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Gaec Eudeline-Le Hutrel (14)
Une vingtaine de bœufs normands pour valoriser “La Montagne” bocagère

A Campeaux (14), ce sont les bœufs qui valorisent les parcelles non mécanisables du lieu dit “La Montagne”.

Cette histoire de bœufs à “La Montagne” date d’il y a une quinzaine d’années. Problématique pour Martine et Hervé Eudeline, producteurs de lait à Campeaux (14), comment faire face aux annuités liées à l’achat d’un tracteur et d’une benne ? Réponse : produire 7 bœufs par an. Quelques années plus tard en 1997 Samuel, leur fils, évoque son projet d’installation. Dans cette perspective, les Eudeline décident alors de garder tous les veaux mâles de leurs soixante laitières normandes. C’est un peu chargé au vu de la surface. Mais quand Samuel pose définitivement ses valises, en février 2001 avec ses 17 ha primables sans quota allaitant, le Gaec et sa structure sont déjà en vitesse de croisière. Avec ce choix et sans le savoir à l’époque, nos producteurs se sont aussi fabriqués des DPU (Droit à Paiement Unique). 15 ha impraticables Autre atout de ce bœuf montagnard : valoriser une quinzaine d’ha impraticables. Terrains en pente mais terrains portants qui permettent à l’animal d’y garder ses quartiers d’hiver. Des bœufs par ailleurs valorisés à travers une filière qualité “Terre et Saveur” (CORA). “Ils doivent être castrés vers 8/10 mois par un vétérinaire (par ablation des testicules sous anesthésie) et être nourris à base d’herbe, de foin ou d’enrubannage, précise Samuel Eudeline. Ils sont abattus vers 33 mois pour un poids de carcasse de 400 kg environ (2,83 e/kg)”. Les ventes s’étalent de juin à octobre et 28 bœufs paissent en pâturage libre sur quelques 25 ha tout au long de l’année. Emoussage en janvier/février Si la nature est favorable à la pousse de l’herbe en Normandie, Samuel lui donne aussi un bon coup de main. Il émousse systématiquement ses parcelles en janvier/février : “dès que les surfaces sont portantes et pour éliminer les taupinières, plus particulièrement dans les parcelles ensilées”. La première pâture est faite très ras “sinon les animaux font la fine bouche ensuite”, précise-t-il. La fertilisation azotée s’élève à 40-50 u d’azote sauf pour un îlot contractualisé dans le cadre d’un CTE (Contrat Territorial d’Exploitation). Les bonnes années, le Gaec Eudeline-Le Hutrel engrange jusqu’à 4 récoltes d’herbe sur une même parcelle. Ensilage, enrubannage pour le premier regain, pâturage pour le second regain et ensilage d’automne pour terminer. Dans ce système fourrager, le maïs (25 ha l’an dernier) est exclusivement réservé aux vaches laitières. L’hiver bien sûr mais aussi parfois l’été en cas de rupture de stock d’herbe. Le silo de maïs, c’est un peu une assurance fourragère mais l’herbe est plus qu’une complémentaire ! Th. GuillemotUn produit lait et viande bien valorisé “Un produit lait et viande bien valorisé grâce à un système fourrager et une race, la Normande, bien adaptés”. Telle est l’analyse de Françoise Legros (Chambre d’Agriculture du Calvados). Les chiffres 2005 le prouvent. Les 354 981 litres de lait (45 de TB et 37,8 de TP) ont été valorisés à hauteur de 0,361e/l. 19 vaches de réforme, dont 13 en FQRN (Filière Qualité Race Normande) ont été commercialisées à 972,04 e/tête (364 kg x 2,67 e) auxquelles il faut ajouter 3 génisses de viande (316 kg x 2,82 e = 891,4 e/tête), 5 génisses amouillantes (1 272 e/tête) et 17 bœufs de 30 mois dont 15 en Terre et Saveur (405,3 kg x 2,83 e = 1 147 e/tête). Le lait est commercialisé via la coopérative Elle&Vire et les veaux sont élevés au lait doux (40 000 litres en 2005, aliment floconné dès le départ puis mélange avec l’aliment démarrage. Foin de prairie à volonté). Les réformes vont à FQRN, les amouillantes à Normandie Génisses et les bœufs vers Terre et Saveur.
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