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Jean Turmel (Responsable de la section LAIT de la FRSEA de Basse-Normandie)
Une hausse du prix du lait qui profite à tous les producteurs

Le Comité national interprofessionnel de suivi du prix du lait s’est réuni le 11 janvier dernier. Selon les modalités de l’accord de janvier 2006, négociées entre les trois fédérations (FNPL, FNCL et FNIL), les indicateurs de marché font ressortir un impact de + 2,71 e/1 000 litres sur le premier trimestre 2007. Par ailleurs, il a été négocié un ajustement positif au titre des PGC (Produits de Grande Consommation) écoulés sur le marché français de + 1 e/1 000 litres sur le premier trimestre. Ce qui représente un gain de 7 Me en faveur des producteurs. Au global, la recommandation pour l’évolution du prix du lait au premier trimestre 2007 est donc de + 3,71 e/1 000 litres. L’analyse de Jean Turmel, responsable de la section lait de la FRSEA de Basse-Normandie.

Cette hausse (7 millions d’euros pour la ferme laitière française) est la conséquence d’une politique professionnelle volontariste de maîtrise de la production qui a donné des effets favorables sur les marchés.
Cette hausse (7 millions d’euros pour la ferme laitière française) est la conséquence d’une politique professionnelle volontariste de maîtrise de la production qui a donné des effets favorables sur les marchés.
© TG
Le prix du lait renoue avec la hausse. Est-ce à dire que l’accord de janvier 2006 vous donne raison ? Jean Turmel. Si nous assistons à une hausse aujourd’hui, c’est parce que nous avons accepté de prendre des risques l’an dernier. Et croyez-moi, il n’a pas été facile à l’époque d’expliquer une baisse et de reconnaître que 20 % du lait était mal valorisé. Certains parlaient même de trahison. Pour nous, il s’agissait de réalisme qui tenait compte de la réforme de la PAC . En assumant nos responsabilités et une fois la réforme de la PAC en place, nous pensions bien y retrouver nos billes. Pan sur le bec de vos détracteurs qui en décembre dernier affirmaient que "vous œuvriez pour la baisse du prix du lait" ? Cette hausse est une victoire syndicale de la FNPL (Fédération Nationale des Producteurs de Lait, section spécialisée de la FNSEA) à double titre. Il y a tout d’abord les + 2,71 e/ 1 000 litres. Ils sont la résultante de notre capacité à négocier des modalités de fixation du prix du lait qui tiennent compte de la réalité des marchés. Négociations qui ne datent pas d’hier. Souvenons-nous de la mise sur pied de Modal’Prix en 1997 qui a précédé l’accord de janvier 2006. Avant cette approche technique, les producteurs de lait subissaient systématiquement les baisses, rarement les hausses. Où êtes-vous allés chercher l’euro supplémentaire d’augmentation ? Il est le fruit de la pression syndicale que les FDSEA et les JA, répondant au mot d’ordre national, ont exercé en décembre dernier auprès de la Grande Distribution pour faire reconnaître la bonne tenue du marché des PGC (Produit de Grande Consommation). Cette action démontre la nécessité de disposer d’un réseau national organisé. Comment en effet faire fléchir les entreprises sans ce rapport de force ? Et l’avenir ? Le marché ne devrait pas se détériorer mais nous devons rester unis et ne pas baisser la garde. Ce début d’année 2007 est le symbole de la fin des conséquences directes de la réforme de Luxembourg mais la FNPL entend rester particulièrement vigilante et présente dans les débats européens pour défendre un modèle laitier dans lequel le libéralisme à tout crin ne doit pas être de mise. Pour l’instant présent, je me réjouis que cette hausse du prix du lait profite à tous les laitiers.Lettre ouverte aux producteurs de lait Cher(e) Collègue, Alors que se profilent dans quelques jours des élections professionnelles fondamentales pour notre métier, des attaques incessantes sur l’action de la FNSEA, des JA et de la FNPL fleurissent et des surenchères démagogues surgissent de toutes parts. Bien sûr, ces procédés sont classiques et ne sont guère étonnants de la part de gens qui n’ont jamais rien fait d’autre pour le secteur laitier que de se plaindre sans agir, de réclamer 400 €/1 000 l à la terre entière sans qu’ils ne sachent eux-mêmes comment ils pensent pouvoir y arriver. Toutefois, trop, c’est trop et il est des limites à ne pas franchir dans la démagogie et le mensonge. Nous ne pouvons pas voir amenés comme cela les producteurs de lait dans une impasse sans réagir. Que reproche-t-on, au juste, à notre syndicalisme ? Nous serions, tout d’abord, les soi-disant responsables des baisses de prix du lait et les soi-disant complices des laiteries dans la libéralisation de la filière laitière européenne. N’est-ce pas une accusation un peu courte ? Il est facile de faire abstraction des décisions de politique agricole européenne et de fermer les yeux sur les conséquences néfastes des accords de Luxembourg. Il est facile d’oublier que les laiteries proposaient 18 €/ 1 000 l de baisse annuelle début 2004 et rappelaient partout que l’aide directe laitière était calculée pour compenser 60 % de la baisse des prix. Il est facile d’oublier que coexistaient en France des producteurs dans des laiteries très bien lotis et des producteurs en rupture de collecte. C’est dans ce contexte que nous avons organisé en hiver 2004, en été 2004 et en été 2005, les vastes mouvements qui ont permis de limiter la casse, de maintenir un cadre de prix national et surtout de permettre à tous les producteurs de lait, partout en France, de continuer à être collectés. De même, c’est nous qui, aujourd’hui, cherchons systématiquement des solutions pour tous les producteurs de lait victimes de faillite d’entreprise, qui donnons aux éleveurs de l’analyse économique fiable pour se défendre durablement face aux laiteries, qui dernièrement avons encore déclenché une action en grande distribution visant à faire remonter le prix du lait. Et si les négociations interprofessionnelles permettent une augmentation des prix en ce début d’année 2007, c’est bien grâce à toutes ces actions, grâce à notre engagement de tous les jours dans les négociations. Et ce n’est grâce à rien d’autre, et à personne d’autre. Ainsi, la FNPL, appuyée par la FNSEA et les JA, dans toutes les circonstances, a su prendre ses responsabilités en regardant avec lucidité le contexte économique et n’a jamais oublié que la première vertu du syndicalisme était la solidarité entre éleveurs. A côté de cela, qu’ont proposé nos critiques habituels à part leurs moqueries acides ? Rien, bien évidemment rien. Nous serions, ensuite, les soi-disant fossoyeurs de la politique de maîtrise laitière. Là aussi, que l’on nous permette de rétablir quelques vérités : - Qui aujourd’hui se bat à Bruxelles, au sein des instances européennes de producteurs, pour défendre les quotas laitiers ? - Qui va organiser au mois de février une vaste consultation des parlementaires français pour sauvegarder le modèle laitier européen ? - Qui a préconisé la modération des allocations provisoires ? C’est bien évidemment la FNPL, pour qui la maîtrise est le pilier fondamental de l’économie laitière. Mais allons plus loin. Les éleveurs sont des chefs d’entreprises et ont besoin de perspectives de développement. C’est pourquoi, tout en veillant au cadre de maîtrise globale qui a évité l’effondrement des prix, la FNPL a travaillé pour la mise en œuvre des sociétés civiles laitières, pour l’expérimentation des ACAL professionnelles. Là encore, responsabilité et solidarité sont les piliers de notre action. Nous serions, enfin, déconnectés et inactifs sur tous les autres sujets de politique agricole qui intéressent les éleveurs. Le plan bâtiment, la défense de la politique de montagne, l’amélioration de la mise en œuvre des DPU, l’avancée des paiements, la politique de la viande …Qui a permis que les producteurs touchent intégralement les 860 millions d’euros d’aide directe laitière ? Qui peut croire raisonnablement que tous ces sujets auraient avancé sans notre détermination et sans les milliers d’heures d’actions et de combats que nous menons en nous appuyant sur nos structures locales, nationales et communautaires, partout en France et en Europe ? A l’heure d’un choix crucial pour la force de notre profession, nous pensons qu’il était important de rappeler ces quelques vérités et les forces qui conduisent notre action dans un contexte difficile. Soyez assuré(e), Cher(e) Collègue, de notre mobilisation et de notre détermination. Henri BRICHART (Président de la FNPL) Jean-Michel LEMETAYER (Président de la FNSEA ) Philippe MEURS (Président des JA)
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