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ETA
Transmettre dans la douceur pour s'inscrire dans la longueur

Dans les dix ans à venir, un grand nombre d’ETA (Entreprise de Travaux Agricoles) changera de mains. Il faut savoir anticiper le passage de témoin pour assurer la pérennité de ces outils.

Ils ont usé leurs fonds de culottes sur les bancs de la même école (la MFR d’Haleine/61). Ils sont devenus beaux-frères et collègues de travail au sein de l’ETA Roland Morel, membre de l’ARETAR(1). Place désormais à un statut de coactionnaires au sein de la SNC (Société en Nom Collectif) MGL (Morel Guitet Lemeunier). Balade au cœur d’une transmission d’entreprise réunissant deux jeunes repreneurs, Hubert Guitet (mécanicien) et Arnaud Lemeunier (chauffeur) et deux cédants, Roland Morel et sa femme Yolande, fondateurs en 1968 de l’ETA à laquelle ils ont donné leur nom. Toujours le même capitaine mais désormais trois actionnaires Ambiance un peu plus détendue en ce vendredi matin d’août dans la grande salle de l’entreprise Morel qui vient de déposer ses valises dans les locaux de l’ancienne scierie de Mantilly (61), aux confins de l’Orne, de la Manche et de la Mayenne. Bien qu'un peu plus compliquée qu’à l’accoutumée pour cause de météo capricieuse, la moisson, version 2007, a été balayée en 8 jours. Il a fallu certes louer une machine supplémentaire pour répondre à l’attente de la clientèle mais il ne reste plus à ce jour que quelques coups de batteur à donner pour tirer le rideau. Dernière moisson pour l’ETA Roland Morel ou première pour la SNC MGL. Car si Roland revendique toujours son poste de capitaine du navire, c’est avec ses deux jeunes coactionnaires qu’il se projette désormais dans l’avenir. C’est avec sa femme, Yolande, qu’il démarre en 1968 son activité. Il avait 18 ans et un épandeur à fumier. L’ensileuse New Holland 717 (traînée un rang), tirée par un SOMECA 800, a vite enrichi le parc matériel. Vint ensuite une deux rangs , puis une moissonneuse-batteuse et une autre (Clayson 108 et John Deere 1072). La première ensileuse automotrice, ce fut en 1974. Année exceptionnellement pluvieuse qu’avait peut-être flairé Roland grâce à son sens inné de l’intuition. Il a équipé sa machine de chenilles et "a fait de la clientèle cette année là", selon ses propres termes. Un vrai entrepreneur in fine qui, au moment de transmettre son outil, sort encore des sentiers battus.Transmettre plutôt que vendre Les enfants Morel n’ayant pas la fibre ETA, Yolande et Rolland auraient pu se contenter de vendre leur outil empochant au passage une plus-value légitime de quarante ans de labeur. Mais ce n’était pas l’esprit qui les animait. Parallèlement, ils ont croisé le chemin d’Hubert et d’Arnaud. Deux jeunes qui "ne comptaient pas rester ouvriers toute leur vie". Roland a eu le temps de les jauger et de les juger. Son verdict : "je sais aujourd’hui qu’ils disposent des capacités pour devenir chefs d’entreprise". De chemins croisés en chemins partagés, il n’y avait qu’un pas. Chacun s’y retrouve dans la formule. Ils ont créé une nouvelle société en SNC. Nos jeunes chefs d’entreprise vont pouvoir s’aguerrir tout en bénéficiant de l’expérience acquise. Il a fallu de part et d’autre faire des concessions mais la greffe semble prendre. L’entreprise a fait sa plus grosse moisson cette année et en moins de temps. "On sait qu’on bosse pour nous. On ne se pose plus de questions", lâchent Hubert et Arnaud. Yolande s’affiche plus prudente: "quand je vois le montant des investissements aujourd’hui, j’espère qu’on ne les amène pas dans une galère". Mais quelle que soit leur génération, nos trois entrepreneurs gardent la tête sur les épaules. Leur avenir passe par le développement des relations inter-ETA. Ils travaillent déjà côté moisson avec une entreprise de la Sarthe distante d’une centaine de kilomètres mais décalée de quinze jours au niveau de la maturité. On s’échange machine et conducteur pour une surface équivalente. Roland, Hubert et Arnaud aimeraient développer ce type de collaboration au moment des ensilages. Voire investir à deux entreprises dans une même machine. Il est vrai que dans un canton qui compte 7 ETA sur 8 communes, il faudra apporter les bonnes réponses aux bonnes questions pour assurer la pérennité de son outil. Th. Guillemot (1) : Association Régionale des Entrepreneurs de Travaux Agricoles et Ruraux. Chambre d’Agriculture Maison des Entreprises BP14 50600 St-Hilaire-du-Harcouët Tél. 02 33 79 33 72 Fax. 02 33 79 33 77 Email: alain.hierle@aretar.com Site : www.aretar.comFaire faire plutôt que faire Philippe Guesnon est éleveur à Passais-la-Conception (61). Installé en 1992, il a toujours disposé de sa propre moissonneuse-batteuse. Des machines de plus en plus grosses avec en face des surfaces grandissantes. "Mais je me suis aperçu que je ne faisais pas de miracle côté prix de revient, reconnaît-il sans parler de la charge de travail. Durant l’été 2006, je me suis vraiment senti fatigué, quasiment au bord de l’asphyxie". Sa machine ayant encore une bonne valeur marchande, il a décidé de la revendre et de faire appel à l’ETA pour ses 44 ha de moisson 2007. A l’heure du bilan, il fait ses comptes : 70 à 80 heures de travail économisées, pas de machine à préparer ou réparer et une moisson simple comme un coup de fil "grâce à une ETA (Ndrl: l’ETA Roland Morel) qui s’est organisée au mieux pour servir le client," admet-il. Le choix de Philippe n’est pas encore définitif. Fiscalité, main-d’œuvre, prix du lait (...) sont autant de paramètres qui pèseront dans sa décision future de se rééquiper ou non. Toujours est-il qu’il a fortement apprécié disposer de plus de temps pour se consacrer durant cet été 2007 à son élevage de vaches laitières et taurillons.
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