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Décapage thermique des bétons
Une alternative au rainurage

Le rainurage des bétons pour les rendre moins glissants, vous connaissez. Mais il existe une autre alternative : le traitement thermique par chauffage à 3 000o C. Quelques éleveurs de l’Orne l’ont adopté.

Côté bétons glissants, Denis Mousset (éleveur à St-Germain-de-Martigny-61) a donné. D’une échelle qui dérape, ce qui lui a valu deux jambes cassées, jusqu’à trois vaches laitières réformées la même année pour cause d’accident de glissade, il lui fallait impérativement trouver le bon remède. Le rainurage n’a pas suffi En 2002, il fait rainurer toute la stabulation construite en 1998. Légère amélioration mais ça glisse toujours un brin entre des rainures qui ont tendance à se colmater rapidement. C’est alors qu’il entend parler du traitement thermique des bétons et décide de l’expérimenter sur 20 m2. Essai concluant qui l’amène à traiter les 600 m2 rainurés 4 ans auparavant. Plus aucun problème de glissade désormais sous le sabot des vaches laitières. Aucun accident n’a été à déplorer et Denis Mousset précise même que la détection des chaleurs s’en trouve facilitée. Sur ce sol sécurisé, les vaches se chevauchent plus ostensiblement. Durable dans le temps ? Convaincu par cette technique qui demande cependant à être confirmée dans le temps, Denis Mousset s’en fait l’ambassadeur. "Il faut la promouvoir auprès des agriculteurs. Ceux qui se posent des questions peuvent m’appeler sur mon portable(1)". Notre éleveur de St-Germain-de-Martigny a d’ailleurs fait des émules dans son voisinage. La semaine dernière, c’était au tour de Michel Lemaître (producteur de lait à St-Léger-sur-Sarthe) de brûler ses bétons. Un chantier vite mené qui a transformé dans la journée un sol glissant en plate-forme légèrement granuleuse. Il faut impérativement prendre quelques précautions et faire réaliser le chantier par un professionnel (ils sont deux en France). Avant brûlage, il faut nettoyer les surfaces (à l’eau chaude et au nettoyeur haute pression) et passer une soufflerie. Il faut bien évidemment parallèlement sécuriser les alentours pour éviter tout risque d’incendie. A noter enfin que le brûlage aurait également un effet positif sur le microbisme ambiant. Il est vrai qu’à 3 000c, nous sommes bien au-delà de la stérilisation. Reste que le traitement thermique des surfaces est plus onéreux que le rainurage. Plus cher mais plus durable dans le temps ? Après 4 ans de pratique, on ne dispose pas encore du recul nécessaire pour en juger. Il faudra patienter encore un peu. Et puis il y a rainurage et rainurage fait-on remarquer du côté des GDS (Groupement de Défense Sanitaire). Là aussi, il faut faire appel à des professionnels reconnus pour leur savoir-faire. Th. Guillemot (1) : avec son autorisation, nous vous communiquons le numéro de téléphone de Denis Mousset : 06 88 88 02 01.Un choc thermique violent Deux entreprises en France se sont spécialisées dans le décapage thermique appliqué à l’agriculture. Dans le Grand Ouest, il s’agit de Tounet Décapage thermique(1). Imaginé à l’origine pour décalaminer des plaques métalliques, le procédé apparaît comme un procédé d’élimination des revêtements (carrelage, peinture, pierre...) sur des supports variés. Il consiste en un choc thermique violent qui permet de faire remonter les graisses incrustées sur quelques millimètres afin de les brûler et de les vaporiser. L’élimination de ces dépôts superficiels s'effectue en surface et sans chauffage à cœur, ce qui pourrait être néfaste pour le matériau traité. Le décapage thermique fonctionne avec un brûleur, une buse et une panoplie de tuyaux. L’élément de base est le brûleur oxy-tétrène sur lequel sont fixées des buses de type "à mélange dans la tête". La chambre traditionnelle de mélange oxygène-combustible a été remplacée par une série de chambres très petites correspondant à autant de dards. La rentrée de flamme devient ainsi quasiment impossible. Sécurité oblige ! Les largeurs de travail varient de 250 à 500 mm. (1): Luc Papeta Réhel 56800 Ploermel. Tél. 02 97 93 63 83. Portable. 06 20 01 48 74. Fax. 02 97 93 63 40. Mail. lucpapeta@aol.com
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