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Entretien avec Michel Legrand
Un budget toujours plus serré

Lors de la session décembre, les élus de la Chambre d’agriculture du Calvados ont voté le budget primitif 2010. Avec un taux d’imposition en dessous du maximum légal, le président Michel Legrand veut “montrer la solidarité de la chambre avec les agriculteurs”.

L’impôt représente 62 % du budget de la Chambre d’agriculture, les prestations de services 22 % et les subventions 18 %.
L’impôt représente 62 % du budget de la Chambre d’agriculture, les prestations de services 22 % et les subventions 18 %.
© V.M.

-Dans un contexte de crise, quelles sont les grandes lignes du budget de la Chambre d’agriculture du Calvados ? Une augmentation de l’impôt de 1,5 % semble avoir été évoquée avant d’être votée à 1,3 %, pourquoi ce changement ?
En 2010, le taux directeur autorisé par l’Etat est de 1,5 %. Dans un premier temps, nous pensions donc le respecter et nous avons commencé à préparer le budget avec une augmentation de 1,5 % de l’impôt. Après discussion avec quelques membres du bureau, nous avons souhaité faire un geste envers les agriculteurs et les propriétaires ruraux. L’impôt n’augmentera que de 1,3 %. Le coût de prestation à la journée d’un technicien et le prix de l’outil mes p@rcelles demeurent également inchangés. Toujours pour aider les agriculteurs dans cette période difficile, le tarif de l’outil de suivi des trésoreries baisse de 50 %. Avec ces symboles, nous souhaitons montrer un geste de solidarité de la Chambre d’agriculture.

-Vous parvenez à l’équilibre ?
Chaque année, l’équilibre est de plus en plus tendu. Le budget de la Chambre avoisine les 7 millions d’euros et reste stable. La part de l’impôt augmente de 57 700 € pour atteindre 3 906 000 €. Il faut donc augmenter la vente de prestation, car l’Etat se désengage d’année en année. Par exemple en 2010, la Chambre récupère la charge des analyses pour faire les concours de produit comme le concours général agricole de Paris.
Mais, nous devons maintenir un service public avec un minimum de R&D et d’accompagnement des agriculteur pour le développement de leur métier, notamment avec l’opération “Economie j’agis”.
La maîtrise de notre coût de fonctionnement est donc une obligation. En 15 ans, l’effectif de la chambre a d’ailleurs baissé de 7 salariés.


Quel montant représente le désengagement des pouvoirs publics dans le budget de la Chambre d’agriculture du Calvados ?

Depuis 2001, la Chambre a perdu 500 000 euros de subvention française et européenne.

Vous misez sur une augmentation de l’activité “prestations de service” de 2,2 %. Vu la situation de l’agriculture, cet objectif est-il vraiment atteignable ?
Il nous faut un budget ambitieux. Ensuite, je ne peux pas affirmer qu’il sera bien réalisé. Le remembrement des OPA : nous n’y parvenons pas. Certains viennent sur les métiers des chambres, mais la concurrence s’avère saine. Il faudra être meilleur, je le répète aux salariés.  Pour les prestations de services, nous espérons une croissance de 10 % pour mes P@rcelles. On mise également beaucoup sur les prestations auprès de collectivités.

Êtes-vous inquiet ?
Non. Comparée à d’autres Chambres d’agriculture, notre situation est saine. Le fonds de roulement s’avère stable à hauteur de 2 millions d’euros. Nous avons baissé les effectifs, mais nous n’avons jamais été contraints de procéder à des licenciements économiques.

-Le rapprochement des chambres départementales et régionales est au cœur des débats. Selon vous, est-ce une source d’économie ?
Il ne faut pas confondre régionalisation et mutualisation. L’objectif reste de maintenir une proximité avec les agriculteurs à moindre coût. Dans le domaine de l’élevage, la réflexion régionale semble efficace. Il semble inutile de travailler chacun de son côté. Autre exemple : notre conseiller économie et prospective est parti. Nous regardons si on peut en avoir un pour deux chambres.  Néanmoins, une évaluation de la mutualisation est programmée au premier semestre 2010. Il ne s’agit pas de monter une usine à gaz.

Périmètre de captage d’eau

- Le dossier des périmètres des points de captages d’eau n’avance pas. Les élus ont sollicité l’administration et l’agence de l’eau. “Pour l’instant, ils ne proposent que la MAE. D’autres pays européens savent pourtant indemniser leurs agriculteurs”. Michel Legrand souhaite donc refuser l’épandage gratuit des boues des stations d’épuration. “Pourquoi ne pas facturer l’épandage des boues aux collectivités et fixer une taxe pour indemniser les agriculteurs installés à proximité d’un captage d’eau ?”

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