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Prairies
Une gestion simple et difficile à la fois

Les « prairies » sont stratégiques pour notre secteur car elles répondent à des enjeux majeurs pour le maintien et la performance de l’élevage français ainsi que la préservation de l’environnement. Mais alors, pourquoi constate-t-on une réduction des surfaces en herbe et de la part du pâturage dans la ration ?

© CRAN

Et si la prairie faisait « peur » aux éleveurs ?
Technique et complexe, variable quantitativement et qualitativement, dépendante du climat, avec des troupeaux grandissants, la gestion de l’herbe n’est pas un long fleuve tranquille et ferait même parfois peur aux éleveurs !
De nombreuses enquêtes ont été réalisées sur ces dix dernières années sur la perception de l’herbe par les éleveurs. Leurs analyses convergent toutes vers les mêmes constats. Les points positifs de la prairie sont largement cités par les éleveurs : économie, environnement, valeur alimentaire, simplification travail, bien-être animal. Mais de nombreux freins existent qui semblent difficiles à lever.

Des inconvénients, mais…
L’inconvénient majeur, partagé par l’ensemble des éleveurs est la dépendance au climat : « on est fortement tributaire de la météo », « ça dépend du temps, aussi bien les excès de pluviométrie que les manques d’eau ».
Le second inconvénient technique le plus évoqué, et qui est directement lié au premier est la complexité de gestion des prairies : « l’herbe, c’est très dur à maîtriser », « c’est un éternel combat », « la gestion du pâturage est tarabiscotée… celle des récoltes aussi ! », « il faut toujours s’adapter, c’est lourd ».
En parallèle à cette difficulté, les éleveurs notent la technicité que leur apporte la gestion de l’herbe, technicité que certains disent apprécier malgré tout : « c’est jamais facile, mais c’est plus intéressant ». Quelques éleveurs notent aussi que la gestion des prairies est surtout difficile au début, quand on manque d’expérience, mais qu’ensuite « on s’y fait » et que « ça fait moins peur ». 
Enfin, le troisième inconvénient
technique le plus cité et qui est
également étroitement lié aux deux précédents est la variabilité en qualité et en quantité de l’herbe au cours d’une même année et d’une année sur l’autre : « une année ne fait pas l’autre », « on n’a jamais deux fois le même foin », « en récolte de foin, on peut varier de 1 à 3 selon l’année ».
D’autres freins techniques ont été évoqués mais moins fréquemment comme le travail, la difficulté à faire durer les prairies, la faible portance des sols ou encore les problèmes de ravageurs.Et de fait une diminution modérée du pâturage est constatée. Entre 2008 et 2016, une baisse de 11 % (de 71 à 60 %) des vaches qui pâturent de manière significative est observée (celles qui ont au-delà de 20 ares par vaches). De plus, les vaches qui ont moins de 10 ares sont passées de 12 à 20 %. Dans les zones de plaine, le pâturage assure généralement l’essentiel de l’alimentation des vaches au printemps grâce à la mise à disposition d’une surface comprise entre 20 et 40 ares par vache : cette modalité s’est pourtant réduite de 7 % en 8 ans.
Pas de baguette magique !
Face aux multiples éléments de variation influençant la prairie et son exploitation, il n’y a pas de baguette magique.
L’offre d’accompagnement autour « prairie » est aujourd’hui très variée. La forme du conseil et les outils sont multiples. De la réassurance semble toutefois toujours nécessaire par rapport à la sécurité alimentaire, au rendement et à la complexité de gestion par :
- Des références par système et locales
Des outils: informatisés ou pas (des observatoires de la pousse de l’herbe, des guides)
- De la presse spécialisée (OCH publiés dans la presse agricole normande en saison de pâturage)
- Du conseil pour prise de décision à des périodes clés
- Des changes entre éleveurs
- Des formations continues

Le retour en force de la prairie au cœur des préoccupations sociétales vient renforcer aujourd’hui son caractère incontournable. De nombreuses ressources existent pour aider à mieux maîtriser l’herbe. Alors n’ayez plus peur de l’herbe… et soyez serein pour attaquer cette nouvelle saison de pâturage.

Projet Val’herbe

Les éleveurs sont en demande de références et de conseils pertinents sur le vaste sujet de la «Prairie». Aussi, pour y répondre, les fermes expérimentales, les Chambres d’agriculture et l’Idèle travaillent en réseaux sur ce sujet depuis des années ; les références, les savoir-faire, les méthodes et outils... sont foisonnants. Néanmoins, ces ressources manquent de consolidation, de valorisation et d’appropriation à grande échelle, par les agriculteurs en premier lieu.
Le projet Val’herbe, qui durera 2 ans, permettra de travailler deux problématiques :
- contribuer à maintenir et mieux valoriser les prairies dans les systèmes bovins français, pour renforcer la multi-performance des exploitations d’élevages de ruminants et donc leur maintien ainsi que celui des filières
- Améliorer la performance des modes de transfert du réseau des fermes expérimentales des Chambres d’agricultures associées au sein de
F@ARM XP, innover dans la capitalisation et le transfert des références.

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