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Une SOMECA TA 150 en guest star* à Chaulieu

Elle a quarante ans mais compte bien encore avaler goulument ses deux rangs de maïs. Une SOMECA TA 150 sera la grande attraction de la fête de l’ensilage à l’ancienne, version 2014, qui se tiendra le 14 septembre prochain à Chaulieu (50), aux confins de la Manche, de l’Orne et du Calvados.

Les commentaires sur internet ne sont pas tendres avec cette dame des années 1970. “Particularité, le poste de conduite était très loin du bec : aucune visibilité. Elle n'avait pas d'inverseur de coupe. L'autre inconvénient venait de la transmission avec variateur alors que la demande était l’hydrostatique. La reprise de HESSTON par FIAT a eu raison du produit qui n'a pas laissé un bon souvenir dans le réseau. Les ventes furent ridicules par rapport aux leaders de l'époque (...)”.

Mal-aimeé puis bichonnee
Mal-aimée à l’époque mais bichonnée 1/2 siècle plus tard. Cette rareté, c’est peut-être ce qui a séduit Loïc, copropriétaire de cette ensileuse automotrice qu’il est allé chercher à des centaines de kilomètres de Chaulieu. Le président du comité des fêtes local et initiateur de la fête de l’ensilage l’avait mise en exposition lors de l’édition 2012. Moteur mort, bec HS, tôles rouillées, courroies pourries...
C’était sans compter sur l’acharnement quasi thérapeutique de Stéphane et Alban. Ils n’appartiennent pas à la même génération mais partagent la même passion : redonner la vie aux causes perdues. Stéphane, c’est le chirurgien en chef. Il a fourbi ses armes dans la mécanique générale. Il fabrique des moules pour les voitures et n’y connaissait rien en ensileuse. Alban, c’est son apprenti. Il est en école de mécanique à St-Hilaire-du-Harcouët (50). Les deux ont fait la paire souvent aidés, il faut savoir l’avouer, par des tiers bénévoles. Des tiers parfois sceptiques à la vue d’un tel état de désossement. Car il a fallu tout démonter, redresser, nettoyer, astiquer... Mais elle va finir par zouker leur TA 150. 

500 heures ? 1 000 heures ?
Et n’allez par leur demander combien d’heures ils y ont passées. C’est bien connu : quand on aime, on ne compte pas. “500 heures à 3 ou 4 ? 1 000 heures sur 2 ans”, tente Stéphane. Qu’importe au fond. L’important est que cette aventure ait fédéré bien des énergies. Même les jeunes du Lycée Agricole du Robillard (14), côté moteur, ont mis les mains dans le cambouis. Le moteur a ronronné pour la première fois au printemps. Il devrait rugir de plaisir le 14 septembre prochain. La TA 150 n’entame certes pas une seconde vie mais ce n’est pas à Chaulieu qu’elle expirera son dernier souffle. Elle sera là pour séduire. Une des retapées de l’édition 2012, la Mengele, a d’ailleurs suite à sa prestation trouvé un acquéreur. Pas certains pour autant que Loïc and co aient envie de se séparer de la mal-aimée.Rare et remastérisée, elle constituerait presque une pièce de musée. Mais dans un musée, on prend la poussière et c’est de grand air qu’elle se nourrit quitte à s’enrhumer du bec.  Même pas grave, Stéphane et Alban ont de quoi la soigner. 
* : invité vedette.

Où manger ?
Repas sur réservation au 02 33 79

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