Une première française avec les chasseurs de la Manche : le gibier se met à table
Dans le cadre des Journées de la biodiversité et de la ruralité organisées par la Fédération de la chasse de la Manche, la marque label " Gibier de France " a été lancée le 27 juin à Saint-Romphaire, aux portes de Saint-Lô. Une première normande et française.
âLa 6e édition des Journées de la biodiversité et de la ruralité, qui a accueilli 15 000 personnes, les 27 et 28 juin à Saint-Romphaire, a été placée sous le signe de la gastronomie et la valorisation de la viande de gibier avec le lancement du label " Gibier de France ". Une première en France et en Normandie saluée par la présence de Hervé Morin, président de Région.
Un million et demi de gibiers prélevés
Si la Fédération nationale des chasseurs a lancé l'idée de pousser davantage de viande de gibier sr la table des Français, la fédération manchoise a saisi l'opportunité " parce qu'il est nécessaire de construire cette filière viande ", assure Gérard Bamas. Dans la Manche, la prolifération des sangliers est réelle. Les chiffres ne cessent de grimper, comme dans tous les départements, engendrant par la même occasion des dégâts dans les cultures voire les jardins des particuliers. C'est le cas également pour les chevreuils. En France, " on prélève un million et demi d'animaux ", argumente Olivier Touchard, responsable venaison à la FNC (fédération nationale des chasseurs). " Moins de 4 % entrent dans les circuits officiels de viande de gibier, 33 % en autoconsommation et 55 % dans des circuits illégaux ", relève-t-il.
Teba dans la boucle
Des aménagements ont été réalisés sur le site de Saint-Romphaire, avec notamment une chambre froide, adossée à une salle de réunion. Hervé Morin, président de la région Normandie, s'est déplacé pour l'inauguration. " Nous avons pu aboutir grâce au travail conduit avec les cinq fédérations normandes ", assure Hervé Morin, qui a déboursé 250 000 € pour les cinq structures. Une aide bien vue par les Manchois face à ce nouvel investissement. " Avec cet équipement, nous avons voulu mettre en place un outil qui assure une traçabilité, garantit la qualité et un débouché ", ajoute-t-il. Dans la construction de cette filière, l'abattoir Teba " va être un acteur majeur ", puisque des animaux passeront par ses structures.
400 trains endommagés
Si la Région est aussi réceptive à l'idée de ce circuit court, c'est pour inciter les chasseurs à amener leur gibier à ce point d'approvisionnement. Et soutenir le prélèvement de sanglier. " Prélevez-en ! Il y en a trop !" dit Hervé Morin. " S'il y a des dégâts dans les cultures, il y en a aussi sur les voies ferrées. Chaque année, 400 trains sont endommagés. Nous avons d'ailleurs construit un atelier à Sotteville pour pouvoir réparer les rames en une journée et demie ".
Chasseur de petit gibier, Hervé Morin se dit " amoureux de la nature. La chasse est un signe ". " Parler de venaison, c'est un moyen de parler aux non-chasseurs, de leur expliquer ce qui est fait et de leur faire comprendre nos actions ", avance Olivier Touchard, et " défendre les valeurs de la ruralité ", conclut Gérard Bamas.