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AGRIAL OP “Fruits à cidre”
Un “après” Val de Vire et Dujardin complexe

Sommée par la DGCCRF de céder les cidreries Val de Vire et Dujardin, AGRIAL n’abandonnera pas pour autant ses producteurs de fruits à cidre.

Lors de l’assemblée générale d’AGRIAL qui se tiendra le 22 juin prochain, il sera proposé une ristourne de 4 e/t pour les membres de l’OP au 1er janvier 2011. “On redistribue mais on fait aussi des réserves en prévision des campagnes difficiles”, a expliqué Gilbert Herpe, son président.
Lors de l’assemblée générale d’AGRIAL qui se tiendra le 22 juin prochain, il sera proposé une ristourne de 4 e/t pour les membres de l’OP au 1er janvier 2011. “On redistribue mais on fait aussi des réserves en prévision des campagnes difficiles”, a expliqué Gilbert Herpe, son président.
© TG
"Que les politiques arrêtent de nous dire organisez-vous après ce qui vient de se passer !” Jean-Luc Duval, lors de l’assemblée générale de l’OP (Organisation de Producteurs) “Fruits à cidre” d’AGRIAL qui s’est tenue le 8 mars dernier à Sées (61) n’a pas mâché ses mots. Sous le verger, la décision de la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) qui contraint AGRIAL à revendre les cidreries Val-de-Vire (Condé-sur-Vire/50) et Dujardin (Cahagnes/14) provoque l’incompréhension. Comment en effet reprocher un abus de position dominante sur un marché de niche ? Incompréhension fondée puisque, à ce jour, aucun repreneur sérieux ne s’est manifesté. Et si l’administration s’était prise les pieds dans le tapis ?

Les pieds dans le tapis
Les conséquences sont loin d’être anodines. “Jamais on a passé autant de temps à la décroissance de l’entreprise”, déplore Franck Malinowski, directeur de la branche “Boissons”. Du gâchis ! La cidrerie Val-de-Vire qui affichait avant mariage un résultat négatif de 2 Me a retrouvé un solde positif de 1 Me. La greffe avait pris. Humainement aussi, le chantier s’est révélé positif. Un nouveau projet d’entreprise a émergé mais patatras.
“Comment va-t-on se passer de deux usines l’an prochain pour transformer nos pommes ?”, s’interrogent aujourd’hui les producteurs. Une question pleine d’acuité à l’analyse de la dernière campagne. “2011 aura été une année exceptionnelle aussi bien du point de vue de la météo que des quantités récoltées et transformées. C’est une année record avec 215 000 tonnes récoltées et 200 000 tonnes transformées. Passer ce volume dans nos usines, c’est presque un miracle”, a rappelé Jean-Luc Duval. Et si l’outil n’a pas bogué, c’est que chacun a consenti un effort. Grâce à un gros travail de sensibilisation et de communication entre la filière et les régions, les livraisons se sont échelonnées. “Une semaine de grappillée, c’est 10 à 15 000 T de report qui nous évitent la construction d’une nouvelle usine”.
Un bémol cependant émis par un producteur : “il est plus facile d’être en A+ en septembre qu’en novembre avec des pommes en sur mâturité”. Sur ce dossier d’agréage, AGRIAL travaille à un nouveau dispositif pour l’an prochain. 

Avec deux usines en moins
Quel que soit le (s) repreneur (s) des sites de Condé-sur-Vire et Cahagnes, il lui faudra de la matière première pour travailler. Une exigence émise par la DGCCRF. “Je ne vais quand même pas aller livrer mes pommes à quelqu’un qui sera mon concurrent”, annonce d’emblée un ex coopérateur Elle-et-Vire devenu agrialiste aujourd’hui. “Nous ne pouvons exclure aucun adhérent. C’est contraire à nos statuts”, a rassuré Ludovic Spiers, directeur général du groupe.
Pour les non adhérents normands, la coopérative va envoyer un courrier leur proposant, s’ils le désirent, de rejoindre le futur acquéreur “mais on n’obligera personne à partir de la maison”, a également insisté Gilbert Herpe, son président.
In fine et au nom de la libre concurrence, on pourrait aboutir à de drôles d’interdépendances. AGRIAL, amputée de ses deux usines, continue à y sous-traiter en partie la transformation de ses pommes. Autre hypothèse : le nouveau repreneur, faute de volumes suffisants, doit s’approvisionner sur le marché libre. Auprès d’AGRIAL par exemple ?
Un bon bilan qualité
Concernant l’agréage, la notation continue de s’améliorer avec 61,91 % de A+, 24,16 % de A, 11,71 % de B et 2,22 % de C. Ce niveau de qualité s’est maintenu tout au long de la campagne. Par contre, il faut noter deux points un peu plus négatifs :
- la dégradation très significative du taux de patuline,
- une nouvelle baisse du taux d’alcool pur (- 7 % par rapport à 2010 qui était déjà en baisse de 3 %).
Mais Gilbert Herpe de tempérer : “ne nous tirons pas une balle dans le pied. Dans le vin, tous les millésimes sont exceptionnels”.
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