Aller au contenu principal

Une 4 secoueurs pour le prix d’une 6 !!

lll Les grilles supérieures et inférieures des petites 5 secoueurs ont les capacités à trier jusqu’à 600qx/h de grains. Le saviez-vous ? Les caissons abritant les secoueurs actuels et les secoueurs eux-mêmes sont les mêmes depuis plus de 30 ans…. Globalement, sur ces mêmes 3 décennies, les surfaces de secoueurs ont changé… à la baisse…! Quand on vous dit qu’une 6 secoueurs assure les 5ha/h, à quoi cela rime-t-il ? Franchement, jetons les bases d’une discussion sereine…

Pas de perte au grille avant 600qx/h : possible...
Un débit chantier de 5ha/h de blé de l’Yonne à 1.5t de paille/ha et 67qx. Possible ou non ? Bien sûr que oui et mon collègue de l’Yonne sera également d’accord avec moi!! Mais en Normandie, avec 4.5t/ha de paille (un peu humide en bas de tige… parce qu’il faut bien récupérer le maxi de paille!!) et 91qx de rendement ???? La tâche se complique singulièrement.
Dans le premier cas, dans l’Yonne, vous aurez du mal à charger la machine pour en obtenir une bonne friction au sein des organes de battage… En Normandie, ce sera plutôt l’inverse : faire passer autant de produit dans la machine – rappelons l’enjeu des 5ha/h soit 22.5t/h de paille – c’est une vrai gageure en terme de battage puis et surtout de séparation grain/paille… Le triage par contre, même à 91qx et 5ha/h, soit 455qx/h est éligible aux performances même des plus petites surfaces de grille des 5 secoueurs…

Le tonnage de paille/h, clef du débit chantier….
Alors où sont les limites en Normandie ? Ce sont bien les organes de séparation grain/paille qui vous dicteront les limites de votre machine…. Et rien d’autre… Le débit chantier d’une batteuse est donc bien régi par un tonnage paille/h qu’on lui demandera de trier. Il est logique de voir les hybrides et axiales assurer le spectacle  pour les records du monde ! Une séparation ultra-énergique via des rotors, c’est la clef du débit augmenté.
Ainsi, les standards sont connus et éprouvés :
- une 5 secoueurs ne pourra trier plus de 10t/h de paille brute au niveau de ses secoueurs
- une 6 secoueurs : 12t/h
- une hybride : 14 à 16t/h selon les puissances et les surfaces des séparateurs rotatifs
- une axial : 14 à 20t/h selon la puissance admis au(x) rotor(s) et leur(s) taille(s).

Des pertes aux organes de séparation… OK
Des pertes aux grilles ? Il y a un sérieux problème
Une fois les bases posées en terme de débit chantier, vous comprendrez assez bien que si  les grilles perdent avant les secoueurs, c’est que vous avez un sérieux problème… Mais où ? Il peut s’agir des grilles (pas assez ouvertes) mais généralement, vous aurez tout essayé pour tenter de résoudre le problème et rien n’y changera ! Dans 80% des cas, si vous poussez les grilles au-delà de leurs limites, c’est que vous les utilisez mal… Et que le problème ne vient pas des grilles mais bien de vos réglages batteur/contre-batteurs et souvent de votre coupe.
Le cas de figure le plus fréquemment rencontré reste un battage trop agressif sur colza, occasionnant un fractionnement intensif des tiges encombrant les grilles à l’excès rendant le triage d’autant plus compliqué que les tiges de colza sont encore vertes (génétique des hybrides oblige !). Le problème vient-il donc des grilles ou d’un battage trop rapide (régime batteur exagéré) ? Souvent jugé inutile par les vendeurs, l’option réducteur batteur est un vrai plus permettant de soigner un battage respectueux de la matière. Les régimes batteurs élevés en colza ne sont là que pour préserver votre courroie… Dommage pour le grain de colza rendu intriable, inondé dans le matelas de fragment de tiges vertes/mûres sur la grille supérieure. Battre à régime lent fractionnera peu ou pas les tiges et n’encombrera pas les grilles… CQFD.

Une 4 secoueurs pour le prix d’une 6 !
Oui, battre avec une 4 secoueurs alors qu’on en a 6 sous le capot, c’est possible et cela se voit même souvent. On peut aussi vous faire la plaisanterie ( de très mauvais goût) d’une « 2.5 secoueurs pour le prix d’une 5 ». Pourtant, c’est la réalité dans 60% des cas, alors même que la batteuse arrive neuve chez vous. Cela vaut pour les batteuses conventionnelles et hybrides. Nous n’avons qu’une chose à dire. Si vous achetez un batteur/contre-batteur de 1.6m de large, faites en sorte d’exploiter les 1.6m et non les 1.2 comme on le voit trop fréquemment. La faute à des réducteurs d’entrée au convoyeur et à des spires de coupe qui concentrent le flux de matière vers le centre du convoyeur puis du batteur, puis des secoueurs. La conséquence est archi-connue : un arrêt en charge et une visite par la trappe de contrôle au niveau des secoueurs nous montre des secoueurs 1 et 6 (sur une 6 secoueurs) vides de paille et des secoueurs 2, 3, 4, 5 surchargés… Au fait, la plaisanterie ne s’arrête pas là… Les capteurs de perte aux secoueurs sont dans 90% des cas montés sur les secoueurs 1 et 6… Mais ce détail est accessoire ! Et la visite de la belle endormie ne s’arrête pas là : si on regarde la table de préparation et les grilles une fois l’arrêt en charge opéré, on peut découvrir le pire du pire : quand la matière à trier se concentre tel un andain de 60cm de large sur 15cm de haut au centre de la table de préparation puis sur la grille supérieure, inutile de vous dire à quel point la grille calibrée pour trier 600qx/h a bien du mal à trier 250qx/h.

Formations
Les Chambres d’agriculture de Normandie organisent chaque année depuis 8 ans des sessions de formation sur le battage, depuis les réglages jusqu’à la qualité grain (taux de casse, impureté).
Vous êtes une ETA, vous êtes chauffeur en CUMA ou simplement agriculteur et avez votre batteuse, vous battez quelques dizaines d’hectares à quelques centaines d’hectares, cette formation vous aidera assurément.
Plus de 200 agriculteurs et entrepreneurs ont déjà effectué ce stage d’une journée et ont pu appréhender les limites de leurs machines pour mieux les pousser une fois au champ.
Formation dans le 27 : 21 mai
Formation dans le 61 : le 23 mai
Formation dans le 50 : le 11 juin

Inscrivez-vous auprès de Marion Letertre 02 33 31 49 99
ou marion.letertre@normandie.chambagri.fr avant le 17 mai.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

AUTORISATION CHASSE 61
Feu vert à la chasse dans l’Orne
Jeudi 5 novembre, la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage était en réunion extraordinaire. Malgré le…
SOJA NORMAND MOISSON
Le potentiel du soja prend racine
Au printemps, des éleveurs adhérents à l’OP des 3 Vallées (Danone) et des cultivateurs ont semé 29 ha de soja, en partenariat…
SCoT Caen métropole
Le futur visage de la métropole de Caen
Le nouveau SCoT de Caen métropole réduit la possibilité d’urbaniser les terres agricoles et naturelles. Une enveloppe foncière…
Pascal Desvages et Stéphane Carel Président et directeur de la coopérative de Creully (14).
Coopérative de Creully (14) : " Nos choix stratégiques sont confortés "
Malgré la crise sanitaire et autre perturbateur conjoncturel et structurel, la coopérative de Creully (14), qui tient son…
LIN ET COVID
Le lin : une filière d’excellence à l’épreuve de la Covid
80% de la production mondiale de fibre de lin teillé est d’origine européenne et la France en est le leader mondial. Outre leur…
pressoir lycée agricole Sées
Au lycée de Sées, on presse beaucoup pour le plaisir
Le pressoir de Patrick Yvard s’installe chaque année durant deux mois et demie dans la cour de la cidrerie du lycée de Sées. Les…
Publicité