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DDAF
Un sentiment de harcèlement administratif et de malaise dans les GAEC laitiers

Pour certains éleveurs, "ce n’est plus de l’excès de zèle mais du harcèlement administratif". Un malaise d’autant plus important dans les GAEC laitiers que le Ministre de l’Agriculture a fait de la simplification administrative un de ses chevaux de bataille.

"La FDSEA n’acceptera pas qu’un seul producteur soit bafoué de ses droits," prévient Jean Turmel, patron des laitiers bas-normands.
"La FDSEA n’acceptera pas qu’un seul producteur soit bafoué de ses droits," prévient Jean Turmel, patron des laitiers bas-normands.
© TG
L’affaire fait grand bruit sur les ondes de "Radio campagne". Aucune réunion de producteurs de lait n’échappe à l’évocation des conditions d’obtention de l’attribution laitière de 0,5 %. Tous y ont droit sous conditions d’avoir réalisé au moins 95 % de son quota sur les deux dernières années et d’avoir effectué sa déclaration d’intention de mise aux normes. Pas de quoi fouetter un chat à première vue. Mais à comptabiliser les nombreuses remontées de gaz oil reçues à notre rédaction, on peut évoquer "une tempête administrative dans un bol de lait" comme le qualifie un producteur du Pays d’Auge. Mélange des genres Une remontée de gaz oil qui ne concerne que les GAEC laitiers. Ils sont 570 dans le Calvados. De source syndicale, 300 à 350 n’auraient pas encore obtenu leur notification des 0,5 % de lait à produire supplémentaires. Du côté de l’administration(1), on évoque le chiffre d’une centaine. Au-delà de ce différentiel, ce sont les conditions de délivrance de ce droit qui posent question. La DDAF, depuis quelques mois, enquête sur les GAEC. Les réponses des agriculteurs concernés se feraient-elles tant attendre que l’administration se servirait de ce levier pour débloquer un droit supplémentaire à produire acté par le Ministère et les instances européennes ? Du donnant/donnant en quelque sorte ! Sauf que les deux dossiers n’ont aucun lien juridique ou légal, se fâche Jean Turmel, patron des laitiers de Basse-Normandie. Chez nos voisins de la Manche, la mise à jour GAEC n’a provoqué aucun remous". Dans ce département, la DDAF n’a exigé qu’une preuve justificative de la transparence des GAEC. Encore pouvait-elle être fournie par la laiterie. Un anachronisme confirmé par Patrice Lepainteur, producteur de lait dans le Bocage. On confirme du côté d’Elle&Vire Par ailleurs administrateur de la coopérative laitière Elle&Vire, il a pu mesurer auprès de ses collègues la différence de traitement du dossier de part et d’autre d’une simple frontière départementale. "Ce dysfonctionnement dénote également un manque de cohésion professionnelle qui nous plonge dans cette situation", juge-t-il. Une allusion à l’épisode de fin de session Chambre d’Agriculture la semaine dernière. Jean Turmel, au nom de la FDSEA, a amené le sujet dans les questions diverses. Il aurait mérité un peu plus d’égards sur le fond et la forme. 20 kg de papiers Le malaise est pourtant réel. "Moi, j’en suis à 20 kg de papiers à photocopier et à envoyer pour toucher 1 500 litres de lait supplémentaires," calcule ce producteur, au doigt peut-être un peu lourd sur la balance. Du côté de la FDSEA, on défend les GAEC. "La FDSEA n’acceptera pas qu’un seul producteur soit bafoué de ses droits" prévient Jean Turmel. Th. Guillemot
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