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Réseau viande bovine en Normandie
Un dispositif au service de tous

Les réseaux d’élevage pour le conseil et la prospective sont un dispositif national d’acquisition de références à partir de suivis d’exploitations. Pour la Normandie, 47 exploitations viande bovine, représentatives de 7 systèmes de production, sont ainsi suivies par les Chambres d’agriculture. L’action est coordonnée par l’Institut de l’élevage et en partie financée par l’Office de l’élevage et les Conseils régionaux de Haute et Basse-Normandie.

Le dispositif réseau d’élevage de la filière viande bovine repose sur le suivi de 47 exploitations à l’échelle de la Normandie. Cet échantillon permet de couvrir la majorité des systèmes de production de viande bovine présents sur la région. L’objectif est de doter la profession d’un observatoire des systèmes de production qui puisse fournir aux décideurs et responsables professionnels les éléments propres à éclairer leurs choix et décisions face aux évolutions. Cela doit également permettre d’établir des indicateurs et des références systèmes nécessaires aux conseillers des diverses organisations professionnelles et à l’enseignement. Ce réseau régional fait partie d’un dispositif national qui regroupe les grandes régions françaises et concerne cinq autres filières herbivores : bovins lait, ovins viande, ovins lait, caprins lait, chevaux.

7 systèmes de production étudiés
Pour la Normandie, les exploitations suivies concernent au total 7 systèmes de production. Pour 6 de ces systèmes, le suivi est en partie financé par l’Office de l’Elevage et les données sont traitées dans le cadre de l’observatoire national : - 2 systèmes naisseurs (herbager et polyculture) ; - 2 systèmes naisseurs-engraisseurs de bœufs (herbager et polyculture) ; - 1 système naisseur-engraisseur de jeunes bovins (herbager) ; - 1 système engraisseur spécialisé de jeunes bovins. Par ailleurs, le système de production en agriculture biologique et deux problématiques plus transversales (la production en zone de marais et en zone herbagère) font l’objet d’un suivi en partie financé par les Conseils régionaux de Haute et Basse-Normandie.

Un nouveau dispositif en place de 2007 à 2013
Ce dispositif régional et national existe depuis plus de 20 ans. Il a été repositionné en 2007, pour la période 2007-2013. Chaque année, les ingénieurs départementaux des Chambres d’agriculture chargés de la viande bovine réalisent plusieurs visites des exploitations. Leur but est de connaître parfaitement le fonctionnement technique et économique des élevages et de tous les événements qui s’y rapportent. C’est un travail de conseils et d’échanges avec les éleveurs qui permet, outre la collecte d’informations, de créer et d’entretenir l’expertise nécessaire au fonctionnement du dispositif. Les données collectées font l’objet d’une saisie remise à l’éleveur et remontée à l’échelle régionale ou nationale pour constitution de références systèmes. Outre la rentabilité des systèmes étudiés, les références couvrent aussi des problématiques nouvelles : environnement, énergie, travail… Les visites sont aussi l’occasion de conduire des études et enquêtes complémentaires quand l’actualité économique et réglementaire le justifie. La coordination technique du dispositif est assurée par l’Institut de l’élevage à la région et au national. Un comité technique régional et national qui réunit les responsables professionnels, les organismes utilisateurs des références, les Pouvoirs publics et l’Office de l’élevage, est chargé de la mise en œuvre et du pilotage de l’action.

Des références largement diffusées
Les références et travaux sont largement diffusés auprès des organismes professionnels et d’enseignement. Ils sont par ailleurs accessibles à tous sur les sites des Chambres d’agriculture. Les diffusions prennent la forme de “cas types” construits sur la base des observations et enseignements acquis lors du suivi des exploitations. Cette modélisation des différents systèmes étudiés permet de comprendre leur logique de fonctionnement et de procéder, à la demande, à toutes actualisations ou simulations nécessaires. A ce titre, la toute dernière réforme de la PAC sera décortiquée système par système et les simulations faites sur la base des “cas types” donneront lieu à des propositions d’adaptations. Par ailleurs, les résultats techniques et économiques recueillis dans le cadre du suivi des exploitations font l’objet d’une synthèse annuelle nationale. D’autres diffusions régionales ou nationales traitent de thématiques spécifiques, telles que l’énergie, l’organisation du travail, la vente directe, ou encore de sujets plus conjoncturels tels que l’augmentation des coûts des matières premières et les conséquences des évolutions réglementaires.

Les premiers résultats 2007/2008
Les exploitations du réseau sont plutôt de grande dimension, autour de 100 hectares pour les systèmes herbagers spécialisés et plus pour les systèmes polyculture élevage. La main d’œuvre est majoritairement familiale. La taille moyenne des troupeaux allaitants est de 50 à 70 vaches, le plus souvent de race Charolaise et les systèmes fourragers en place sont basés sur l’herbe. Les chargements bovins observés varient fortement entre les herbagers et les polyculteurs éleveurs. Les performances du troupeau allaitant sont supérieures aux observations conduites par ailleurs. La productivité numérique est proche de 90 % et montre que des progrès techniques sont toujours possibles, notamment au niveau de la mortalité (9 % en moyenne sur le réseau) (Tableaux 1 et 2). Au niveau économique (tableau 3) et pour des clôtures comptables de fin 2007-début 2008, le produit total varie de 100 à 150 000 € par UMO selon les systèmes présentés. Le manque d’homogénéité des systèmes avec taurillons ne nous permet pas de présenter les résultats économiques moyens. La proportion d’aides sur produits est classiquement élevée pour les systèmes herbagers : 37 à 38 %. Malgré cela, ce sont ces mêmes systèmes qui dégagent le plus faible EBE : moins de 40 000 €/UMO familiale. A contrario, les systèmes avec polyculture qui ont un pourcentage d’aides sur produits plus faible, dégagent un EBE supérieur à 50 000 € par UMO familiale. Il est vrai que la conjoncture 2007/2008 a été plus favorable aux céréales qu’à la production de viande bovine. Une analyse plus complète sera possible quand les résultats techniques et économiques pourront être traités sur plusieurs années à échantillon constant. Très prochainement, une synthèse nationale des suivis sera diffusée. Des échantillons plus conséquents et une plus grande diversité des systèmes permettront d’affiner les observations.
Jean-Claude DORENLOR
Chambre d’Agriculture de la Manche
www.manche.chambagri.fr

Contacts Perrine Gehin - Chambre Agriculture du Calvados : 02 31 70 25 83. Jean-Claude Dorenlor Chambre Agriculture de la Manche : 02 33 06 49 61. Patrick Cartoux Chambre Agriculture de l’Orne : 02 33 31 48 17. Régis Laffay Chambre Agriculture de l’Eure (réseau Haute- Normandie) : 02 32 47 35 60. Denis Reynaud Institut de l’Elevage (coordination Basse et Haute-Normandie : 02 22 33 64 72.

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