Aller au contenu principal

Stéphane Hamon (directeur de la SAFER de Basse-Normandie)
Une culture d’entreprise avec des méthodes de travail partagées

Stéphane Hamon, qui a succédé il y a quelques semaines à Hubert Séjourné à la direction de la SAFER de Basse-Normandie, a mûri au gré de son expérience son projet d’entreprise. Rencontre avec un juriste, spécialisé en droit européen, qui a planché dès 1992 avec intérêt sur les incidences financières de la réforme de la PAC.

.
.
© TG

Quel est votre parcours ?
Après une formation juridique en droit européen à Strasbourg, j’ai intégré en novembre 1992 la SAFER du Centre, à Blois. Pendant 6 ans, j’y ai occupé les fonctions de chargé juridique et du développement. En avril 1998, j’ai rejoint la SAFER Rhône-Alpes (8 départements) où j’ai appris le métier de terrain en tant que directeur départemental. J’ai quitté l’Ain en avril 2004 pour l’Auvergne pour le poste de directeur adjoint de la SAFER. Epoque durant laquelle j’ai fait la connaissance d’Hubert Séjourné. Nous nous sommes vite aperçus que nous partagions la même approche du marché foncier. C’est ainsi que j’ai posé mes valises en septembre 2005 à Caen pour prendre la responsabilité du département du Calvados, puis celle de la région.

Quel regard portez-vous sur cet outil SAFER ?

Je n’aime pas ce terme d’outil. Il est réducteur et sous-estime la capacité des SAFER à imaginer, à proposer, à développer de l’ingénièrie foncière. Par ailleurs, ce terme tend à ignorer l’énergie dépensée sur le terrain, notamment par ceux qui travaillent à la SAFER pour bâtir des compromis sur des sujets fonciers parfois épineux. Nous sommes aussi un lieu de réflexion entre professionnels et élus d’où émergent des décisions concrètes qui concernent des individus.

Par exemple ?
Concrètement, dans l’Ain par exemple et c’était une première, nous avions mis en place un dispositif d’aide au stockage en faveur de l’installation des jeunes
agriculteurs. Il s’agissait, pour la SAFER, de maîtriser le foncier, voire d’acquérir l’exploitation, pour assurer la transition entre le cédant et le repreneur le temps
nécessaire. La réussite d’un tel dispositif est conditionnée par l’aide publique mais aussi par la relation de confiance existante entre les collectivités territoriales qui le financent et l’organisme qui le gère.

Une expérience transposable en Basse-Normandie ?

Elle existe depuis 21 mois dans le Calvados. 21 jeunes agriculteurs ont déjà pu en bénéficier. Notre objectif, avec le président Jean-Pierre Fontaine, est désormais de l’étendre à l’Orne et la Manche.

Le marché foncier est très convoité par des non-agriculteurs. A un moment où l’on évoque la crise alimentaire, n’y-a-t-il pas danger?

Auparavant, nous avions une attitude d’opposition systématique. Un de mes anciens présidents revendiquait sans cesse : “la terre aux agriculteurs”. Ce message avait le mérite d’être clair mais ne réglait en rien la problèmatique financière. Là encore, c’est mon expérience qui parle. En Rhône-Alpes, zone frontalière, de nombreuses propriétés étaient convoitées par des fortunes suisses. A force de dialogue et de persuasion, nous avons réussi à concilier leur goût pour la nature avec celui d’une agriculture durable génératrice de biens alimentaires. Nous avons utilisé un outil de mise à disposition débouchant sur un bail rural. Chacun y a trouvé son compte. Un tel système peut s’avérer utile dans notre région. Je pense particulièrement au Pays d’Auge, à la bande côtière ou bien encore aux secteurs périurbains.

Quels sont vos principaux traits de caractère ?
J’attache une grande importance à l’homme et à la notion de relation de confiance. Relation de confiance au sein de nos équipes mais aussi vis-à-vis des professionnels et des élus locaux. Je crois aussi au travail en équipe et aux partenariats entre OPA.

Quels sont enfin vos objectifs ?
Je souhaite insuffler une culture d’entreprise avec des méthodes de travail partagées avec le président et son conseil d’administration. Il nous faut aussi œuvrer en permanence à l’amélioration de notre fonctionnement interne. En résumé, je souhaite une équipe motivée qui a le soutien de la profession.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Contrairement à la FCO, il n'existe pas encore de vaccin contre le Shamonda Europe.
Le nouveau virus détecté sur des bovins dans la Manche et le Calvados
Un premier foyer de Shamonda Europe a été constaté dans un élevage du centre de la Manche, sur trois vaches. Cette nouvelle…
Dans le maïs, Jean-François Osmond explique au préfet de la Manche Marc Chappuis les dégâts subis par la culture en raison de la sécheresse et de la canicule.
Sécheresse : l'alerte rouge s'étend dans la Manche
Jour après jour, la ressource en eau devient un peu plus précieuse. Le préfet de la Manche, Marc Chappuis a pris de nouvelles…
Après une année 2025 exceptionnelle pour la pomme à cidre, l'année de retour de production est pénalisée.
Le ramassage des pommes envisagé dès le 15 août en Normandie
Fruits qui tombent, fruits brûlés, fruits secs... les fortes chaleurs bousculent aussi les pommiers pourtant pourvus de profondes…
Les bouteilles du Pastis du verger s'alignent dans la boutique de la micro-distillerie, près de Caen. On y trouve aussi gin, vodka, cold brew, limoncello.
Le meilleur pastis du monde pris dans un embouteillage
La micro-distillerie C'est Nous trace son bonhomme de chemin depuis dix ans. Pour franchir la marche suivante, la Région…
Cette année, les Jeunes Agriculteurs de Messei accueillent la Fête de la terre, le week-end des 29 et 30 août à Saires-la-Verrerie, à 8 km de Flers.
Le programme de la Fête de la terre près de Flers
La 48e Fête de la terre se tiendra le week-end des 29 et 30 août à Saires-la-Verrerie, à 8 km de Flers. À cette…
Au concours d'arrondissement d'Avranches le 8 juillet, Nicolas Avenel remporte le championnat mâle et femelle ainsi que le prix d'ensemble. Il est suivi de près par Olivier Lejamtel de Le Mesnil-Ozenne. Les deux hommes ont la même passion. D'ailleurs, le bélier présenté l'année dernière au Salon de l'agriculture à Paris par Nicolas Avenel est devenu champion. Il provenait de l'élevage de son collègue.
200 animaux attendus pour fêter les 200 ans du Comice agricole de Brécey - Saint-Pois
L'année 2025 aurait dû marquer les 100 ans de la race Cotentine au comice agricole de Brécey-Saint-Pois. Ce sera le cas en 2026…
Publicité