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Un premier safari oiseau à Gonneville-sur-Mer (14)

Sous le soleil de la Pentecôte, Clément Lebrun, agriculteur à Gonneville-sur-Mer, à proposé lundi dernier à ses clients (il fait de la vente directe) un safari photo oiseau. Une opération « communication » ludique et conviviale.

Participation quantitativement modeste pour cette première édition «mais ce n’était pas là l’essentiel», assure Clément Lebrun.
Participation quantitativement modeste pour cette première édition «mais ce n’était pas là l’essentiel», assure Clément Lebrun.
© TG

Clément Lebrun n’a pas toujours été agriculteur sur la Côte Fleurie. Jadis, il cultivait son pré carré à Heuland. Il y avait là-bas moins d’arbres et donc moins d’oiseaux. Et puis surtout, pas les mêmes. Mais à Gonneville-sur-Mer, le pommier s’épanouit et contribue à la biodiversité. Loin de nier que certaines espèces voient sans doute leur population péricliter, ce producteur de cidre invite aussi à voir la bouteille à moitié pleine.
Lundi dernier, via les réseaux sociaux, il a invité sa clientèle à shooter dans ses prés moineaux, hirondelles, merles, mésanges, bouvreuils... Un concours qu’ont remporté pour leur prolixité Nicolas et Julien, deux adolescents qui ont laissé leurs tablettes le temps d’une balade de deux heures.

J’ai testé pour vous
« Moi aussi, j’ai testé pour vous ce safari made in Pays d’Auge. A l’expérience, certain qu’il est plus facile de ramener un bon cliché d’un éléphant au Kenya que d’une sittelle ou d’un pouillot de Normandie. Je me croyais pourtant bien armé avec mon zoom 18-135 mm. Mais c’est fou ce que c’est petit un petit oiseau, même quand il est gros.
On se prend pourtant rapidement au jeu. Clément m’avait prévenu : « tu te poses et tu écoutes », alors je me suis posé et écouté. J’ai attendu puis entendu..., mais de là à voir.
Alors patience et volonté. Pour voir, il faut localiser le bruit, lever la tête, balayer du regard pour apercevoir une toute petite tête dans un océan de feuilles, une tâche de couleurs sur un fond vert... Et puis, tout d’un coup, je l’aperçois. L’honneur va être sauf, je vais pouvoir enfin shooter. Mais à peine ai-je bougé le petit doigt que le mécréant a sauté d’une branche ou de deux arbres. Tout est à recommencer. Alors je change de coin. Se cacher un peu plus et choisir un potentiel perchoir à oiseaux moins feuillus. Quarante-cinq minutes d’attente, quelques tentatives, mais le grain de sable est toujours là : un contre-jour, une mise au point qui mouline, un autre apprenti photographe qui passe en sifflant ruinant un bon coup...
Clément avait donné la consigne. Apéro cidre à 12 heures. Je rentre, pas bredouille, mais sans trop savoir ce que j’ai dans la boite. Clément relève les compteurs à oiseaux et rend son verdict. Pas de collector mais une bonne leçon d’humilité et un bon bol d’air.
Et puis, tout à coup, une réflexion me vient. N’est-il pas plus facile de voler, en caméra cachée, des photos animales dans un univers clos pour faire croire ce que l’on veut plutôt que de se promener ostentatoirement, appareil photo en bandoulière, en quête de vérité ? C’est peut-être la morale de cette matinée. En tout cas bravo à Clément pour cette initiative et un grand merci » .

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