Aller au contenu principal

DRDAF
Un(e) Srise sur le gâteau de la statistique agricole

Que serions-nous sans les statistiques ? Le domaine agricole n’échappe pas au diktat des chiffres épluchés sous tous les angles. Voyage au cœur du SRISE (Service Régional de l’Information Statistique et Economique) de la DRDAF de Basse-Normandie.

Autour de François Quesnel (chef du service), François Boutin (chef de pôle-adjoint réseau RICA) et Fabrice Hillaireau (chef de pôle-rédacteur en chef des publications), l’équipe du SRISE presqu’au complet.
Autour de François Quesnel (chef du service), François Boutin (chef de pôle-adjoint réseau RICA) et Fabrice Hillaireau (chef de pôle-rédacteur en chef des publications), l’équipe du SRISE presqu’au complet.
© TG

Apartir d’octobre prochain, si  vous faites partie des 10 % de l’échantillon représentatif de la Ferme Régionale, vous recevrez la visite d’un enquêteur mandaté par le SRISE (Service Régional de l’Information Statistique et Economique) de la DRDAF de Basse-Normandie.

Entre deux RGA
Pas d’inquiétude à sa venue et aucun risque de sanction à la sortie au terme d’un entretien convivial (obligatoire cependant) qui devrait durer une heure en moyenne. Il s’agit en fait d’une étape intermédiaire entre deux RGA (Recensement Général Agricole) qui permet, par sondage, de réactualiser les données. Le dernier RGA remonte à 2000. En Basse-Normandie, 35 000 agriculteurs avaient été questionnés. La prochaine édition, c’est pour 2010. 120 enquêteurs devraient rencontrer 25 à 27 000 exploitants. Entre les deux donc, 30 à 35 agents (pas secrets du tout) du SRISE sillonneront l’Orne, la Manche et le Calvados pour rendre visite à quelque 2 700 agriculteurs.
Tous les aspects seront abordés : outils de production, animaux, bâtiments, matériel, emplois familial et salarié... Les méthodes de production seront évoquées.  Alors bien sûr, on est en droit de s’interroger sur la nécessité d’entretiens individuels alors que toutes ces informations sont déjà stockées dans les tuyaux informatiques de l’administration agricole, de l’administration fiscale, de la MSA... “On essaye de réduire la charge de l’enquête en exploitant certaines sources administratives mais il est impossible de recouper toutes les informations”, plaident François Boutin et Fabrice Hillaireau (chefs de pôle). Et puis il y a la fameuse CNIL et sa loi “informatique et liberté” qui encadrent, et c’est tant mieux, l’exploitation des bases de données informatiques. Si l’on utilise donc par exemple la BDNI (Base de donnée Nationale de l'identification), les agents du SRISE ont besoin d’informations complémentaires.

Collecter, analyser, diffuser
Issu d’une réforme 2005 mise en place en 2006, le SRISE est placé sous l’autorité de la DRDAF (Direction Régionale et Départementale de l’Agriculture et de la Forêt). Il s’agit d’un service déconcentré du SCEES (Service Central des Enquêtes et Etudes Statistiques). “Notre priorité est d’exécuter des travaux statistiques de collectes et d’analyses demandés par Eurostat et le ministère de l’Agriculture”, précise son chef de service, François Quesnel. Ce travail permet notamment d’établir les comptes régionaux de l’agriculture.
Mais le SRISE n’est pas qu’agricolo-agricole. Il s’intéresse aussi à la forêt, à la salmoniculture, à la conchyliculture, aux industries alimentaires, à la population rurale, à la commercialisation et au prix des produits, aux territoires (...).
Savez-vous par exemple que la Basse-Normandie est maillée de 10 000 points de 3 mètres de diamètre qui, tous les ans en juin depuis 40 ans, sont observés in situ par un enquêteur. S’agit-il d’un point d’eau, d’une route, d’une haie, d’une forêt, d’une culture, d’un pâturage ? Ce travail de fourmis voyeuses, nom de code : TERUTI (TERitoire UTIlisation), permet de suivre l’évolution des territoires et des paysages. TERUTI constitue un outil précieux aux collectivités territoriales et également à l’échelon européen puisque l’ensemble du territoire de l’UE est passé au crible. Un outil d’aide à la décision dans la définition des politiques environnementales ou de structures.

Valoriser l’information
Autre mission du SRISE : diffuser et valoriser l’information économique. Il dispose pour cela de différents outils : courriers, messagerie, internet. Il publie également, à l’instar de son bulletin de conjoncture (4 pages chaque mois) ou de son mémento que tout agriculteur aguerri garde à portée de main. Il apporte également son concours aux collectivités territoriales, aux OPA (Organisation Professionnelle Agricole), aux Chambres d’Agriculture, pour mener à bien certaines études spécifiques et participe à de multiples travaux interministériels. Mais attention, “on fournit une information agrégée. Tous nos travaux sont couverts par le secret statistique”, insiste François Quesnel. Voilà donc pourquoi les agriculteurs ont parfois l’impression d’être interrogés à répétition sur un même sujet.
Mais la statistique agricole évolue et s’adapte. La régionalisation des services n’en constitue que la face immergée. Reste qu’elle pourra mouliner les chiffres autant qu’elle le veut, elle ne pourra jamais prévoir les rendements 2008 en blé. Par contre, c’est bien la statistique qui calcule les moyennes lissées, pondérées, corrigées, indispensable à la gestion à long terme des exploitations.
TH. Guillemot

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Une 1re rencontre de femmes agricultrices a eu lieu mardi 16 juin 2026 à Vire, dans le Calvados, à l'initiative de la FDSEA 14.
Être agricultrice en 2026, c'est être partout à la fois
La section des agricultrices du Calvados (FDSEA) a organisé son 1er événement "Viens me raconter ça au déjeuner", mardi 16 …
Dans cet épisode de canicule, les agriculteurs doivent "jouer la prudence sur tout le territoire normand, pour préserver les hommes, le matériel et éviter des départs de feu incontrôlables" lors des moissons, souligne Sylvain Delye, président de la FDSEA de l'Orne.
Canicule 2026 : les moissons entravées par des interdictions dans certains départements normands
Les premières interdictions de travaux dans les champs sont tombés en ce début de semaine à cause du risque d'incendie au cours…
La passion de l'élevage partagée en famille chez les Debons, notamment quand le prix de l'élevage récompense leur travail, ici à Vire le 13 juin 2026.
Blonde d'Aquitaine : Stéphane Debons se prépare au concours à Saint-Hilaire-du-Harcouët
Stéphane Debons, éleveur installé avec son frère David à Noron-l'Abbaye (région de Falaise), devrait emmener cinq ou six animaux…
Mardi 30 juin, près de sept hectares de parcelles agricoles ainsi qu'une moissonneuse-batteuse ont pris feu dans un champ de Val-au-Perche. Le préjudice sur les cultures est estimé à plusieurs milliers d'euros.
La moissonneuse prend feu et 7 ha partent en fumée : dans l'Orne, c'est l'heure de l'expertise
Mardi 30 juin 2026, près de sept hectares de parcelles agricoles ainsi qu'une moissonneuse-batteuse ont pris feu dans un…
Alban Gosselin, originaire de la Manche, finit premier sur le podium du concours de jeunes présentateurs, au côté des juges du jour.
Alban Gosselin, consacré meilleur jeune présentateur à Vire
Le concours jeunes présentateurs a consacré Alban Gosselin, jeune éleveur de 18 ans de la Manche, au festival de l'élevage de…
Les ventes PMS se déroulent en dehors du territoire normand.
Journées PMS 2026 : la relève normande donne rendez-vous à Frossay
Grand rendez-vous de la génétique normande, les Journées PMS se dérouleront les 1er et 2 juillet 2026 au GAEC des Sept-Lieux, à…
Publicité