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Normande
Une adolescence normande dans les concours

Le concours départemental de la race normande se déroulera samedi 22 septembre, à la foire de Caen. Une vingtaine d’éleveurs participera. Parmi eux : Mathieu Lebel, bientôt installé à Manneville-la-Pipard dans le pays d’Auge, avec ses parents.

Mathieu Lebel n’a que 21 ans. Pourtant, le jeune homme est déjà un habitué des concours. La décoration de la ferme donne le ton. Les plaques fleurissent à proximité de la stabulation comme pour rappeler à certaines laitières leur statut de bêtes de concours : ambiance compétition ! La race normande est devenue une passion pour Mathieu Lebel. La photographie de sa participation au salon de l’agriculture de Paris s’affiche donc fièrement sur les murs du salon. “C’était en 2003. Mais, je suis allé à mes premiers concours en 2000”, précise-t-il. Avant Paris, il a fallu apprendre.

Des débuts difficiles
“Quand j’avais 14 ans, je me suis promené avec mon frère au cantonal de Pont-l’Evêque. Là-bas, un voisin nous a dit qu’on avait les mêmes bêtes à la maison. On a ainsi tenté notre chance à Blangy-le-Château”. La chance du débutant ne doit pas exister en élevage. Premiers résultats : dernière et dernière. Et donc dur, dur ! Pas suffisant pour le décourager, il persiste. Avec les concours, l’expérience se cumule. “Pour ma première participation à la foire de Caen, j’avais 15-16 ans. Je transpirais énormément pour tenir la vache. Elle se présentait comme elle pouvait”, raconte le jeune agriculteur. “J’ai appris à présenter ma vache, par exemple en m’écartant des autres quand on se trouve entre deux grosses. Et surtout, il ne faut pas oublier de garder un œil sur le juge”. Le jeune parle désormais en vieil éleveur expérimenté. Pour cela, il est allé à bonne école. Il s’est formé dans deux Gaec d’Ille et Vilaine reconnus. Deux élevages qui ont obtenu le prix de championnat et la championne jeune à Paris.
Un peu plus loin des sommets, la foire de Caen regroupera 125 vaches de race normande. Mathieu Lebel s’y rendra avec deux ou trois animaux. Il y va par passion et non par tradition familiale. “Cela prend du temps sur une exploitation. Depuis le début, pour mon père : ok, je peux aller aux concours, mais il faut que je me débrouille”. L’éleveur est tombé amoureux de la normande par le biais des concours. Mais, le coup de foudre remonte aux années 96-97. Après le passage de l’inséminateur, une vache est déclarée MP. “J’ai posé la question à l’inséminateur pour savoir que cela signifiait mère à taureaux. A ce moment-là, j’ai eu un déclic pour la normande. Je me suis intéressé à la génétique”. Ironie de l’histoire, c’était presque contraint que son père avait développé le cheptel normand. Ce choix a finalement été dicté par la mise en place des quotas laitiers.Des normandes pour la viande
“En 84, nous avons eu 100 000 l de dépassement, une abondance de vaches et beaucoup d’herbe à valoriser. Nous avons décidé de baisser le volume de lait par vache, tout en profitant au mieux des prairies. Je n’avais pas d’amour propre à la normande”, explique Michel Lebel. Son idéal, c’était pourtant : “un minimum de vaches, un minimum d’herbe et un maximum de labour”. Les normandes et leur mixité ont finalement réussi à faire leurs preuves. Mathieu s’installe en octobre. Il n’y aura pas de réforme cette année. L’achat d’amouillantes est également programmé.  Avec lui, la surface de l’exploitation passera de 110 à 130 hectares, le quota de 260 000 à 500 000 litres et le cheptel de 40 à 80 têtes. Le tout autour de la normande et de la génétique !
V. Motin

Le Gaec Lebel


- 1979 : Installation de Michel et Marie-Hélène Lebel
- 2007 : Installation en octobre de Mathieu.
- 130 hectares
- 500 000 litres de lait.

WN19B2Q7.pdf (1.35 Mo)
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Le PDF de l'article paru le 13 septembre dans Réussir-l'Agriculteur Normand
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