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Un marais qui soigne sa biodiversité

Les marais de la Dives soignent son environnement. Agence de l’Eau Seine-Normandie, CREPAN, Chambre d’Agriculture et diverses associations environnementales œuvrent au maintien de sa biodiversité et de la qualité de son eau.

«Nous devons identifier l’intérêt général sans mettre à mal l’intérêt agricole. Les angles de vue sont parfois différents mais on doit les faire converger». Caroline Guillaume (ex-directrice de la DDAF du Calvados) a tenu, via la presse interposée, a rassurer le monde agricole sur les intentions environnementales de l’Agence de l’Eau Seine Normandie dont elle assure la direction territoriale. Mercredi dernier, les membres de la commission territoriale de l’Agence se sont rendus dans les marais de La Dives pour une visite technique.

1,85 ha pour 15 400€
Sur la commune de Bavent, la délégation s’est rendue sur une parcelle fraîchement acquise par la Cabalor, communauté de communes Campagne et Baie de l’Orne. Une parcelle de 1,85 ha acquise pour 15400 € financée à 80% grâce au soutien de l’Agence de l’Eau qui se défend de toute surenchère foncière. «Nous nous basons sur les estimations des Domaines», a rappelé Caroline Guillaume.
«Nous disposons d’un réseau pédestre de 80 km et cyclable de 40 km mais il nous faut des endroits pour s’arrêter et ainsi mesurer la richesse de la biodiversité de notre territoire», a plaidé Olivier Paz, président de la CDC. A terme, cette parcelle sera donc équipée d’outils pédagogiques visant à une prise de conscience environnementale du promeneur.
Le terrain ne va cependant pas perdre sa fonction agricole mais le locataire devra obéir à un cahier des charges spécifiques. «Un pâturage mixte équin/bovin, un décalage dans la période de fauche, un chargement maîtrisé (...)», illustre à titre d’exemple Xavier Montagu, animateur au CREPAN. 
Avec la Chambre d’Agriculture, le Comité Régional d’Étude pour la Protection et l’Aménagement de la Nature en Normandie pilote le programme MAEC (Mesures Agro-Environnementales et Climatiques). «Nous sommes une association militante de préservation de l’environnement mais nous souhaitons maintenir une agriculture viable sur le territoire», revendique sa présidente, Claudine Joly, agricultrice dans la plaine de Caen. «Nous voulons créer de la transversalité», insiste-t-elle soulignant au passage que les 1500 ha déjà contractualisé (200 ha la première année et 1300 la seconde) sont issus pour 1/3 de l’agriculture biologique, pour 1/3 de l’agriculture semi-intensive et pour le dernier tiers de l’agriculture conventionnelle. Une autre façon d’expliquer que les 7000 ha de la zone concernée sont contractualisables. 325 mesures systèmes cohabitent dans le Pays d’Auge. Le CREPAN, qui a fait le choix de mesures à la parcelle, en a 5 à son arc environnemental.
Chargement de 1,2 UGB/ha/an, pas de fertilisation azotée, retard de fauche au 25 juin, voire au 25 juillet, reconversion en prairie pour des montants d’aides qui varient de 113 €/ha à 367 €/ha. 
«Quelque chose de profitable pour les zones humides mais profitable aussi pour les agriculteurs», défendent à l’unisson les différents partenaires. Cette terre jadis d’embouche qui a fait la fortune de certains bouviers pourrait ainsi se tramer de vert et de bleu. Mais «une trame verte et bleue qui ne peut pas s'arrêter aux documents d'urbanisme et doit être prise en compte par l'ensemble des acteurs qui façonnent le territoire pour être efficaces», insiste-t-on du côté du CREPAN.

10 M€ pour la biodiversité
L’Agence de l’Eau, de par son 10ème programme d’action en vigueur jusqu’en 2018, mobilise des moyens pour protéger la biodiversité sur son territoire. La loi du 8 août dernier conforte l’intervention de l’Agence dans ce domaine. A ce titre, son conseil d’administration a voté le lancement d’une Initiative pour la Biodiversité (appel à projet) qui prévoit 2 sessions (15/01/17 et 15/05/17) à hauteur de 10 M€. La commission territoriale des Bocages Normands s’est réunie le mercredi 16 novembre, à Dives-sur-Mer-14, pour réfléchir aux grands enjeux liés à l’eau et à la biodiversité en Normandie.
L’Agence de l’Eau Seine Normandie est un Etablissement public de l’Etat. Elle perçoit des redevances auprès des usagers selon le principe «pollueur-payeur» et accorde des aides aux collectivités locales, aux industriels, aux agriculteurs et aux associations qui entreprennent des travaux pour mieux gérer les ressources en eau et lutter contre les pollutions. Elle agit ainsi comme une mutuelle afin :
- d’assurer la sécurité en approvisionnement en eau,
- de protéger le patrimoine naturel,
- de réduire les pollutions chroniques et accidentelles,
- d’améliorer la gestion et le fonctionnement des ouvrages.
La direction Territoriale et Maritime des Rivières de Basse-Normandie, qui intervient pour la Manche, le Calvados et le nord de l’Orne, contribue à ces efforts à hauteur de plus de 50 millions d’aides par an.

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