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Un malien en Normandie

Assana Sow, éleveur laitier au Mali, est venu en Normandie pour intervenir dans 4 lycées agricoles en partenariat avec l'Afdi Normandie. 4 projections étaient organisées dans le cadre du festival " ALIMENTERRE " coordonné par le CFSI (1) et Horizons solidaires (2).

De gauche à droite : Assana Sow, éleveur malien de 23 ans, Cheikh Oumar Modibo Sibidé, étudiant en master géographie à l'Université de Caen et traducteur d'Assana Sow, et Christine Dumont, agricultrice en Suisse normande et bénévole à l'Afdi Normandie.
De gauche à droite : Assana Sow, éleveur malien de 23 ans, Cheikh Oumar Modibo Sibidé, étudiant en master géographie à l'Université de Caen et traducteur d'Assana Sow, et Christine Dumont, agricultrice en Suisse normande et bénévole à l'Afdi Normandie.
© ED

Comment nourrir dix milliards de personnes d'ici 2050 ? À travers deux films, " Manger, c'est pas sorcier " et " Ceux qui sèment ", un coup de projecteur est donné sur les enjeux agricoles et alimentaires mondiaux. L'occasion de sensibiliser les élèves des lycées agricoles sur le défi de l'agriculture, notamment sur le continent africain.


L'agriculture au Togo

Trois classes du lycée agricole Le Robillard (14) a assisté au film " Manger, c'est pas sorcier ", réalisé par Emmanuelle Sodji. Un documentaire retraçant les difficultés rencontrées pour produire au Togo. La saison sèche dure plus de 6 mois, les terres cultivables sont insuffisantes et ont une faible productivité. Le Togo utilise les mêmes techniques agricoles depuis des décennies, qui sont de moins en moins rentables au vu du changement climatique. Dans ce pays l'insécurité alimentaire règne. Certains ménages ne mangent pas tous les jours, entrainant des carences alimentaires pour les enfants. Les régions rurales sont saignées de leurs jeunes à la recherche d'une vie meilleure en ville. Cependant, certains s'en sortent très bien dans l'agriculture togolaise. Le film évoque Tokara Alawi, un entrepreneur togolais, réalisant un chiffre d'affaires de six millions de francs chaque année (1 euro = 654 francs CFA).

Le quotidien d'un éleveur malien

Après ce film, Assana Sow, agriculteur malien, a partagé la vision de son métier aux lycéens du Robillard (14). " J'ai abandonné l'école en neuvième (équivalent troisième en France), pour m'occuper de l'exploitation. Nous sommes quatorze personnes à travailler sur notre ferme, dont neuf femmes. Nous possédons 35 vaches, dont 5 vaches sont croisées normandes. Elles produisent cinq litres de lait par jour. Nous avons une surface de dix hectares. Nous cultivons à la main, du sorgho, du mil, du maïs, de l'arachide et du coton. Notre production sert essentiellement à nous nourrir, et nous la vendons quelques fois sur les marchés", explique l'éleveur malien. Ce dernier travaille également dans la commercialisation du lait. Là encore, le processus est bien différent du nôtre. L'électricité est absente et les camions réfrigérés n'existent pas. Au point de collecte où travaille Assana Sow, ils testent l'acidité, filtrent le lait et le pasteurisent. Il est mis dans des sachets plastiques et revendus à la population sur le bord de la route ou est acheminé via des minibus jusqu'à Bamako. Du fait de ces conditions, le lait doit être consommé très rapidement.

Le rôle de l'Afdi

Agriculteurs Français et Développement International en Normandie organise depuis des années des missions d'échanges d'expérience entre la France et le Mali. L'objectif ? Conseiller les agriculteurs maliens afin qu'ils aient leur place dans le développement économique du pays. "Nous les aidons à organiser la production et la collecte de lait. Nous avons avec Evolution, un partenariat d'insémination. Nous amenons des doses de taureaux normands, afin de faire des bêtes plus développées que la race locale. C'est un processus délicat. Aller au Mali est une expérience très enrichissante. C'est une façon de donner notre temps, et les aider à se développer ", affirme Christine Dumont, éleveuse de vaches laitières en Suisse normande et bénévole Afdi Normandie. Pour les élèves aussi, la matinée fut très enrichissante. " C'était un super moment. Ça nous fait découvrir une autre agriculture qu'on ne connaît pas. C'est très intéressant de rencontrer des personnes ayant une culture différente de la nôtre ", conclut Mina Boulakout-Vincent, élève de seconde générale.

 

(1) Comité Français de Solidarité Internationale

(2) Réseau régional de la coopération décentralisée et de la solidarité internationale en Normandie

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