Aller au contenu principal

François Solignac-Leconte, Ex-directeur de la CRAN (Chambre Régionale de l’Agriculture)
Un phénomène auquel on n’osait pas penser

Ancien directeur de la Chambre d’Agriculture du Calvados et de la Chambre régionale, élu de la ville de Caen, François Solignac-Leconte fut l’un des porteurs du projet diester visant à faire rouler les bus du syndicat mixte des transports en commun de l’agglomération caennaise. C’était en 1992. Quinze ans plus tard, il commente l’actualité agricole en apportant son éclairage sur la dualité alimentaire/non alimentaire.

Jadis, on reprochait aux techniciens des Chambres d’Agriculture ou de la coopération de pousser les agriculteurs à produire alors qu’il y avait excédent. Aujourd’hui, si vous expliquez à un agriculteur comment produire plus et produire mieux, sous réserve du respect des normes environnementales, vous ne pouvez pas être contestés puisque la planète manque de nourriture.
Jadis, on reprochait aux techniciens des Chambres d’Agriculture ou de la coopération de pousser les agriculteurs à produire alors qu’il y avait excédent. Aujourd’hui, si vous expliquez à un agriculteur comment produire plus et produire mieux, sous réserve du respect des normes environnementales, vous ne pouvez pas être contestés puisque la planète manque de nourriture.
© TG
Pensiez-vous qu’un jour, à propos des matières premières agricoles et plus particulièrement vis-à-vis des biocarburants, se poserait le débat de l’alimentaire contre le non alimentaire ?
C’est un phénomène auquel on n’osait pas penser. Ce n’était pas réaliste d’imaginer cela. Les mondes agricoles et économiques n’ont aujourd’hui rien à voir avec ceux que j’ai connus il y a 11 ans. C’est le jour et la nuit. Au début des années 1990, les agrocarburants constituaient un débouché à l’agriculture dans un contexte de surproduction. Aujourd’hui, nous assistons au phénomène inverse. Nous sommes confrontés à une crise mondiale de l’alimentation.

Une crise qui tend les prix mais n’y-a-t-il pas une grosse part de spéculation dans ce phénomène ?
Certainement mais cette spéculation n’existerait pas si, comme dans les années 1970/1975, on était submergé de lait, de céréales et autres produits agricoles que l’on ne savait plus comment stocker. On peut spéculer aujourd’hui parce que la corde s’est tendue.

Justement, ne faudrait-il pas mieux revenir à une politique de stockage pour faire face aux périodes de disettes ?
Le problème, c’est qu’on ne peut plus stocker parce que l’on n’a plus assez de marchandise. Les pays producteurs interdisent les exportations pour, très logiquement, d’abord se servir eux-mêmes et nourrir leur population. Ce n’est peut-être pas raisonable mais c’est compréhensible.

Faire de la prospective agricole ou être conseiller agricole dans ces conditions dur, dur ?
Cela a toujours été un exercice périlleux mais c’est un exercice qui sera moins contesté demain qu’il ne le fut de mon temps. Jadis, on reprochait aux techniciens des Chambres d’Agriculture ou de la coopération de pousser les agriculteurs à produire alors qu’il y avait excédent. Aujourd’hui, si vous expliquez à un agriculteur comment produire plus et produire mieux, sous réserve du respect des normes environnementales, vous ne pouvez pas être contestés puisque la planète manque de nourriture.

Au cours de votre carrière, vous ne vous êtes pas frotté aux OGM puisqu’ils n’existaient quasiment pas. Quelle serait aujourd’hui votre approche du dossier ?
La moitié de la communauté scientifique est pour et l’autre moitié contre. Je ne comprends pas cela. Les scientiques, par nature, doivent se mettre d’accord sur leurs résultats pour que le dossier ne devienne pas politique. Il faut donc accentuer la recherche en laboratoire comme aux champs pour disposer d’une assise scientifique inattaquable et porter un jugement objectif. Cela signifie mettre beaucoup d’argent sur la table pour lever toutes les ambiguïtés.
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Mardi 30 juin, près de sept hectares de parcelles agricoles ainsi qu'une moissonneuse-batteuse ont pris feu dans un champ de Val-au-Perche. Le préjudice sur les cultures est estimé à plusieurs milliers d'euros.
La moissonneuse prend feu et 7 ha partent en fumée : dans l'Orne, c'est l'heure de l'expertise
Mardi 30 juin 2026, près de sept hectares de parcelles agricoles ainsi qu'une moissonneuse-batteuse ont pris feu dans un…
La passion de l'élevage partagée en famille chez les Debons, notamment quand le prix de l'élevage récompense leur travail, ici à Vire le 13 juin 2026.
Blonde d'Aquitaine : Stéphane Debons se prépare au concours à Saint-Hilaire-du-Harcouët
Stéphane Debons, éleveur installé avec son frère David à Noron-l'Abbaye (région de Falaise), devrait emmener cinq ou six animaux…
La canicule de juin a marqué les esprits mais son impact sur le rendement est resté limité.
Colza en Normandie : cinq faits marquants sur la campagne 2025-2026
La campagne 2025-2026 illustre toute la capacité du colza à compenser les aléas lorsqu'il conserve un bon fonctionnement…
Les ventes PMS se déroulent en dehors du territoire normand.
Journées PMS 2026 : la relève normande donne rendez-vous à Frossay
Grand rendez-vous de la génétique normande, les Journées PMS se dérouleront les 1er et 2 juillet 2026 au GAEC des Sept-Lieux, à…
Dans la Manche, les élevages avicoles ont enregistré de lourdes pertes.
Canicule : surmortalité inédite en porc et volailles avec 260 tonnes de cadavres en trois jours
La canicule a entraîné une mortalité exceptionnelle dans les élevages de la Manche : 260 tonnes de volailles porcs en trois…
[EXPERT] "Un maïs sans grain a une valeur pour l'alimentation animale"
Juin 2026 a été historiquement chaud. Quelles manifestations de la sécheresse sur le maïs ?
Publicité