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Miscanthus
Une diversification en attente d’organisation

Alain Blandin, agriculteur à St-Loup près d’Avranches (50), a récolté pour la seconde année consécutive ses 5 ha de miscanthus le 15 avril dernier. Arrêt sur une diversification en attente d’organisation.

A sa connaissance, Alain Blandin doit être le seul “miscanthusiculteur” de la Manche. Une tentative de diversification qui a démarré en 2007, guidée par son conseiller de gestion. 

Des terres qui se libèrent
Problématique de départ : que faire de terres qui se libèrent suite à la création d’une SCL (Société Civile Laitière) ? La première réponse qui vient à l’esprit : du blé ! Mais s’agit-il d’une solution économiquement pertinente et matériellement, en terme d’organisation de travail pour un éleveur, judicieuse ?
Après avoir phosphoré, Alain Blandin a opté pour le miscanthus. Economiquement, il n’est pas sûr de son coup. Il existe même une part de risque avec un investissement de départ de 3 500 e/ha rien qu’en plants. A contrario et en terme de simplicité et de fonctionnalité, il n’y a pas photo. Le miscanthus, une fois implanté et après un broyage en première année, ne demande aucune intervention autre que sa récolte. Remisés l’épandeur d’engrais ou la tonne à traiter (sauf un passage juste après l’implantation) et durablement. En Angleterre par exemple, les premières parcelles implantées ont plus de 15 ans d’âge. Le 20 avril 2007, notre éleveur implante donc 5 ha d’herbe à éléphant (l’autre appellation du miscanthus) dans une parcelle “éloignée du siège d’exploitation. On n’a pas besoin d’y aller souvent, justifie-t-il. Et peu importe la nature du terrain, ce qui compte, c’est sa portance. Il faut pouvoir récolter au printemps”. Désherbage aussitôt après, puis, broyage après l’hiver 2008.

Un potentiel de 15 t/ha
La première récolte s’est déroulée au printemps 2009 : 6 à 7 t/ha soit 50 % du potentiel. Potentiel atteint en 2010 avec 13 t/ha. Le miscanthus se récolte avec une ensileuse tout ce qu’il y a de plus classique, équipée cependant d’un bec rotatif. Au volant de la Claas, le chauffeur de la Cuma n’éprouve aucune difficulté particulière dans son chantier, abstraction faite d’un nuage de poussière qui n’a rien de volcanique mais qui empêcherait quand même un avion d’approcher.
Côté stockage, on reste dans le classique. Le miscanthus est mis en tas (sans être tassé) puis bâché. Récolté à moins de 15 % d’humidité, il ne chauffe pas. 

De multiples usages
Les usages du miscanthus sont multiples. Il constitue une excellente litière pour poulaillers ou chevaux avec un pouvoir absorbant supérieur à une paille de céréale. Il protège également efficacement  des mauvaises herbes les massifs ornementaux et les plates-bandes fleuries. Il suffit pour s’en convaincre de visiter le jardin d’Alain Blandin duquel les locataires du gîte rural ne tarissent pas d’éloges.
Autre usage : en tant que combustible. Avec ses 15 % d’humidité maximum, son pouvoir calorifique est meilleur que le copeau de bois (45 %). C’est d’ailleurs sur ce créneau que mise le plus Alain Blandin. Car, côté litière et même si le sud Manche est fertile en poulaillers, les aviculteurs auront vite compris qu’il leur est préférable d’implanter eux-mêmes  quelques hectares de miscanthus pour subvenir à leur besoin. Par contre, avec la mode du bois énergie et sans s’y opposer, une telle diversification peut jouer la carte de la complémentarité. Notre éleveur en est convaincu : “une haie, ça ne pousse par aussi vite que ça”. Alors le miscanthus peut constituer une sécurité d’approvisionnement dans des circuits énergétiques courts, durables et écologiques.

Organiser la filière
Reste que si la miscanthus pousse quasiment tout seul, l’organisation d’une filière ne se fait pas d’un claquement de doigts. C’est sur cette nécessité d’organiser l’amont et l’aval qu’insiste Alain Blandin.
Seul “miscanthusiculteur” de la Manche et même s’il travaille en collaboration avec un opérateur privé (NovaBiom), il souhaiterait que les OPA, les élus professionnels et politiques (...), se penchent un peu plus sur cette opportunité de diversification.

Pour commander
Si vous souhaitez acheter du miscanthus litière (en petite
ou grosse quantité), acheter des plants ou simplement disposer d’informations supplémentaire,
contactez Alain Blandin au 06 24 09 38 02
alainblandin@wanadoo.fr
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