le freinage actuel, mais attention la vitesse sera limitée à 25 km/h.
Quel choix pour les prochains investissements ?
Le nouveau tracteur devra être équipé d’un circuit compatible avec celui de vos futures machines. Mais, dans un premier temps, il doit permettre le freinage des machines en service. En aucun cas, un défaut de compatibilité ne doit vous amener à circuler sans frein. Le freinage pneumatique est sans doute la solution qui sera retenue par les utilisateurs de gros matériels, souhaitant rouler à 40 km/h, voire davantage si la réglementation devait évoluer. Investir aujourd’hui dans un tracteur ou une machine équipée d’un freinage mixte (Pneumatique et simple ligne), permet d’assurer la compatibilité pendant la période de transition. Plusieurs tractoristes prônent cette solution dès 120 ch ou à partir de la gamme « 6 cylindres ».
Pour les utilisateurs de matériels de petite et moyenne gamme, qui sont moins utilisés au transport, rester sur de l’hydraulique semble plus opportun. C’est d’ailleurs la proposition de la majorité des tractoristes pour des raisons de place disponible et de coût final.
Le cas le plus ambigu concerne les tracteurs de puissance intermédiaire (120 à 150 ch) pouvant être attelés à la fois sur des petits et des gros matériels. Les orientations prises par vos fournisseurs de remorques et de véhicules remorqués sont à suivre de près : certains, surtout impliqués sur le marché français, semblent prêts à s’adapter aux différentes demandes alors que d’autres travaillant au niveau européen risquent de standardiser selon le marché dominant.

Tracteurs à 50 km/h
Avec le nouveau règlement européen 167/2013, baptisé également « Mother regulation », plusieurs tractoristes ont fait le choix d’homologuer des tracteurs à 50 km/h, voire plus.
Cette augmentation de vitesse s’accompagne généralement d’une baisse du PTAC et du PTR. La vente est possible en France, mais n’oublions pas que le code de la route français limite la vitesse d’un tracteur agricole à 40 km/h !

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