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Paris remet à l'honneur les concours de reproducteurs
Trois béliers pour un éleveur

Au gaec Cahorel, dans le sud-Manche, on se prépare doucement mais sûrement pour le Salon de l'Agriculture qui renoue avec les concours de reproducteurs, notamment en Avranchin.

Le gaec Cahorel, situé dans le canton de La Haye-Pesnel, à La Rochelle Normande, est largement connu pour porter haut les couleurs de la race Normande, tant au Festival de l'élevage de Lessay ou sur le grand ring parisien. Outre son cheptel où est née une fille de testage de "Girophare", en l'occurrence "Java" qui s'est distinguée à plusieurs reprises les années passées, les associés (père-mère et enfants) cultivent une autre passion : L'élevage de moutons en race "Avranchin". Trois béliers viennent d'être sélectionnés pour la renaissance des concours ovins "reproducteurs" au Salon de l'Agriculture, tombés depuis des décennies dans l'oubli. Ces quarante dernières années, seules les présentations étaient admises. Une occasion en or de promouvoir une race avec de multiples atouts : maternelle, prolificité et rusticité.

Organisée dès 1928

Nul n'étant prophète sur son son terroir, les effectifs d'Avranchins ont fondu comme neige au soleil depuis la seconde guerre mondiale dans la Manche. Seuls quelques irréductibles, à l'instar de la famille Cahorel valorise leur troupeau. "Mon grand-père maternel, François Denolle, a créé le "Flock-Book" (l'équivalent de l'UPRA) de la race en 1928 sur la région d'Avranches". Mais quel est l'origine d'une race qui intéresse beaucoup d'étrangers, comme cet Irlandais installé dans le Gers et qui ne jure que par l'Avranchin ? "Elle a été obtenue par croisements entre la population locale et des béliers anglais de races "Dishley", "Kent" et "Southdown". Les premiers croisements remonteraient à 1820" souligne Jean-Pierre Cahorel. D'ailleurs l'introduction de sang "Southdown" pourrait expliquer la coloration et certains aspects de la tête des animaux. Dans l'Avranchin, on se mobilise toujours lors des concours locaux, une station de testage en plein air existe d'ailleurs à Marcey les Grèves.

Paris a donc réussi à se souvenir des concours d'ovins, autre que celui de l'inter-races axé sur les qualités lainières des sujets présentés, remport à de nombreuses reprises par des éleveurs d'Avranchin. "Depuis des décennies, nous ne faisions que des présentations, en l'occurrence deux femelles et trois béliers. Pour 2009, nous emmenons trois reproducteurs, deux jeunes et un plus âgé" explique notre éleveur. Et de se lever pour prendre dans une autre pièce une photo encadrée. "Voici le bélier N°671, né le 6 février 1938 et qui a remporté de nombreux prix pour l'élevage familial" présente fièrement Jean-Pierre Cahorel. Pas de doute, la race "Avranchin" n'est pas prête de quitter cette ferme de la Rochelle Normande, même si les débouchés pour les agneaux se sont, eux aussi, raréfiés.

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