Aller au contenu principal

Chasse du grand gibier
Un vrai plan de bataille pour réguler le sanglier

Avec plus de 200 000 euros d’indemnisation de dégâts aux cultures par le grand gibier l’année dernière, et prioritairement par le sanglier, la Fédération départementale de la chasse de la Manche engage un vrai plan de bataille. La main est tendue aux agriculteurs pour qu’ils installent des clôtures et/ou utilisent un répulsif. La facture étant supportée par les chasseurs et les agriculteurs.

DEGATS SANGLIER
Le montant des indemnisations de dégâts sur cultures atteint 200 000 euros pour l’année 2020. Une facture supportée par la Fédération des chasseurs.
© FDC

La population de sangliers augmente considérablement dans la Manche tout comme dans l’ensemble de l’hexagone. Pour cette saison de chasse qui se termine le 28 février, plus de 2 000 sangliers devraient être prélevés. « Un chiffre record », reconnait le président, Gérard Bamas. Effectivement, par rapport à l’année précédente, ce sont 4 à 500 animaux de plus. Et pendant de nombreuses années, le prélèvement tournait autour de 1 200. Les sangliers, friands de glands et de frênes, trouvent leur nourriture dans les zones boisées, mais également dans les champs. 

L’accroissement du nombre de sangliers entraine davantage de dégâts dans les cultures. Sur les 150 parcelles répertoriées, les dégâts s’étendent sur 60 ha. Le budget des indemnisations a pratiquement doublé, atteignant les 200 000 euros l’année dernière, supportée entièrement par la Fédération de la chasse. Alors, cette dernière a établi un véritable plan de bataille pour lutter contre la prolifération de sangliers et ainsi réduire les dégâts.

Des zones noires

Même si la Manche reste le département le plus bocager, mais le moins boisé, elle reste attractive pour le grand gibier. Des zones noires ont été répertoriées telles que dans le Val de Saire, le centre Manche et le sud Manche en bordure des départements limitrophes (Calvados et Ille-et-Vilaine). « Ce sont des zones où il y peu ou pas de chasse », explique l’élu. « Le fait de moins chasser et de moins prélever de sangliers rend la maitrise de la présence du sanglier plus difficile », poursuit-il.
Dans ces zones où la présence de sangliers est forte, la Fédération des chasseurs tend la main aux agriculteurs pour que les dégâts soient moins importants. « Le monde agricole est victime. A nous de les accompagner pour réduire les dégâts, et par conséquent la facture des indemnisations. C’est un partenariat gagnant-gagnant. On est associé dans ce projet », indique Gérard Bamas. Concrètement, la Fédération met à la disposition gracieusement des clôtures électriques (fil, piquets, batterie). A charge de l’agriculteur l’installation et l’entretien.

Une expérimentation de deux ans

Par ailleurs, la Fédération de la chasse a expérimenté depuis deux ans auprès de 39 exploitants l’usage d’un répulsif pour protéger les semis de maïs. « Ce produit, mélangé aux semences dans une bétonnière, donne de bons résultats », indique David Guérin, directeur de la FDC. Le coût du répulsif est partagé par la FDC et l’agriculteur. Il est de 11 €/ha pour chaque partie. Après enquête, 72 % des agriculteurs estiment le procédé « facile à utiliser », 88 % d’entre eux souhaitent renouveler l’opération et 60 % des parcelles n’ont pas enregistrés de dégâts. Une satisfaction pour la FDC.
Désormais, les agriculteurs ont reçu un courrier pour passer commande de clôture et de répulsif. « Ayant des moyens d’action, il faut les utiliser pour aller plus loin dans la démarche. Notre objectif est de revenir à un montant d’indemnisation acceptable, et à une maitrise de la population du gibier », conclut le président.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Fossé traité : l’agriculteur ne nie pas mais regrette la procédure
Début juin, un agriculteur reçoit un appel de l’Office français de la biodiversité du Calvados pour avoir traité un fossé. Lundi…
Une éleveuse ornaise sur les marches du festival de Cannes
Jeudi 15 juillet, Anne-Cécile Suzanne, agricultrice à Mauves-sur-Huisne (61), a monté les marches du Palais des festivals à…
Pour la Préfète de l’Orne, Françoise Tahéri, Maxime Le Jeanne décrit l’équipement de l’unité de méthanisation installée en 2011 au Gaec des Fossés à Moussonvilliers dans le Perche et agrandie en 2016.
La préfète appréhende le cycle complet de la méthanisation
Sur l’invitation de la FDSEA et de JA, Françoise Tahéri, préfète de l’Orne, s’est rendue mardi 6 juillet 2021, dans l’élevage de…
Les rendements en orges sont au rendez-vous de la moisson
En date de lundi 19 juillet 2021, les organismes de collecte saluent une belle avancée dans les orges et attendent les premières…
Moisson 2021
La météo pluvieuse contrarie la collecte
Lundi 26 juillet, la collecte des orges se termine mais la pluie a stoppé l’avancement des récoltes.
Catherine Pilet-Fontaine, exploitante à Ranville, Daniel Savary, salarié et Geoffroy de Lesquen, agriculteur et vice-président de la fédération des chasseurs du Calvados.
La faune sauvage préservée grâce à la barre d’effarouchement
A Ranville, Catherine Pilet-Fontaine vient de recevoir une barre d’effarouchement, financée par la fédération des chasseurs du…
Publicité