Aller au contenu principal

Utiliser la prairie comme ressource pour un moindre recours aux phytos

Agriculteur à Orvaux, Didier Duedal met en œuvre un système d’exploitation combinant une polyculture pour la vente et l’élevage viande. Situé en pleine zone de captage d’eau, il utilise les prairies comme un atout pour un faible recours aux produits phytosanitaires.

Venez échanger avec Didier Duedal le 22 juin sur la ferme du lycée agricole de Chambray.
Venez échanger avec Didier Duedal le 22 juin sur la ferme du lycée agricole de Chambray.
© Chambre régionale d’agriculture de Normandie

En plein cœur d’un plateau céréalier, Didier Duedal cultive environ 75 ha de SAU dont 25 ha de cultures de vente et 50 ha de prairies.

La prairie comme alliée
La rotation mise en place sur l’exploitation est composée de cultures peu consommatrices en produits phytosanitaires et principalement destinées à l’alimentation du troupeau.
A la tête d’un cheptel de 60 vaches allaitantes, Didier « utilise » bien-sûr la prairie pour nourrir son élevage, mais aussi comme un puissant allié pour la conduite de ses cultures.
Mise en place pendant 3 ans, la prairie présente plusieurs avantages forts pour l’agriculteur. Outre ses effets bénéfiques sur la structuration des sols, elle fournit également de l’azote et facilite la gestion des adventices pour les cultures suivantes.

Un système de culture très performant
En plus de la prairie, le système de cultures, à vocation fourragère, intègre également du maïs, du blé, de l’orge, ainsi que du colza depuis l’arrêt récent de la production laitière.
Pour améliorer la durabilité de son système de culture d’un point de vue environnemental, social et économique, Didier combine astucieusement des techniques de lutte des bio-agresseurs.
Sur blé, la faible utilisation des produits phytosanitaires a été rendu possible par la mise en place d’une conduite bas-intrants (type « blé rustique »), associant techniques agronomiques (retard de la date de semis, fertilisation azotée modérée, densité de semis réduite), contrôle génétique et le non recours aux insecticides.
Sur maïs, le maître-mot réside surtout en l’absence de traitement hors-herbicide.
Et sur prairie, aucun traitement n’est réalisé.
La gestion des adventices est essentiellement basée sur l’introduction de la prairie dans la rotation comme culture couvrante et pérenne, ainsi que l’utilisation du labour alterné, des semis décalés et associés à des faux-semis sur céréales, et de semis avancés sur colza. Autant de moyens de contrôle cultural mobilisés avant la mise en œuvre du désherbage mécanique combiné à une lutte chimique réduite.
Cette combinaison de moyens de gestion permet à Didier d’atteindre de bons rendements, qui avec une bonne maîtrise des charges opérationnelles permettent de dégager des marges satisfaisantes.

Didier Duedal, un parcours synonyme de changement
Après avoir été en bio, Didier choisit de revenir en agriculture conventionnelle dans les années 1990. Au début des années 2000, et ayant de fortes inquiétudes sur le prix du lait, il s’aperçoit que le système d’exploitation en place ne lui convient pas. Il contractualise alors un Contrat Territorial d’Exploitation (CTE).
Inquiet de l'effet des produits phytosanitaires sur la santé des riverains, notamment via l'eau qui traverse les sols de son exploitation et alimente la ville voisine, il opte pour une mesure agro-environnementale « Système Fourrager Econome en Intrants » (MAE SFEI). Par la suite, il est aidé par les échanges et les conseils du groupe « Agriculture Intégrée » de la Chambre d’agriculture de l’Eure dont il fait parti, et s’oriente vers un système très économe et autonome.
Aujourd’hui Didier est membre du groupe FERME DEPHY de l’Eure qui lui permet de poursuivre sa réflexion autour de la conduite de ses cultures et de la gestion des adventices.

Les méthodes et le parcours de Didier Duedal vous intéressent ?
Venez échanger avec lui le 22 juin sur la ferme du lycée agricole de Chambray
Rendez-vous à 13 h 30 à Gouville, lors de l’après-midi technique « Les agriculteurs avancent : comment traiter mieux ou moins ? ».

Au programme :
Atelier pratique autour d’un pulvérisateur, les bons conseils
de « M. Pulvé »
- Les problématiques fréquemment rencontrées lors du contrôle.
- Les réglages du pulvérisateur pour optimiser les traitements.

Et si on allait voir les parcelles : 3 types de conduite de cultures testés sur les parcelles du lycée agricole.

Témoignage de Didier Duedal, agriculteur à Orvaux (27)
Il a choisi de réduire ses phytos et s’y retrouve !

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

tuberculose bovine
Dans la Calvados, un 7e cas de tuberculose bovine confirmé
Le GDS et la DDPP confirment, mardi 13 avril2021, qu'un septième foyer de tuberculose bovine a été détecté dans le Bessin.
Christian et Catherine Duchemin vendent La Ferme du Val d’Odon à Alain Datin
Christian et Catherine Duchemin passent la main. Alain Datin, aussi directeur du négoce D2N, a pris la tête de La Ferme du Val d'…
SAMA THIBERVILLE 27
Un pôle fruits-légumes-arboriculture au départ de Thiberville (27)
Depuis le 1er mars, la Sama propose un pôle fruits-légumes-arboriculture au départ de Thiberville (27). Au commerce : Olivier…
TUBERCULOSE BOVINE, REUNION THURY HARCOURT
Tuberculose bovine : la profession réclame efficacité et rapidité
Jeudi 18 mars, à Thury-Harcourt, les éleveurs de Suisse normande étaient invités à une réunion sur la tuberculose bovine, à l’…
Le Haras national du Pin proposé à la cession pour un euro symbolique
La préfète de l’Orne propose de céder le Versailles du cheval pour 1 € symbolique. Françoise Tahéri a annoncé la nouvelle mardi…
Saint-Louis Sucre : « La fermeture de Cagny, c’est du foutage de gueule »
Loïc Touzé, salarié Saint-Louis Sucre et délégué syndical FO, s'insurge de la fermeture de la sucrerie, annoncée le 31 mars 2021…
Publicité