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Dominique Troussard, président de la section avicole de la FDSEA de l'Orne
Un plan avicole ornais qui monte en puissance

Dominique Troussard, président de la section avicole de la FDSEA, a été l’un des artisans du plan avicole ornais. Entretien sur le pourquoi et comment du chantier.

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© TG

Que représente l’activité avicole à l’échelon départemental ?
On comptabilise dans l’Orne 115 producteurs pour une surface de 130 000 m2. L’équivalent d’un chiffre d’affaires estimé à 24 Me, soit 4 % du CA de la ferme départementale. Au delà de notre corporation, rappelons que chaque millier de m2 d’atelier génère directement ou indirectement 4 emplois. La présence de l’abattoir SNV à La Chapelle d’Andaine, avec ses 1 000 salariés, témoigne du dynamisme et des retombées économiques et sociales de ces productions.


Comment est née cette idée de mise en place d’un plan avicole ?
Jusqu’en 2009, le maillon élevage de notre activité connaissait une évolution préoccupante avec la perte annuelle d’environ 10 000 m2 d’atelier suite à de nombreux départs en retraite.  Une évolution qui fragilisait notre filière et ses outils de transformation pourtant bien positionnés stratégiquement avec la proximité d’un grand bassin de consommation que constitue la région parisienne. Il nous fallait réagir pour assurer la pérennité de notre outil d’amont en aval. Aller chercher de la volaille en Bretagne pour la transformer en Normandie aurait été un non sens. 

Quels ont été les acteurs de ce projet ?
Une réflexion a tout d’abord été menée au sein même de la FDSEA pour imaginer un plan de soutien à l’instar de ce qui s’était passé dans le porc. La Chambre d’Agriculture a ensuite réuni tous les aviculteurs et, très vite, un large consensus s’est dégagé pour considérer qu’il y avait urgence à redresser la barre. Les partenaires financiers (Conseil général, banques, assurances) et techniques (groupements de producteurs, fabricants d’aliments, abattoirs) ont alors emboîté le pas.

Quels sont les objectifs chiffrés de ce plan ?
En favorisant la transmission et la modernisation des ateliers existants, en favorisant l’installation et l’investissement dans des bâtiments neufs, nous espérons atteindre un développement de notre parc avicole supérieur aux 10 000 m2 perdus chaque année et récupérer ainsi une surface annuelle de 11 400 m2.


Déjà des premiers résultats ?
Nous assistons à une montée en puissance. Quatre projets ont été agréés en 2009 pour 3 720 m2, 2 820 m2 en label et 900 m2 en standard. En 2010, ce sont 9 dossiers constructions neuves ou reprises enregistrés pour 9 860 m2. Pour 2011, 13 dossiers sont déjà en cours pour 14 476 m2. Nos objectifs sont donc atteints.

Un mot sur la conjoncture ?
La France manque de poulets et de dindes. Ce qui est plutôt rassurant à moyen terme. Mais notre difficulté actuelle,c’est l’envolée du cours des aliments. Une envolée qu’il faut répercuter auprès du consommateur. Dans notre filière fortement organisée, nous en sommes tous convaincus : producteurs, fabricants d’aliments, abattoirs... Reste à persuader aussi la GMS (Grande et Moyenne Distribution) avec laquelle le dialogue est moins facile. 

Cette augmentation dans le panier de la ménagère, à quelle hauteur la situez-vous ?
14-15 %, départ abattoir. Après, tout est question de marge.

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