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Covid-19
Un confinement à trois dans 70 m2

Si les agriculteurs ont l’avantage de pouvoir profiter de l’espace qui les entoure dans leur exploitation pendant le confinement, pour les citadins, la situation est plus compliquée. Rencontre avec Claire Maillard, confinée avec son fils et son conjoint dans un appartement à Caen.

© ED

« J’ai un petit jardin de 70 m2, je m’estime très chanceuse. Ça permet de prendre un peu l’air », confie Claire Maillard. Depuis le 17 mars dernier, cette trentenaire est confinée avec son fils de 8 ans, Paul, dans un appartement de 70 m2 dans le quartier de la Haie Vigné à Caen. « Mon conjoint est revenu vivre avec nous il y a une semaine. Il travaille à la clinique de la Miséricorde, nous n’avons voulu prendre aucun risque, surtout que mon fils est asthmatique. Il a donc logé pendant plus d’un mois en dehors de l’appartement.» Depuis près de deux mois, le quotidien de Claire Maillard a totalement changé. Salariée à la Caisse primaire d’assurance maladie et sans possibilité de télétravail, elle a été mise arrêt maladie pour garde d’enfant. « Pour l’instant, mon salaire est maintenu. Je vais peut-être passer en chômage partiel à partir du 1er mai avec sûrement des conséquences sur les RTT, les congés ou encore la prime d’intéressement. »

 

Un caddie de coursesà 180 euro/semaine

Durant les premières semaines de confinement, Claire Maillard ne sortait qu’une seule et unique fois pour aller faire ses courses, un budget qui a d’ailleurs « augmenté de 30 %. J’en ai pour un montant de 180 Ä/semaine, alors que nous ne sommes que 3 dont un enfant. ». Aujourd’hui, elle et son fils s’accordent une balade d’une heure en dehors de l’appartement et dans un rayon d’un kilomètre, trois à quatre fois par semaine. « Ma mère habite à quelques mètres de chez nous. On passe lui faire un coucou de loin. Ça permet de s’aérer l’esprit, parce que les journées se ressemblent toutes. J’essaie de donner un cadre à mon fils, pour ne pas qu’il se croit en période de vacances scolaires. Le matin on essaie de garder le rythme de l’école, avec des horaires plus flexibles. Entre les sessions de cours, on cuisine, on fait des jeux de société. Mais on commence à manquer d’imagination. »

 

Cours à domicile

Claire Maillard a remplacé sa casquette d’employée à la CPAM par celle de maîtresse d’école. Elle assure les cours à distance pour son fils en classe de CE1. « Nous avons la chance d’avoir deux supers maîtresses d’école qui nous envoient des programmes variés tous les jours pour faire travailler nos enfants. » Le lundi 11 mai sera, normalement, synonyme du début du déconfinement et la réouverture progressive des commerces et des écoles. Une date que mère de famille juge « trop prématurée. Paul ne reprendra l’école que le 25 mai. Je trouve cette date bien plus raisonnable. Je ne sais pas encore si je vais le remettre à l’école ou non, ça dépendra du contexte. Je pense que ça lui ferait du bien socialement, de revoir des enfants de son âge. C’est un enfant unique, s’il passe six mois seul, j’ai peur qu’il se renferme sur lui-même.»

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