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Franck Labarrière, Eleveur à Varaville (14)
Une année blanche pour passer le cap

Jeune agriculteur et éleveur de vaches allaitantes en Gaec à Varaville (entre Caen et Cabourg), Franck Labarrière manifestera demain bd Koenig à Caen à partir de 10 h 30. Il répond ainsi présent à l’appel à la mobilisation (toutes productions confondues) lancé par la FRSEA, JA et les FDSEA. Au chapitre de ses revendications prioritaires : une année blanche pour l’aider à passer le cap.

Toutes les productions agricoles sont victimes d’un effet ciseau. Les charges ont fortement augmenté ces derniers temps alors que les prix payés aux agriculteurs se sont écroulés.
Toutes les productions agricoles sont victimes d’un effet ciseau. Les charges ont fortement augmenté ces derniers temps alors que les prix payés aux agriculteurs se sont écroulés.
© TG

Comment a évolué votre revenu depuis votre installation en 2003 ?
Il s’est fortement dégradé, plus particulièrement ces trois dernières années : - 10 % en 2007, - 15 % en 2008 et sans doute encore plus en 2009 même si les comptes ne sont pas encore finalisés. Pourtant, nous avons avec mon associé investi pour nous développer. Nous sommes passés de 60 à 110 vaches allaitantes. Il y a du boulot pour 3 mais pas question d’embaucher dans cette conjoncture. 

Cette conjoncture justement, vous l’expliquez comment ?
Toutes les productions agricoles sont victimes d’un effet ciseau. Les charges ont fortement augmenté ces derniers temps alors que les prix payés aux agriculteurs se sont écroulés. Le blé que je vendais 150 e/t l’an dernier est tombé à 100 e cette année et il n’y aura pas de complément de prix. Le broutard que je vendais 825 e/tête en 2008 s’est négocié à 725 e cette année. Il faut y ajouter d’autres éléments comme la vaccination FCO : ça m’a coûté 10 e/UGB soit une facture totale de 2 500 e, autant de revenu en moins.

Comment faites-vous pour tenir dans ces conditions ?
Nous avons la chance de produire 20 à 25 bœufs par an, un créneau sur lequel les cours ont été moins chahutés. Nous vendons également du foin et cela nous a aidés mais nous approchons tous dangereusement du taquet. Les problèmes de trésoreries dans les exploitations sont de plus en plus récurrents.

Qu’attendez-vous concrètement des pouvoirs publics ?
Une année blanche. En d’autres termes, la prise en charge par l’Etat des intérêts d’emprunt. C’est indispensable pour passer ce cap 2009. Je pense également à une année blanche en terme de cotisations sociales et au remboursement de la TFNB.

Une demande que vous avez chiffrée au niveau de votre exploitation ?
Les annuités d’emprunt au niveau du GAEC s’élèvent à 58 000 e dont 12 500 e d’intérêts. Des emprunts liés à la mise aux normes imposées par la France et à l’obligation de moderniser notre outil de production pour répondre aux contraintes environnementales, aux normes sanitaires, aux obligations de traçabilité...

Au delà de cette année blanche, quelles sont les autres leviers à actionner pour éviter un quasi dépôt de bilan agricole ?
Des pistes sont à explorer quant à la réduction du coût du travail pour faire face aux distorsions sociales au sein de l’Europe. Il faut également lever le pied sur les contraintes franco-françaises. Nous devons nous battre encore pour obtenir le remboursement de la TIPP et de la TICGN. Il faut rester vigilant par ailleurs sur les pratiques commerciales et sur l’évolution du dossier carbone...

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