Aller au contenu principal

Lin
Une baisse de 35 % des emblavements préconisée pour la prochaine saison !

Après une croissance régulière depuis plus de cinq ans, la situation se complique sérieusement du côté du marché du lin. Les professionnels de la filière veulent réagir vite. Explications.

Pour ne pas tomber dans la crise, la réduction d’emblavements s’impose !
Pour ne pas tomber dans la crise, la réduction d’emblavements s’impose !
© DR

Ce n’est pas la première fois que la filière toute entière se mobilise pour faire face à l’atonie du marché du lin. Mais, cela faisait plus de sept ans pratiquement que la culture de la petite fleur bleue n’avait connu pareil recul en terme  de marché. “Même si la situation n’est pas facile à vivre aujourd’hui, les acteurs de la filière ont toujours su faire preuve de responsabilité et d’engagement pour faire face, ensemble, à ce type de situation” explique Jean-Louis Maurice, le président de la section lin de la FDSEA de l’Eure.             

Ce responsable n’est d’ailleurs pas homme à reculer devant les difficultés sans réagir. C’est aussi “la” qualité de cette filière et des hommes qui la compose. C’est pourquoi, quand l’ AGPL* lance un mot d’ordre de réduction des emblavements (à hauteur de 35 % !), chacun des acteurs concernés mesure parfaitement l’importance de l’enjeu.

Quand les chinois n’achètent plus...

Comme le rappellent les responsables de l’AGPL, trois points peuvent aujourd’hui expliquer cette crise autour de la production. A commencer par la chute brutale de la demande depuis un an et, en parallèle, un niveau élevé des stocks de lin teillé.

“Il est indiscutable que la très forte et très soudaine chute des commandes par nos acheteurs chinois nous pénalise vraiment” explique Jean-Louis Maurice qui s’interroge sur cette soudaine désaffection... “Ont-ils sur-investi dans les capacités de la filature durant ces cinq dernières années face à une demande mal appréhendée des consommateurs ? C’est possible mais c’est aussi peut être le fait d’une stratégie liée à la conquête “presque systématique” de parts de marché sans tenir compte vraiment du marché final...” Difficile d’y voir clair, en effet, quand sur l’exercice 2006/2007, les acheteurs chinois achetaient encore près de 100 000 tonnes de lin français.

Quand le textile est à la peine...

Dans le prolongement de cette “attitude” chinoise, il y a la chute de la consommation textile, en particulier aux Etats-Unis. “Cela colle avec l’actualité mondiale du moment” précise encore le responsable de la section lin... “La crise des subprimes l’an passé a directement entraîné une chute de la consommation américaine au cours de ce premier semestre 2008.       Et les affaires, comme vous pouvez le constater vous même, ne s’arrangent pas !” Seulement, voilà : les Etats Unis sont le premier débouché, en terme de consommation du lin européen, avec 45 %. Et la consommation textile est loin d’être dynamique sur le vieux continent, un marché qui pourtant représente 35 % des ventes du lin.

Et quand les monnaies s’en mêlent...

Par ailleurs, pour expliquer cette crise, il y a la dépréciation du dollar face à l’euro. Une parité largement en défaveur de notre monnaie. “Pour rappel, l’euro s’est échangé jusqu’à 1,60 dollar ! Et même au niveau actuel de notre monnaie, il y a plus de 15 % de décalage par rapport à l’an passé. Alors, évidemment, quand la Chine achète ses matières premières en dollar, notre compétitivité est bien compromise !” affirme Jean-Louis Maurice.

Si la stratégie des filateurs et des tisseurs chinois est difficilement compréhensible, la seconde vraie raison qui “pèse” sur la situation de la filière, c’est le niveau de stocks très élevé... “Et, dans le même temps, nous enregistrons une bonne récolte 2008, tant en qualité qu’en quantité. Evidemment, nous n’allons pas nous en plaindre. Seulement, l’offre théorique est aujourd’hui proche des 134 000 tonnes et elle  doit être mise en face d’une demande qui se situerait à 86 000 tonnes. A l’analyse de ces deux chiffres,   il y a urgence à réagir si nous ne voulons pas subir une chute dramatique des cours...”

50 000 ha à atteindre en 2009

Ainsi présentée, la situation doit faire l’objet d’une mobilisation de tous les acteurs de la filière.  Jean-Louis Maurice en est persuadé et, comme tous ses homologues de l’AGPL, préconise une baisse significative des emblavements. 

“L’an passé, nous étions à 67 000 ha emblavés. Notre objectif est de les ramener à 50 000 ha. Il faut que cette baisse soit répartie de manière équilibrée et solidaire entre les régions, les entreprises et les liniculteurs. 

En jouant ainsi le jeu, la baisse serait de 35 % sur la moyennes des cinq dernières années. Cette baisse serait ramenée au niveau des entreprises qui la géreraient. C’est pourquoi, nous demandons aux liniculteurs d’être en contact avec les teilleurs dès maintenant.”   

Et Jean-Louis Maurice de conclure : “Je connais le courage et l’exemplarité des entreprises et je ne doute pas un instant qu’ils suivront ce mot d’ordre  dans l’intérêt de toute la filière !”

*AGPL : Association générale des producteurs de lin.

Retrouvez des graphiques sur la situation du marché du lin

dans l'édition papier de l'Eure agricole 

du 2 octobre 2008

page 4

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Une 1re rencontre de femmes agricultrices a eu lieu mardi 16 juin 2026 à Vire, dans le Calvados, à l'initiative de la FDSEA 14.
Être agricultrice en 2026, c'est être partout à la fois
La section des agricultrices du Calvados (FDSEA) a organisé son 1er événement "Viens me raconter ça au déjeuner", mardi 16 …
Dans cet épisode de canicule, les agriculteurs doivent "jouer la prudence sur tout le territoire normand, pour préserver les hommes, le matériel et éviter des départs de feu incontrôlables" lors des moissons, souligne Sylvain Delye, président de la FDSEA de l'Orne.
Canicule 2026 : les moissons entravées par des interdictions dans certains départements normands
Les premières interdictions de travaux dans les champs sont tombés en ce début de semaine à cause du risque d'incendie au cours…
La passion de l'élevage partagée en famille chez les Debons, notamment quand le prix de l'élevage récompense leur travail, ici à Vire le 13 juin 2026.
Blonde d'Aquitaine : Stéphane Debons se prépare au concours à Saint-Hilaire-du-Harcouët
Stéphane Debons, éleveur installé avec son frère David à Noron-l'Abbaye (région de Falaise), devrait emmener cinq ou six animaux…
Mardi 30 juin, près de sept hectares de parcelles agricoles ainsi qu'une moissonneuse-batteuse ont pris feu dans un champ de Val-au-Perche. Le préjudice sur les cultures est estimé à plusieurs milliers d'euros.
La moissonneuse prend feu et 7 ha partent en fumée : dans l'Orne, c'est l'heure de l'expertise
Mardi 30 juin 2026, près de sept hectares de parcelles agricoles ainsi qu'une moissonneuse-batteuse ont pris feu dans un…
Alban Gosselin, originaire de la Manche, finit premier sur le podium du concours de jeunes présentateurs, au côté des juges du jour.
Alban Gosselin, consacré meilleur jeune présentateur à Vire
Le concours jeunes présentateurs a consacré Alban Gosselin, jeune éleveur de 18 ans de la Manche, au festival de l'élevage de…
Les ventes PMS se déroulent en dehors du territoire normand.
Journées PMS 2026 : la relève normande donne rendez-vous à Frossay
Grand rendez-vous de la génétique normande, les Journées PMS se dérouleront les 1er et 2 juillet 2026 au GAEC des Sept-Lieux, à…
Publicité