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Une stabulation solaire pour compenser la perte de la PAC

Depuis deux mois, la stabulation solaire de Samuel Martin installée à La Ferrière-Hareng (14) est en fonction, avec 100 taurillons dessous, et 700 m2 de panneaux photovoltaïques au-dessus.

© SB

Voilà plus d’un an que Samuel Martin prévoyait agrandir son exploitation. Installé en 1998 en GAEC avec ses parents, il est désormais à la tête de l’EARL du Neufbourg, hameau de La Ferrière-Hareng depuis la fin de l’année dernière.
Spécialisé en taurillons, il en compte désormais 220 sur son exploitation, dont des races locales sous la partie ancienne du bâtiment et 100 nouvelles têtes sous l’extension. Une extension qui a pris en compte les bâtiments existants, et qui forme désormais tout un ensemble.

Compenser
La nouveauté sur cette construction se situe au niveau du toit. Plus de 700 m2 de panneaux photovoltaïques ont été posés. Une installation réalisée par l’entreprise SA2EI, basée dans la région nantaise. “Je pensais bien que j’allais perdre des aides avec la nouvelle PAC” indique l’éleveur. Pour lui, cet investissement permet de “compenser” cette perte. Une perte estimée à 10 000 €.

Un bâtiment clair
L’extension s’intègre dans les anciens bâtiments de l’exploitation. Plusieurs entreprises sont intervenues. Autre que la maçonnerie, la charpente a été réalisée par CPL Bois, basée à Fervaches. “C’est notre cœur de métier que de créer des bâtiments agricoles. Mais il fallait prendre en compte à la fois l’intégration dans un site existant et faire en sorte qu’il réponde aux besoins de l’exploitation. Ce qui a été fait” assure Pascal Desmarais, directeur du site Manche. Au-dessus de cette charpente, ont été posés les panneaux photovoltaïques. Sur une surface de 1 000 m2, il y a 700 m2 recouverts de 400 panneaux. Par travée de 6m, des bandes translucides ont été installées pour laisser entrer la lumière. Une première pour la société SA2EI. “L’éleveur voulait un bâtiment clair. Comme on avait suffisamment de surface, cela a été possible” explique Jean-François Chaillou, technico-commercial. De fait, “j’aime bien entrer dans mon bâtiment” avoue Samuel Martin. Et les animaux donnent l’impression de l’apprécier aussi. “Ils sont calmes”, ajoute-t-il.

Amortir le bâtiment
Au final, ce bâtiment coûte 240 000 €, dont 140 000 € de panneaux, auxquels il faut soustraire une aide de 19 000 €. “La toiture solaire va payer le bâtiment”, indique Jean-François Chaillou. “Il est prévu une production annuelle de 110 Mégawatt/h. Aujourd’hui, un contrat de revente avec ERDF nous lie pendant 20 ans, permettant d’assurer la revente de la production estimée à 15 000 € par an” explique le technicien. Dans un bâtiment annexe sont installés trois onduleurs triphasés garantis 10 ans. Bien entendu, la production varie selon la région, l’orientation et l’inclinaison de la toiture. Mais “l’ennemi du panneau photovoltaïque reste la chaleur. On serait à Marseille, ils ne produiraient pas plus. Au-delà de 25°C, il y a des pertes” explique Jean-François Chaillou. D’autres projets notamment dans la Manche (La Cloutière, la Colombe) devraient aboutir cette année, ainsi que des plus petits projets. Pour tirer les premières conclusions, il faudra attendre un an. Pour autant, Samuel Martin est confiant.

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