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Coopérative Elle et Vire
Un rayon “Boissons” en phase de restructuration

Bien en lait. En progression et prometteurs du côté des ingrédients. Négatifs au niveau du rayon “Boissons”, la coopérative Elle et Vire a fait ses comptes 2007.

Pour sa première assemblée générale en tant que directeur de la coopérative Elle et Vire, Patrick Lepelleux, qui a succédé en août dernier à Jean-Marie Barré, aurait sans doute souhaité une meilleure mise en bouche. Le résultat net consolidé du groupe affiche un déficit de 800 000 e (+ 550 000 e l’an dernier). Un résultat négatif certes mais conforme aux prévisions. Du côté de Condé-sur-Vire, on savait que le département “Boissons” ne permettrait pas à la coopérative de boire du petit lait. C’est plutôt la bolée qui fait boire la tasse.

Le site du Prieuré (53) fermé
Il est vrai que l’été 2007, plombé par le ciel, n’a été favorable ni à la consommation de cidre (-3,8 %) ni à une récolte de pommes abondante. Parallèlement, le coût des emballages, du verre (+ 15 %) et de l’énergie se sont envolés. Face à un outil cidricole chroniquement surcapacitaire et un niveau de charge trop important, le conseil d’administration de la coopérative a décidé le 19 mars de fermer le site du Prieuré (Volclerc Mayenne-53). “C’est un débouché local d’environ 6 000 T qui disparaît pour les producteurs. Des réunions d’information ont certes été organisées, cependant, il est légitime de s’interroger sur l’avenir des débouchés et sur l’impact économique des nouveaux transports induits pour ces fruits”, regrette pour sa part la FNPFC (Fédération Nationale des producteurs de Fruits à Cidre) qui tenait quelques jours plus tard son assemblée générale.
Mais le président Danlos s’est voulu rassurant : “toutes les pommes seront transformées à Condé-sur-Vire”, et d’ajouter “qu’il est plus facile de véhiculer des pommes que du jus”. Quant au personnel du site mayennais, aucun n’a accepté la proposition de mutation dans la Manche “mais une antenne emploi œuvre à ce que chacun d’eux trouve une solution de reclassement”. 
L’usine de Condé-sur-Vire, qui a bénéficié d’un programme d’investissement, se trouve donc confortée. Autre nouvelle rassurante, la cidrerie Dujardin (Cahagnes-14), propriété d’Elle et Vire, est “une entreprise profitable”. Parallèlement, les cidres Val de Vire, qui font parler d’eux dans les concours , développent une contre-offensive commerciale avec une gamme renouvelée et un nouveau packaging . En toute logique, 2008 pour Elle et Vire rayon “Boissons” devrait être d’un autre tonneau.

Lait : éviter les soubresauts
Côté tank, l’année laitière 2007 a été favorable tant en volume qu’en prix. Mais des volumes qu’il faudra maîtriser avec une collecte en hausse de 14,4 % à fin avril 2008. “Il faut éviter les soubressauts, a insisté Jean-Louis Danlos. Apporter 500 000 T de plus en 6 mois pose quelques problèmes d’adaptation”. Et s’il est vrai que l’Ouest laitier dispose d’atouts incontestables, son outil de transformation est largement insuffisant. Confirmation de Robert Brzusczak, directeur de la CLE (Compagnie Laitière Européenne/Groupe Bongrain) : “nos outils ont tourné 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 en fabrication beurre/poudre mais nous avons été obligés de sécher du lait en Pologne et en Hongrie”. Pour affronter les défis de demain, la filière laitière a donc besoin de se restructurer. Bretagne et Pays de Loire (avec Coopagri, Even et Terrena) ont ouvert le bal. “Il faut utiliser les outils avec le souci de l’efficacité surtout en terme de réactivité”, a rappelé Jean-Louis Danlos.
Pour l’heure et en Basse-Normandie, la coopérative Elle et Vire est en phase de renégociation de son contrat lait avec son partenaire CLE. Volumes, prix, sécurisation sont au cœur des négociations. Les enjeux sont de taille car 2008/2015 est une période transitoire qui doit être mise à profit pour préparer la sortie des quotas. Il a d’ailleurs beaucoup été question de contractualisation à l’occasion de cette assemblée générale. “Il faut dépasser les limites juridiques du mot contrat. Il faut penser une nouvelle approche de la gestion des volumes de production avec des différenciations de prix” a proposé Jean-Louis Danlos. Il avait rappelé auparavant que “la sécurité alimentaire en volume n’est pas garantie. Cette garantie, c’est un revenu décent”. “Un contrat gagnant gagnant”, a poursuivi Hervé Marie, secrétaire général de la FDSEA de la Manche.

Administrateur
Un départ, une arrivée

Philippe Levillain (50) a été élu administrateur de la coopérative. Son parcours est atypique. Licencié de l’industrie, il a été embauché par la suite par la cidrerie Val de Vire avant de s’installer en 1999 sur 57 ha. “On doit rester très solidaire et intervenir dans toutes les décisions politiques et économiques. On ne doit pas être un spectateur mais un acteur”, a-t-il insisté. Philippe Levillain compense le départ de Thérèse Lepileur.

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