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Une rotation diversifiée, alternant labour et non labour, pour un système robuste et très économe en phyto

Céréalier en Haute-Normandie, Cyrille Savalle a déspécialiser l’usage de ses parcelles il y a quelques années afin d’avoir un système de culture plus robuste face aux bioagresseurs grâce à la diversité de ses pratiques. Et ainsi pouvoir dans la durée éviter le recours à de nombreux traitements phytosanitaires. Pour quelle raisons et comment conduit-il cette robustesse dans la durée et pour quels résultats ?

Peu révolutionnaire ! Mais consommant 60 % de moins de phytos et qui maintient en même temps ses marges (Source CER). 
Le système conduit depuis 5 ansLe système d’exploitation est depuis très longtemps construit sur les productions végétales exclusivement et mené par une personne seule. Le travail en partenariat étroit est un fait ancien qui a pris des modalités différentes au cours du temps. Le maïs grain est une spécificité locale  historique lié au sol les meilleurs du secteur et une pluviométrie plus fortes qu’ailleurs dans le département. Cyrille Savalle en a fais un pivot pour diversifier la rotation sans spécialiser les parcelles, pour diminuer en particulier la pression adventice et le recours aux herbicides.

Objectifs et motivations des évolutions

Conduire son système de culture (et ici d’exploitation) de façon plus autonome, plus sobre en ressources, et pour moins d’impact sur les enjeux eaux, air, et santé en particulier. Une dose pleine d’herbicide soit IFT Herbicide de 1 ou proche de 1 par ha et par an reste un repère pour Cyrille Savalle.(IFT : cumul de dose homologuées par ha et par an).La contrainte “travail” liée aux traitements phytos ainsi que son pendant  qui est l’exposition de sa santé sont devenu des critères importants de sa façon d’être satisfait de son système, de même que l’impact potentiel de ses choix sur les compartiments de l’environnement.

Les grands traits du système de culture

Sucession : maïs - blé - colza - blé - protéagineux ou orge printemps - blé pour 1/3.Soit 2/3 hiver et 1/3 printemps et 4 périodes de semis dans l’année.Labour des CIPAN avant maïs et protéagineux (ou orge printemps).Conduite “type Itinéraires intégré” sur blé (avec 1/2 fongicide et 0 regulateur), sur colza semis précoce et impasse insecticides automne.

Le regard de l’ingénieur réseau DEPHY - Bertrand Omon

Au sein d’un groupe de ferme très hétérogène de par leurs systèmes de culture mais proche de par leurs objectifs et motivations, ce couple (système de culture-agriculteur) représente un type robuste dans le temps, qui a trouvé a peu près son point d’équilibre robustesse-besoin de protection phyto dans la durée, avec donc un usage faible à très faible des phytos dans la durée.Le mot d’ordre de ce type de SC : le recours au maximum de diversité de pratiques, sans exclusion a priori pour déspécialiser les bioagresseurs.Avec cette façon de conduire ses cultures, Cyrille a atteint et maintenu ses objectifs initiaux  dans la durée : performance économique (marge brute et EBE) et également sociale : avec une contrainte traitement phyto très allégé au printemps notamment, et une exposition a la santé fortement réduite.De même les impacts eau, air, énergie et GES sont fortement réduits.Ce type de SC peut se conduire dans une gamme de territoire assez diversifiée avec des ajustements sur les pratiques annuelles.

Témoignage de Cyrille Savalle

- Pourquoi avoir modifié vos pratiques ? Trois objectifs. On s’aperçoit que l’on peut faire aussi bien économiquement avec moins de phytos. De ce fait une exposition moindre a la santé. Pour enfin du temps dégagé.Le tout pour une certaine sérénité  vis-à-vis de mon métier d’agriculteur en 2015.Sérénité qui serait plus complète si elle trouvait une adhésion plus forte des agriculteurs autour de nous .
- Quelles sont les conséquences sur votre travail ? Ce qui n’était pas un objectif initial apparaît assez vite comme un résultat important. Lors des moments de doute : je peux me dire : au moins j’ai gagné cela. Comme je n’habite pas sur place, cette considération est importante pour moi.
- Si c’était à refaire ? Je le referai avec peut être une réactivité plus rapide pour opérer mes ajustements.Le coté le moins agréable mais que j’accepte maintenant : la “complexité”, c’est-à-dire accepter  que ce qui arrive aux cultures n’est  pas juste une réponse à des pratiques simples. J’accepte maintenant que les résultats agronomiques ne soient pas toujours simples à expliquer, qu’ils ne sont pas “automatique” ni dans un sens ni dans l’autre.

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